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La Lettre des Achats - Juillet - Août 2019 N°284
Juillet - Août 2019

Tendances

Études

CPO Survey et Digital Procurement Survey
Regards croisés sur la digitalisation achats

Par Guillaume Trécan

CPO Survey et Digital Procurement Survey

Regards croisés sur la digitalisation achats

Deux sondages conduits entre fin 2018 et début 2019 ont été révélés en mai dernier par les cabinets de conseil Deloitte et PWC avec un focus sur la digitalisation des achats qui permet de faire le tri entre les projets qui ont le plus de chance d’aboutir et les autres.

À quelques semaines d’intervalles, les cabinets Deloitte et PWC ont publié chacun leur enquête sur les tendances achats, avec une forte orientation digitalisation des achats : CPO Survey pour le premier (200 entreprises interrogées dans 20 pays d’Europe) et Digital Procurement Survey pour le second (2 000 directeurs achats interrogés dont 58 en France). La comparaison entre les deux études n’est pas aisée dans la mesure où chacun applique un lexique différent pour désigner des réalités aux contours peut-être encore un peu flou. Néanmoins, en se prêtant au jeu des différences et des convergences, on obtient une vision un peu plus claire de ce qui attend les directions achats.

Ce qui est fait et ce qui reste à faire


Ainsi, lorsque l’étude de PWC relève que les processus transactionnels sont les plus concernés par les investissements des directions achats, celle de Deloitte, qui évalue le degré d’utilisation des nouvelles technologies par processus achats, permet de déterminer ce qui a le plus de chance de changer à court ou moyen terme. Quand PWC constate que 76 % des directions achats ont un projet de digitalisation du processus Source to pay en cours ou finalisé (finalisé pour 16 %), Deloitte estime en effet que 44 % des directions achats utilisent systématiquement les nouvelles technologies dans le cadre du processus demande d’achats à commande (+28 % souvent) et 40 % dans leurs démarches de paiement (+26 % souvent). Ce qui en fait d’ores et déjà les processus achats avec le plus fort taux d’utilisation des nouvelles technologies.
Pour ce qui est des processus de contractualisation et de gestion du risque fournisseurs, là où PWC avance que c’est en projet pour 71 % des directions achats (dont 8 % finalisé), Deloitte relève que le processus de contractualisation ne fait appel systématiquement aux nouvelles technologies que dans 18 % des cas (+30 % souvent) et encore moins pour ce qui est de la gestion des risques fournisseurs : 12 % (+28 % souvent).
Dans leur évaluation de la maturité des différentes technologies, chacun des deux cabinets de conseil présente également des approches complémentaires, en particulier lorsque l’on compare le degré d’adoption des technologies mesuré par la CPO Survey de Deloitte et les niveaux de maturité évalués par la Digital Procurement
Survey de PWC.
La première révélation concerne la blockchain qui cumule les mauvais scores dans les deux sondages. C’est à la fois la technologie la plus faiblement déployée, en pilote dans seul 4 % des directions achats (Cf. Deloitte) et la technologie la plus mal placée sur une matrice attentes des clients et délais de mise en œuvre. Il en est tout autrement des outils Source to Pay et des outils d’analyse des données dans les intentions d’investissement (Cf. PWC). Dans l’étude de Deloitte, où le panel n’est interrogé que sur l’item un peu plus ambigu d’« analytique prédictive », ce choix n’est toutefois cité que dans 4 % des cas comme « déployé à grande échelle » et 6 % comme « en pilote ».

La RPA mûre pour les directions achats


Pour ce qui est du fort engouement pour la robotisation et le RPA, les deux études sont en revanche au diapason pour en faire la technologie qui a le plus le vent en poupe. Tandis que l’étude PWC note qu’il s’agit d’une technologie située dans un bon équilibre entre-temps de maturation et attentes des utilisateurs, la CPO Survey de Deloitte la désigne comme la technologie qui est déjà la plus adoptée, déployée à grande échelle dans 8 % des directions achats interrogées et en pilote dans 24 %. Pour PWC, la robotisation est une technologie dans laquelle plus de la moitié des directions achats ont actuellement l’intention d’investir.
Deloitte de son côté propose une slide qui ne figure pas dans la Digital Procurement Survey de PWC et qui incite à relativiser les perspectives tracées par les différentes réponses émanant des directeurs achats interrogés. En effet, les obstacles à l’implémentation des nouvelles technologies dans les achats ne sont pas négligeables. Les deux premiers – le manque d’intégration des données (52 % des répondants) et la qualité des données (44 %) – remettent en question une grande partie de la dimension analyse prédictive, qui ne peut fonctionner sans données. Plus grave encore, 38 % des directeurs achats interrogés dénoncent « l’approbation et la priorisation limitées des sponsors ». Sachant qu’elles ne sont pas la seule fonction a s’intéresser à ces technologies, rien ne garantit qu’elles seront celles qui bénéficieront en priorité des budgets pour les déployer.


Par Guillaume Trécan

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