Publicité
La Lettre des Achats - Janvier 2014 N°223
Janvier 2014

Tendances

Étude

Baromètre HEC des achats responsables
Place à la mesure des bénéfices

Par Matthieu Maury

Baromètre HEC des achats responsables

Place à la mesure des bénéfices

La sixième édition du baromètre HEC des achats responsables montre une progression continue de la problématique dans les priorités, les outils et les process. Restent des lacunes à combler en matière d’indicateurs de performance, notamment financiers.

Dévoilée fin novembre à la maison de la Chimie, la sixième édition du baromètre des achats responsables met l’accent sur l’importance de mettre en place des indicateurs de performance, notamment financiers. Pour les auteurs de l’étude, Olivier Bruel (professeur émérite HEC Paris), Olivier Menuet (SNCF et HEC Paris), Pierre-François Thaler (EcoVadis) et Robert Kromoser (A.T. Kearney), « si les achats responsables sont définitivement installés dans les premières priorités des directions achats et mis en œuvre à travers des outils et des process, il est aujourd’hui crucial d’objectiver la valeur créée, les bénéfices générés à travers la réduction des coûts (énergie, eau, emballage, taxes écologiques…), la diminution des risques (image de marque, matières premières, ruptures d’approvisionnement…) et la création de revenus (prix premium, recyclage, innovations…). »
Parmi les objectifs des organisations achats, les achats durables restent une priorité pour 93 % des répondants, derrière la réduction des coûts (100 %), la maîtrise des risques supply chain (95 %) et la qualité (93 %). Une quatrième place qui s’explique surtout par la méthode employée : les réponses des participants sur leurs objectifs ne sont pas hiérarchisées. Dans le cadre du Top 250 2013 (voir dans La Lettre des Achats n°221), le développement durable occupe seulement la treizième position parmi les leviers privilégiés par les directeurs achats français. Cette position ne rend pas seulement compte du nombre de fois où le développement durable a été cité, mais d’une pondération calculée sur la hiérarchisation de leurs objectifs que nous ont indiquée les directeurs achats.

Une approche défensive


Pour revenir au baromètre HEC, l’analyse des objectifs visés par les entreprises menant une démarche d’achats responsables montre toujours la prédominance d’une approche défensive. Eviter les risques d’image associés aux mauvaises pratiques RSE des fournisseurs occupe la première position avec 96 % de citations. La conformité aux nouvelles réglementations monte sur la seconde marche (93 % de citations), à égalité avec la satisfaction des attentes des clients finaux. La prévention des ruptures d’approvisionnement (87 %) constitue le quatrième but, devant le développement d’un avantage compétitif (84 %). A noter que les répondants européens plébiscitent la maîtrise des risques d’image et la satisfaction des attentes clients, alors que les Nord-Américains privilégient les objectifs de conformité à la législation et de réduction des coûts.
Du point de vue des outils et process mis en place pour acheter responsable, de plus en plus d’entreprises s’équipent, mais se cantonnent à des solutions peu sophistiquées. Par exemple, 79 % ont intégré des critères RSE dans leurs procédures d’appels d’offres et 76 % ont rédigé une charte ou introduit une clause RSE dans les contrats (contre 67 % il y a quatre ans). Près de 62 % proposent des auto-évaluations à leurs fournisseurs (contre 40 % en 2009) et 57 % évaluent les risques RSE par catégorie achats ou par pays (contre 38 % il y a quatre ans). Seulement 20 % des répondants ont inclus les critères d’achats responsables dans leur modèle d’analyse en coût complet (TCO). Par ailleurs, 72 % pilotent la performance RSE de leurs fournisseurs stratégiques et 58 % évaluent un nombre restreint de fournisseurs à risques.
De manière surprenante, dans 62 % des entreprises, chaque acheteur définit librement le poids des critères développement durable dans l’évaluation de ses fournisseurs. Seulement 29 % des organisations achats déterminent un pourcentage minimum, tandis que 9 % ne prennent pas du tout en compte de critères RSE.

Un manque d’indicateurs


En ce qui concerne les indicateurs de performance RSE, la quantification des moyens et des process mis en œuvre domine la mesure des résultats. Par exemple, 70 % apprécient le pourcentage de fournisseurs évalués ou audités, 55 % la proportion de fournisseurs signataires de la charte des achats responsables ou de la clause dans les contrats et 42 % le pourcentage d’acheteurs ayant suivi les formations aux achats durables. Pour autant, 64 % mesurent les résultats obtenus par les fournisseurs évalués. A noter que 11 % des organisations achats ne disposent d’aucun indicateur RSE. A propos des bénéfices générés par une démarche d’achats responsables, 45 % ne les mesurent pas et 25 % estiment même ne pas en avoir besoin. Seulement 30 % les évaluent sur certains projets, 16 % disposent d’un tableau de bord global et 7 % les traduisent en termes financiers.
Les auteurs de ce sixième baromètre HEC ont également demandé à leur panel quels étaient les principaux obstacles à surmonter pour mettre en œuvre une politique d’achats durables. Le manque de soutien du top management est avancé par 84 % des répondants, devant la contradiction entre des objectifs à long terme et des économies à court terme (82 %). Le manque d’informations sur les pratiques RSE des fournisseurs et le manque d’indicateurs pour mesurer et piloter les progrès sont cités par 71 % des participants, alors que 69 % évoquent la résistance des fournisseurs. Autant de points qui devraient garnir les feuilles de route des responsables achats durables et des directeurs achats pour les prochaines années.


Un panel internationalisé
Pour la première fois, le panel de l’enquête est élargi de la sphère européenne à l’échelle internationale, avec 80 % de répondants européens, 11 % basés en Amérique du Nord et 9 % dans le reste du monde. Soit 24 pays représentés. Au total, 133 personnes ont participé à ce sixième baromètre (contre 80 répondants lors de la dernière édition) : 43 % de responsables achats durables, 29 % de managers achats ou supply chain et 28 % de responsables d’autres fonctions. Concernant les entreprises des répondants, 47 % réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 10 milliards.






Par Matthieu Maury

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°297 - Octobre 2020

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play