Publicité
La Lettre des Achats - Avril 2006 N°138
Avril 2006

Tableau de bord

Conjoncture

Une inflation sous surveillance

Par François Le Roux

Une inflation sous surveillance

Malgré les tensions sur le pétrole, l'inflation reste sous contrôle. La hausse des prix à la consommation est loin de déraper. De part et d'autre de l'Atlantique, la BCE et la Fed restent vigilantes. Et de nouvelles hausses des taux sont attendues dans les prochains mois. Au Japon, la Banque centrale a mis fin à sa politique très accommodante de ces cinq dernières années.

La croissance dans l’Union européenne à 25 devrait progresser de 2,2 % en 2006, selon la Commission européenne. L’activité bénéficierait de la reprise de l’investissement privé, encouragée par des anticipations optimistes du côté de la demande, par la bonne tenue des bénéfices des entreprises et des conditions de financement favorables. Dans la zone euro, la croissance s’établirait à seulement 1,9 %. Il est toutefois à noter que la Commission a relevé ses prévisions pour l’Allemagne de 1,2 % à 1,5 %. Elle parie sur une reprise de la demande intérieure, point faible traditionnel de l’économie outre-Rhin. Pour la France, la hausse du PIB atteindrait 1,9 %. Le gouvernement français a pour sa part adopté un budget avec une prévision de 2,25 %. Reste à savoir si ces prévisions seront réalistes compte tenu des sommets atteints par les prix des matières premières. Il convient également de s’interroger sur l’impact de la politique monétaire de la BCE. Son principal taux directeur a été relevé le 2 mars à 2,5 %. Ceci n’a pas empêché l’euro de se détendre face au dollar, ce qui est une bonne nouvelle pour les exportateurs de la zone euro. Mais il n’est pas acquis que cette baisse regonflera un excédent commercial bien déprimé. Il a quasiment été divisé par trois en 2005 à 23,4 milliards d’euros.

Coup de fatigue aux États-Unis

Si la croissance américaine pour le dernier trimestre 2005 a été révisée à la hausse début mars, affichant une hausse de 1,6 % en rythme annuel contre 1,1 % initialement annoncé, une série de statistiques indiquent pour ce début 2006 une activité moins soutenue. Les reventes de logements ont notamment baissé de 2,8 % en janvier par rapport à décembre. Il s’agit du plus fort recul depuis février 2004. En février, l’indice d’activité dans le secteur industriel de la région de Chicago a lui aussi reculé à 54,9 points contre 58,5 points le mois précédent – un indice au-dessous de 50 reflétant une baisse d’activité. La troisième baisse concerne la confiance des consommateurs. Les commandes de biens durables ont par ailleurs chuté en janvier de 10,2 % par rapport à décembre. Elle intervient après trois mois de hausses consécutives, dont une augmentation de 2,5 % en décembre. Mais la situation de l’économie est loin d’être inquiétante. Les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,9 % en janvier par rapport à décembre, tandis que les revenus augmentaient de 0,7 %. De plus, l’économie reste sur une dynamique porteuse. La croissance s’est établie à 3,5 % en 2005 après 4,2 % en 2004 et 2,7 % en 2003.

La Chine en quête d’une croissance vertueuse

Face à la montée des inégalités et des tensions sociales, la Chine a récemment affiché son intention d’opter pour une répartition plus juste des fruits de sa forte croissance. Avec une hausse moyenne du PIB de 9 % à 10 % par an, Pékin a engrangé une énorme cagnotte fiscale et dispose désormais des moyens de ses ambitions sociales mais aussi militaires. Les recettes fiscales ont dépassé la barre des 300 milliards de dollars, après une hausse de 20 % en 2005. L’optimisme est de rigueur, cette manne financière devant continuer à progresser à un rythme annuel de 15 % dans les prochaines années. L’Assemblée populaire nationale doit ainsi approuver sous peu les objectifs du XIe plan 2006-2010 avec une forte composante sociale. Les dépenses en faveur des paysans, premiers laissés-pour-compte de la croissance, devraient progresser de 14 % à 35 milliards de dollars. Parallèlement, le déficit public continuerait à baisser. Le budget pourrait être rapidement à l’équilibre après 25 ans de déficits chroniques. En 2005, le ratio déficit public sur produit intérieur brut a déjà été ramené à seulement 1,5 %.

L’Inde vote un budget pour une croissance juste

L’Inde pourrait atteindre un taux de croissance compris entre 8 % et 10 % l’an contre 7,5 % actuellement, selon le FMI. Mais pour cela, il est nécessaire d’engager d’importantes réformes, toujours d’après le FMI. New Delhi vise apparemment le haut de cette fourchette. Le gouvernement a en effet présenté un budget ambitieux pour l’année fiscale 2006-2007. Il prévoit d’augmenter ses dépenses budgétaires de 11 % à quelque 107 milliards d’euros sur cette période. Dans ce contexte, une croissance de plus de 10 % est anticipée, ce qui mettrait l’Inde sur un pied d’égalité avec son voisin chinois. New Delhi prévoit aussi de ramener le déficit budgétaire à 3,8 % du PIB sur l’exercice 2006-2007 contre 4,1 % pour la période 2005-2006. Point encourageant, l’estimation initiale pour l’année fiscale écoulée était un déficit de l’ordre de 4,3 %. Ce budget a aussi pour ambition de bâtir une croissance à même de réduire les inégalités dans un pays qui compte 300 millions de pauvres. Les dépenses d’éducation progresseront de 31,5 % et celles de santé de 22 %. Mais ces ambitions seront, comme pour toutes les économies du monde, soumises aux incertitudes liées à des prix élevés des matières premières.

 


Par François Le Roux

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°300 - Janvier 2021

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play