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Par Matthieu Maury

Ressources humaines

Portrait-robot de l’acheteur de demain

En 2014, l’acheteur type est un homme de 38 ans et demi, recruté en interne, basé sur un site de production en France. Au regard des tendances, l’acheteur de demain devrait être une femme d’environ 35 ans, embauchée en externe, localisée à l’étranger et munie de solides aptitudes au leadership et à la gestion de projet.

Encore plus que les budgets de fonctionnement, les effectifs des organisations achats sont frappés par la rigueur. Deux tiers des directions achats ont des équipes parfaitement stables par rapport à 2013. Seulement 19 % bénéficient de ressources humaines en augmentation, 14 % voient leur effectif diminuer. L’an dernier, les équipes achats en hausse étaient moins nombreuses que celles en baisse. Cette année, elles repassent devant, mais ne retrouvent pas pour autant la proportion qu’elles avaient il y a trois ans (33 %). Les ressources humaines achats de l’industrie sont un peu plus dynamiques que celles des services. Dans le secondaire, 21 % des organisations connaissent une augmentation, contre 16 % dans le tertiaire. L’aéronautique et l’automobile affichent 33 % d’entreprises en hausse. Les secteurs banque-assurances (86 %) et pharmacie (82 %) présentent les équipes achats les plus stables.

Recrutement interne et externe presque à égalité


Opérationnels à former à la démarche achats ou acheteurs professionnels en mobilité interne, le recrutement de candidats déjà salariés de l’entreprise reste majoritaire, mais d’une courte tête avec 51,5 %. L’embauche en externe poursuit son ascension : 41 %
il y a quatre ans, 47 % il y a deux ans, 48,5 % cette année. Dans l’industrie, elle est même passée devant, avec 50,1 %. Elle reste à 46 % dans les services. Avec 51,5 % dans les deux cas, le recrutement interne reste dominant dans l’aéronautique et les laboratoires pharmaceutiques, mais est largement devancé par l’externe dans l’automobile (60 %) et surtout le BTP (71,5 %).

Des équipes achats de plus en plus jeunes


Le rajeunissement des équipes achats se confirme. L’âge moyen des acheteurs atteint aujourd’hui 38 ans et demi – soit une dizaine d’années de moins que la moyenne d’âge des directeurs achats. Il était de 41 ans et demi en 2008 et de 39 ans et demi il y a trois ans. Si l’âge moyen est sensiblement le même dans les entreprises industrielles et celles du tertiaire, ce n’est pas le cas lorsque l’on examine secteur par secteur. L’aéronautique (40 ans), la banque-assurances (40 ans) et l’automobile (38 ans) disposent des équipes les plus expérimentées. Les entreprises, où la moyenne d’âge est la plus élevée (proche de 50 ans), sont plutôt des groupes publics ou privatisés. Les laboratoires pharmaceutiques et les firmes du BTP affichent l’âge moyen le plus bas : 36 ans. C’est dans ces deux domaines d’activités que l’on retrouve les directions achats aux effectifs les plus jeunes, avec des moyennes d’âge autour de 30 ans.

Des effectifs achats proches de la parité


Si le poste de directeur achats se féminise à un train de sénateur, les femmes se rapprochent de la parité au sein des équipes achats, représentant 46,5 % de la population des acheteurs. Elles sont même majoritaires dans les services (51,5 %), mais restent nettement minoritaires dans l’industrie (42 %). La pharmacie (59 %) et la banque-assurances (53 %) sont les secteurs les plus féminins. Les entreprises, où la proportion de femmes est la plus importante, affichent des taux de 80 % – c’est le cas de plusieurs sociétés de la branche médias-communication. L’aéronautique (69,5 %), le BTP (65 %) et l’automobile (58 %) sont les univers les plus masculins. Les organisations achats, où les hommes sont les plus majoritaires, atteignent aussi 80 %.

Une majorité d’acheteurs site


Du point de vue des profils de postes, les acheteurs site, pays ou région dominent très largement, puisqu’ils représentent 46 % des effectifs des organisations achats. Près d’un quart des acheteurs gèrent une catégorie de dépenses, 13 % sont acheteurs-projets, 17 % occupent d’autres types de postes (support, outils, performance, approvisionnement…). Les différences entre l’industrie et les services restent minimes, avec une proportion d’acheteurs site un peu plus importante dans le secondaire et une part d’acheteurs famille légèrement supérieure dans le tertiaire. Les acheteurs sites sont très majoritaires dans les secteurs transport-logistique et pharmacie (près de 70 %). L’aéronautique privilégie les acheteurs famille (53 %) et le BTP les acheteurs projet (41 %).

Trois quarts des acheteurs basés en France


Alors que les grands groupes français attribuent 60 % de leurs achats à des fournisseurs hexagonaux (voir page 26), 73 % de leurs acheteurs sont localisés à l’intérieur de nos frontières. Ils sont 18 % à être basés en Europe ou en Amérique du Nord et 9 % dans les pays émergents et à bas coûts. Plus internationalisés, les groupes industriels ont positionné 35 % de leurs effectifs achats à l’étranger, alors que 83 % des acheteurs du tertiaire travaillent dans l’Hexagone. L’automobile (32 %), la pharmacie (26 %) et l’aéronautique (25 %) disposent des équipes achats les plus internationales. La banque-assurances (92 %) et le BTP (81 %) présentent la part la plus importante d’acheteurs localisés en France.

Les outils et le contrôle de gestion avant tout


Outre les fonctions de terrain, bon nombre d’organisations achats ont également développé des fonctions support : les systèmes d’information et le contrôle de gestion sont les plus souvent cités. Près de 84 % des répondants disposent directement d’une ou plusieurs personnes chargées des outils informatiques, 82 % pour le contrôle de gestion. Suivent les ressources humaines (60 %), la RSE (57 %) et la communication (49 %). Seulement 29 % des directions achats disposent d’une personne dédiée à l’innovation.
Inédits dans notre enquête TOP 250, ces résultats montrent la prépondérance des gains financiers, les systèmes d’information et le contrôle de gestion constituant les meilleurs moyens pour mesurer et décrocher des réductions de coûts. A l’inverse, l’innovation fournisseurs apparaît comme réservée à une élite. Un constat confirmé par le fait que seules 41 % des organisations achats ont mis en place un indicateur sur cette thématique. Dans les directions achats de l’industrie, le contrôle de gestion (88 %) devance les outils (78 %) et les ressources humaines (65 %). Dans les services, ce sont les systèmes d’informations (91 %) qui distancent le contrôle de gestion (73 %) et la RSE (64 %).

Le leadership et la gestion de projet à développer


Via le recrutement ou par la formation, les directeurs achats estiment que le leadership (52 %) et la gestion de projet (47 %) sont les deux compétences les plus importantes à développer au sein de leurs équipes. Ces deux premières places illustrent la priorité donnée aux aptitudes généralistes, aux qualités relationnelles, aux fameux « savoir-être », qui ont pris le pas sur l’expertise achats. Cela correspond à la montée en puissance des dossiers achats complexes, des leviers d’économies sophistiqués (implication en amont, redéfinition des besoins, gestion de la demande…) et des relations coopératives avec les fournisseurs et les opérationnels. Un acheteur a moins besoin d’être spécialiste de la fonction que d’être vendeur de la démarche achats.
Compétences purement achats, le sourcing et la négociation arrivent ex-æquo en troisième position, avec 38 % chacun. Suivent la communication (35 %), le marketing amont (32 %) et les langues (27 %). Trois compétences métiers, à savoir les finances (26 %), le business development (25 %) et l’expertise technique (18 %), complètent le tableau. L’industrie et les services plébiscitent le même duo d’aptitudes, composé du leadership et de la gestion de projet. Le secondaire attribue tout de même plus d’importance à la négociation, au business development et à l’expertise technique.


Des bonus individuels dans trois quarts des directions achats
La distribution de bonus en fonction d’objectifs individuels est désormais pratiquée par 73 % des organisations achats. Plus d’un quart d’entreprises ne semblent pas encore convaincues par cet outil pour stimuler leurs acheteurs, attirer les candidats et retenir les talents. Avec 78 % des groupes concernés, la rémunération variable est plus répandue dans l’industrie que dans les services (68 %). La pharmacie (90 %) et l’automobile (83 %) sont les secteurs où les bonus individuels sont les plus fréquents. Le dispositif est moins courant dans le BTP (57 %) et la banque-assurances (53 %), deux domaines d’activités où la fonction achats reste moins mature.










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