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Par la rédaction

E-commerce

Un livre blanc pour accélérer les échanges électroniques

La Fevad (Fédération de la vente à distance) a récemment présenté un livre blanc intitulé Le commerce électronique interentreprises : un enjeu majeur pour l’économie française. Cet ouvrage a non seulement pour but de réaliser un état des lieux mais aussi de proposer quelques pistes de travail pour accélérer le développement de ce mode d’échanges.

Dans leur étude, les auteurs soulignent le poids relatif du marché de l’e-commerce b to b, plus faible en France qu’au Royaume-Uni : entre 40 et 50 milliards d’euros dont 8 milliards pour les achats hors production de ce côté-ci de la Manche, contre près de 75 milliards d’euros de l’autre côté. Le retard hexagonal sur ses voisins européens serait manifeste, tout comme le retard européen sur les États-Unis. Outre-Atlantique, l’e-commerce b to b pèserait neuf fois plus que l’e-commerce b to c qui sert de référence. On estime ainsi que l’e-commerce b to b en Europe serait quatre fois supérieur à son équivalent b to c.
Aujourd’hui, il existerait plus de 10 000 sites marchands en France. Fin 2005, un internaute sur deux achèterait régulièrement sur internet et le marché b to c serait de 10 milliards d’euros, avec une croissance annuelle de plus de 50 %. Il s’agirait là d’un véritable phénomène de rattrapage. Les pays latins pourraient ainsi combler très rapidement leur retard sur leurs voisins du Nord de l’Europe. D’où aussi cette déduction : l’arbre des consommateurs dissimulerait la forêt des échanges interentreprises…

Le sourcing fournisseurs avant tout

Mais quel périmètre précis recouvre l’e-commerce b to b ? Dans le cadre de ce livre blanc, l’étude s’attache plus spécifiquement aux achats hors production, évalués entre 20 % et 60 % des achats selon les secteurs, et aux outils internet, sans exclure les achats de production qui bénéficient aussi des échanges en mode EDI. Sans surprise, l’étude montre qu’internet est devenu le canal privilégié de la recherche de fournisseurs. Ce constat a déjà été fait par d’autres. Mais si elle relève logiquement que le sourcing appartient au domaine réservé des entreprises pour mieux note l’échec des places de marché de première génération, elle ne dit rien des prestataires spécialisés qui ont émergé depuis dans le domaine des appels d’offres. Son champ d’investigation reste celui des commandes en ligne et de leur paiement. Le livre blanc signale que 51 % des entreprises au Royaume-Uni et en Allemagne achèteraient en ligne contre 28 % des entreprises françaises (source e-business W@tch Report, enquête menée en 2002 auprès de 3 500 entreprises européennes). Au total, 42 % des entreprises européennes achèteraient en ligne contre 56 % de leurs homologues américaines.
L’étude témoigne également de l’avance de certains secteurs. Parmi les donneurs d’ordres, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, la chimie-pharmacie et les TIC (technologies de l’information et de la communication) font figure de leaders. Les grandes entreprises affirment leur volonté de rationaliser les dépenses avec comme corollaire l’implantation d’outils d’e-procurement. Là encore, la tendance a été largement observée par d’autres enquêtes. Les auteurs remarquent ainsi la poussée de la fonction achats, désormais vue comme une fonction stratégique au périmètre étendu et qui refond drastiquement ses processus.
Pour les fournisseurs, trois secteurs émergent : de façon très logique, les équipements informatiques parce qu’ils sont aux premières loges, les équipements de bureau parce qu’ils sont présents de longue date dans la VAD (vente à distance) avec une logistique maîtrisée, et enfin les voyages, sous la poussée des déréglementations diverses – le changement du modèle économique (suppression des commissions, paiement du service), le souci de rationaliser les dépenses et un dernier phénomène, la dématérialisation des titres de transport. Autres secteurs prometteurs sur le sujet : les achats de communication (publicité et autres dépenses liées au marketing) et sans doute les achats de type prestations intellectuelles (licences, informations, etc.).

Le secteur public à la traîne

Le bémol vient du secteur public très en retard (équipements, pratiques) et du manque de chiffres précis pour évaluer l’e-commerce b to b. Ce livre blanc produit cinq recommandations : disposer d’indicateurs sur les enjeux de productivité du commerce b to b, favoriser la dématérialisation des procédures de commande et de paiement, accélérer la modernisation des achats du secteur public, favoriser les investissements technologiques pour améliorer les sites d’e-commerce, s’appuyer sur la confiance des consommateurs autour de l’e-commerce grand public (voir ci-contre).
Au final, cette étude sur le commerce électronique, certes menée par un groupement professionnel mais largement promue par les pouvoirs publics (présentation officielle dans les salons de Bercy), apparaît comme une ultime tentative de l’État de dénoncer le retard des entreprises en matière technologique alors que c’est le sien qui reste pourtant le plus flagrant.
Comme toujours, il y aura des promesses de mieux faire, des espoirs attisés, l’accent sera mis sur les outils au risque toujours d’oublier les véritables enjeux à la fois des entreprises (améliorer leur compétitivité, développer de nouveaux marchés, de nouveaux canaux de vente, etc.) et des collectivités publiques (accroître le niveau de service, optimiser les process, réduire les dépenses, etc.). Encore une fois, l’outil ne saurait masquer l’importance qu’il y a à définir des stratégies audacieuses et volontaires. Cela, heureusement, les entreprises savent faire. Puisse ce nouveau rapport continuer de les inspirer.

 

Cinq recommandations
1. Disposer d’indicateurs à la hauteur des enjeux de productivité de l’e-commerce b to b
- Mettre en place des indicateurs sur l’e-commerce
- Mieux exprimer les avantages de l’e-commerce
- Développer un argumentaire économique
2. Favoriser la dématérialisation des procédures de commande et de paiement
- Accélérer l’investissement dans l’e-procurement
- Généraliser la carte d’achat et la carte bancaire
3. Accélérer la modernisation des achats du secteur public
- Clarifier l’e-achat dans la sphère publique
- Faire preuve d’exemplarité
4. Favoriser les investissements technologiques d’amélioration des sites d’e-commerce
- Améliorer la gestion des catalogues
- Développer les fonctions à valeur ajoutée
- Développer un merchandising segmenté
- Faire évoluer les systèmes d’information
5. S’appuyer sur la confiance des consommateurs pour l’e-commerce grand public
          
Méthodologie
L’étude de la Fevad s’est appuyée d’une part sur les données d’enquêtes diverses et d’autre part sur une soixantaine d’entretiens auprès de professionnels de l’internet : directeurs e-commerce, directeurs marketing, directeurs des achats, DAF, directeurs de l’organisation et des NTIC. Le panel comprend des entreprises de toutes les tailles ainsi que des organisations du secteur public.



 

 

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