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La Lettre des Achats - Novembre 2019 N°287
Novembre 2019

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Amazon Business Exchange
Simplicité et concurrence accrue : les clefs du succès

Forum SAP Ariba et SAP Fieldglass
De l’achat guidé à l’achat automatisé

Par Guillaume Trécan

Amazon Business Exchange

Simplicité et concurrence accrue : les clefs du succès

Test de popularité réussi pour Amazon Business, dont les équipes Europe ont réuni près de 500 personnes à Londres début octobre autour d’ateliers de travail et de témoignages clients. Trois exemples avec Siemens, Bouygues Construction et TUI Group.

Cet événement est une première mondiale pour la marketplace qui, rien qu’en France assure déjà avoir des pilotes en cours dans 50 % des entreprises du CAC40. « Amazon Business touche tout type d’entreprises, des startups aux TPE et grands groupes, revendique la directrice d’Amazon Business France, Amélie Véron. Nous avons construit l’outil de sorte que les entreprises puissent l’utiliser en self-service. TPE-PME iront directement sur le site mettre en place un process de validation de façon simple, personnaliseront le catalogue toutes seules, tandis qu’un grand groupe pourra s’appuyer sur nous pour que nous l’accompagnions en fonction de la complexité de sa demande. » Cette notion de self-service est justement l’un des trois axes clefs rappelés par Todd Heimes, le directeur Europe d’Amazon Business, en introduisant cet événement, avec deux autres ambitions : automatiser des activités achats répétables à non-valeur ajoutée et fournir de nouvelles données saines.
Fort de ses 250 millions de produits en catalogue et de ce principe de simplicité maximum, la firme de Seattle a tout de même concédé quelques adaptations au marché BtoB. La première, le « guided buyings », consistant à permettre aux entreprises de faire leur propre sélection de produits et de catégories ouverts à la commande par leurs collaborateurs. Amazon pousse également au rapprochement de ses références produits avec la norme UNSPSC pour faciliter leur classification. Les clients peuvent faire varier leurs process de validation en fonction des niveaux de prix ou des types de produits. Des informations supplémentaires sont susceptibles d’être ajoutées sur la facture et le colis pour pouvoir tracer plus facilement les achats. Enfin, un système permet de se logger directement sur Amazon, à partir du loggin de son compte de messagerie ou de son ordinateur, sans avoir besoin de créer un compte avec mot de passe pour chaque utilisateur.

Siemens : huit euros économisés par commande

Cette facilité d’utilisation est clef pour Dietmar Hartveld, directeur du supply chain management, EMEA de Siemens qui s’apprête à implémenter Amazon en Grande-Bretagne, après un test réussi en Allemagne. « La satisfaction des utilisateurs est notre indice de réussite le plus important. Nous passons beaucoup de temps à prendre leur feed-back sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce dont ils ont besoin, par exemple en termes de niveau d’approbation », confie-t-il en marge de son témoignage sur la scène de l’Amazon Business Exchange.
Pour Siemens, dont la décision de travailler avec Amazon remonte à 20 mois mais dont le go live a été donné en juin 2018, le gain en termes d’efficacité apporté par Amazon Business se chiffre également en euros. « Dans la première année, nous avons plus que doublé le nombre de commandes passées par Amazon. Tout ordre passé par Amazon est la conversion d’une commande en texte libre et nous coûte au moins un cinquième de ce qu’elle nous coûtait avant. De 10 euros avant à 2 euros maintenant », affirme Dietmar Hartveld.
Autre motif de satisfaction, le regain de concurrence apporté par Amazon Business : « Nous avons commencé par l’utiliser pour compléter nos catalogues. Mais nous avons constaté que le catalogue Amazon a challengé nos catalogues existants. », signale le directeur du supply chain management, qui se montre très attaché à maintenir cette concurrence : « Nous espérons avoir de multiples marketplaces disponibles pour nos utilisateurs ».

Bouygues Construction : un outil « user friendly »

Il y a dix-huit mois quand Amazon Business s’est lancé en France, la direction des achats de Bouygues Construction (8,4 milliards d’euros d’achats dont 20 % de hors production) s’est tout de suite montrée intéressée. « Notre industrie est l’une des moins digitalisées », confesse le directeur des achats groupe, Éric Bouret qui ne peut compter que sur un outil d’e-procurement (Oxalys), certes utilisé par plus de 10 000 personnes dans le monde mais – de son propre aveu – pas très « users friendly ».
Un test a très vite été lancé, d’une part sur deux sites dans le Nord de la France sur l’activité Bâtiment et d’autre part pour les besoins du service achats (fournitures de bureaux et consommables informatiques). Il a ensuite été élargi à toute la région Hauts de France et à l’activité travaux publics. La Suisse et l’Allemagne doivent suivre. « L’idée était d’avoir un complément de gamme par rapport à ce qui était déjà proposé dans notre outil d’e-procurement », explique le directeur des achats. Les bénéfices sont aussi attendus du côté d’une baisse du nombre de nouveaux tiers fournisseurs créés dans l’outil. Eric Bouret est d’ailleurs tellement convaincu que le recours aux marketplaces est indispensable pour éviter la création incontrôlée de comptes fournisseurs qu’il réfléchit à l’opportunité de travailler avec d’autres acteurs comme la place de marché BtoB Mercateo ou encore le spécialiste des places de marchés en marque blanche, Mirakl.

Une profondeur de gamme à améliorer

« A l’heure actuelle, avec Amazon, nous sommes toujours en phase de test », insiste Eric Bouret, qui reste vigilant quant aux capacités logistiques d’Amazon à s’adapter à l’environnement des chantiers et au fonctionnement en mode projet propres à Bouygues Construction. La pertinence économique de son offre et de ses produits reste également à prouver sur les achats métiers. « La profondeur de gamme n’est pas encore assez aboutie », regrette Eric Bouret qui rappelle que 250 000 articles sont référencés sur les catalogues hébergés sur l’e-procurement du groupe ou disponibles en punch out.
Eric Bouret voit lui aussi dans Amazon Business un moyen d’instiller « une concurrence saine » sur certains produits et de donner plus de choix aux chantiers. « C’est un complément par rapport à notre base de fournisseurs et donc une opportunité supplémentaire pour nos sites de trouver les produits dont ils ont besoin », explique le directeur achats du constructeur.
En plus de la question de la profondeur de gamme d’Amazon Business dans ses achats de production, le groupe Bouygues Construction attend des progrès dans deux domaines en particulier : d’une part la logistique avec une réduction des déchets liés à la surabondance d’emballages et une rationalisation des livraisons et d’autre part l’interfaçage avec l’ERP du groupe, Amazon fonctionnant pour l’instant en « stand alone ».

TUI Group : 20 minutes économisées par commande

Paul Harlington, le directeur des achats du spécialiste de l’hôtellerie TUI Group (65 acheteurs indirects 1,5 milliard d’euros d’achats par an) de son côté a connecté Amazon Business à SAP pour que le process d’approbation courant soit respecté mais comme beaucoup de clients BtoB (Siemens par exemple), il lui manque une interface électronique pour le rapprochement de ses factures.
L’essentiel pour lui n’est pas là et comme son confrère de Siemens, il n’a aucun doute sur le ROI de sa démarche. « Pour mesurer la réussite de ce projet, nous monitorons le montant des commandes et leur valeur, par pays et par BU. Mais le plus important est le volume de commandes. À partir du moment où j’estime que mes acheteurs passent 20 minutes par demande d’achats de faible valeur, Amazon Business me fait économiser 20 minutes à chaque commande. C’est le critère clef. Quand vous traitez 350 à 400 commandes par mois, c’est l’équivalent d’une personne à temps plein. Et vous pouvez utiliser cette personne pour des projets plus importants », résume-t-il.
Paul Harlington concentre l’usage d’Amazon Business sur ses « tale spends » : de l’IT, des téléphones, des imprimantes, mais aussi des objets présents dans ses hôtels aussi divers que des équipements de sécurité, des T-shirts, des frisbees... « Avec une équipe achats aussi restreinte, nous avons vraiment besoin d’utiliser des solutions efficientes comme Amazon Business pour pouvoir nous concentrer sur les deals à forte valeur ajoutée », déclare-t-il convaincu que cet outil est un jalon important pour lui permettre de faire décoller ses équipes des seules négociations pour aller s’impliquer dans la gestion des contrats.

Portrait

Todd Heimes,

Directeur Europe d’Amazon Business

Portrait

Paul Harlington
, Directeur des achats du TUI Group


Par Guillaume Trécan

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