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La Lettre des Achats - Mars 2014 N°225
Mars 2014

Éditorial

Tout des grandes !

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Tout des grandes !

Ce mois-ci, nous mettons à l’honneur les PME. Cette appellation générique cache des profils bien différents. Cela fait quelques temps déjà que les experts en segmentation distinguent les ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire, moins d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires) des PME (moins de 250 personnes, chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros et pas plus de 25 % du capital détenu par un groupe).

Ces petites et moyennes entreprises se doivent d’être indépendantes et leurs résultats non consolidés à un niveau supérieur. Elles sont souvent les fournisseurs de bien plus gros qu’elles. Quand leurs fournisseurs ne sont pas eux-mêmes plus importants. Leurs charges, en revanche, sont identiques : le coût du travail les affectent de la même manière tandis qu’à l’inverse leurs possibilités d’optimisation fiscale restent plus limitées que celles des entreprises mondialisées. Et pourtant, elles tournent !
Tandis que nos dirigeants courent derrière les investisseurs étrangers à coup de mesures censées rendre attractif le territoire (simplifications administratives pour les étudiants et chercheurs étrangers, visas de quatre ans pour les dirigeants, etc.), beaucoup de ces PME aimeraient aussi bénéficier d’un Conseil stratégique de l’attractivité… Ce sera pour plus tard, quand se décideront les fameuses contreparties aux promesses d’embauches arrachées à des chefs d’entreprise perplexes : comment recruter avant même d’avoir constaté les effets de baisse des charges sur la compétitivité ?
Mais nous nous éloignons de notre sujet : les achats ! Pourquoi nos PME seraient elles réputées faire moins bien quand il s’agit de maîtriser ses coûts, tenir ses marges, mieux sourcer que ses concurrents, continuer d’innover, avec ses partenaires et/ou ses fournisseurs, répondre à la pression des donneurs d’ordres ? Tous les responsables achats que nous avons interrogés dans notre dossier (« PME : Elles achètent comme les grandes », voir de la page 20 à la page 34) n’ignorent rien des fondamentaux de la fonction. Ils viennent souvent des mêmes formations que leurs homologues des grands groupes, quand ils n’ont pas eu un parcours similaire avant de bifurquer vers des structures plus petites. Leurs missions – et celle de leurs équipes – apparaissent très opérationnelles. Si cela veut dire que la question des approvisionnements (ou de la supply chain, pour faire plus savant) reste placée sous leur responsabilité directe, c’est vrai, mais cela ne signe en rien leur retrait des choix stratégiques. Encore une fois, comme leurs collègues, qu’ils soient en poste dans l’industrie ou les services, en charge notamment de portefeuilles industriels, il savent se rapprocher des dirigeants, travailler en mode projet, détecter l’innovation et convaincre les fournisseurs.
A l’heure des grandes coopérations, il n’y a pas de fatalité pour les entreprises à se doter des meilleures organisations. Qui mieux qu’un professionnel des achats pour ouvrir la réflexion très en amont des besoins, conduire des discussions où seront en jeu des contreparties (ici aussi), où il sera question d’agilité, de conviction, de développements communs ? Puisque les starts up californiennes exercent un si grand pouvoir d’attraction sur nos dirigeants, faisons en sorte que toutes ces petites entreprises de ce côté-ci de l’Atlantique démontrent à leur tour leur capacité d’adaptation. Pour ne pas subir l’impact achats des plus grands, il faut plus que jamais adopter leur organisation et briser le fameux plafond de verre !

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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