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La Lettre des Achats - Décembre 2020 N°299
Décembre 2020

Éditorial

Robuste

Par François-Charles Rebeix

Robuste

La crise va se prolonger. C’est une certitude. Les dernières interventions de l’exécutif à la veille des Fêtes ont dû doucher sinon anéantir les derniers espoirs des amateurs de pistes de ski. Pas de glissades cette année, sauf celles des prévisions et autres statistiques, pas de réouvertures sauf de nouvelles lignes de crédit.

S’il y a quelques semaines, beaucoup misaient sur une reprise de l’activité de 7 % en 2021, finalement elle ne serait plus que de 5 voire de 4 %. Pas de panique, en 2022 cette fois, la reprise serait de 4,3 % contre 3,2 % estimés initialement. Nous n’inventons rien, nous reprenons ici des données avancées par les économistes de la BCE (Banque centrale européenne). La BCE tou¬jours qui le même jour que le Premier ministre, Jean Castex, prolongeait le confinement dans un couvre-feu spécial fin d’année, annonçait un programme supplémentaire (500 milliards d’euros) de rachat de dettes publiques. Une injection de liquidités qui pourrait se prolonger si nécessaire. Dans le même temps, elle reconduisait son mécanisme de soutien au crédit bancaire jusqu’en 2022, nouvel horizon sans cesse repoussé pour la sortie de crise. Les banques pourront continuer de prêter à des taux très bas aux entreprises comme aux ménages. Des taux d’intérêt d’autant plus bas qu’ils allègent aussi le poids du remboursement de sa dette par l’État. Une dette passée allégrement pendant la pandémie, en quelques mois, de 90 à 120 % du PIB. Tout va bien, c’est sous contrôle… Enfin, nous l’imaginons.
Pendant ce temps-là, l’industrie résiste, le commerce et les services souffrent et sans doute, des filières se lézardent… Qu’en pensent les Achats ? La fin de l’année reste l’ultime période pour pouvoir organiser des réunions, toutes virtuelles, confinement oblige. Nous avons été gâtés. Entre l’événement ISM (Institut for Supply Management) organisée le 23 novembre depuis Tokyo par l’ISM Japan (avec l’ISM US, l’ISM India et l’association Achats italienne, ADACI), les EIPM Awards-Peter Kraljic, le 10 décembre depuis Genève (Archamps) et entre-temps, les Universités des Achats du CNA depuis Paris, le 7 décembre, nous avons eu l’éventail le plus large possible de directions Achats, de patrons d’entreprises, de prestataires (conseils, éditeurs de SI Achats, organismes de formation) aussi parfois de politiques (en France). Qu’avons-nous retenu ? Déjà, que les Achats, de crises en crises, jurent que cette fois, enfin, leurs entreprises ont remarqué leur poids, leurs capacités, leurs diligences à dénouer toutes les difficultés aux carrefours des métiers et des ressources externes. Ensuite, quelques mots clés : la gestion des risques fournisseurs, la maîtrise de la supply chain, la qualité des informations, c’est eux. Encore eux, la capacité à anticiper ce que seront les grands défis de demain : les relocalisations, la transition énergétique et plus largement la RSE.
C’est comme ça : la responsabilité environnementale et sociétale s’impose comme le nouveau mantra des Achats. Comme s’ils voulaient éloigner le spectre d’une tutelle grandissante (et sans doute pesante dans son exigence de mesures formelles) des DAF, les responsables Achats font de l’éthique, de la transparence, de la qualité des échanges transversaux, de la collaboration avec les fournisseurs, de l’innovation, les indicateurs clés de leur engagement. Un tout nouveau qualificatif a fait aussi son apparition dans le champ lexical des Achats : robuste. Comprendre : rien ne sera possible sans des activités, des filières, des partenaires, des process, des profils, des outils… robustes. Si tout cela est aligné, les Achats seront bien armés pour la suite.

Par François-Charles Rebeix

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