Publicité
La Lettre des Achats - Septembre 2003 N°109
Septembre 2003

Tableau de bord

Conjoncture

Exclusif : Les prévisions du Club Achats du BIPE
Pas de retour de la croissance avant fin 2004

Par Sophie Haincourt Sophie.haincourt@bipe.fr

Exclusif : Les prévisions du Club Achats du BIPE

Pas de retour de la croissance avant fin 2004

À court terme, les développements du premier semestre (stagnation du PIB, envolée de l’euro, récession et menace de déflation en Allemagne) nous amènent à réviser à nouveau à la baisse nos perspectives de croissance de la zone euro en 2003 et 2004. La fin de l’hémorragie boursière, le reflux des primes de risque pétrolières et obligataires, le bas niveau des taux d’intérêt devraient permettre tout de même une accélération modérée de l’économie mondiale. Le rebond industriel en cours aux États-Unis sera, selon nous, contenu. Sa transmission à l’Europe aura lieu au second semestre mais sera freinée par l’appréciation de l’euro face à l’ensemble des devises internationales.
Le scénario en U, justifié par le lent processus d’apurement des excès financiers de la bulle de la nouvelle économie, est toujours privilégié par le BIPE. En effet, au-delà du rebond post irakien qui semble se matérialiser selon les indicateurs avancés en provenance d’outre-Atlantique, les maux dont souffrent l’économie mondiale sont sévères. Sur le moyen terme, ce n’est qu’à partir de fin 2004 que l’économie mondiale renouera avec des rythmes de croissance proches de son potentiel dans le sillage de l’économie américaine. Le rattrapage cyclique à réaliser est significatif, toutefois les déséquilibres et menaces (dollar, bulles immobilières, tours de vis budgétaires, incertitudes géostratégiques) nous engagent à penser qu’au mieux les économies occidentales atteindront leur potentiel à partir de 2005.

La locomotive américaine

Plus dynamiques en investissement R & D, et donc en gains de productivité tendanciels, les États-Unis resteront la locomotive de l’économie mondiale d’ici à 2008. Pour l’Europe, les réformes structurelles nécessaires sont incertaines et n’auront un impact positif sur le rythme de croissance que vers la fin, au mieux, de notre horizon de prévision… Une nouvelle fois, il est urgent que l’Europe engage une série de réformes afin de renforcer sa puissance politique et maintenir sa puissance économique. D’ici là, l’Europe devrait afficher un rythme de croissance économique inférieur à celui des États-Unis. Nous estimons la croissance potentielle européenne à 2,0 % contre 3,0 % pour l’économie américaine. Elle reste très faible au Japon où les déséquilibres financiers, couplés à un reflux démographique, continueront de peser sur le dynamisme de l’activité.
La politique économique agressive (coups d’accélérateur budgétaires et monétaires) et l’assouplissement de la contrainte de change devraient permettre à l’économie américaine de connaître une croissance honorable au second semestre 2003 et en 2004. Au-delà de la rechute industrielle liée à la crise irakienne, nous maintenons notre diagnostic de base : la crise de sur-investissements se stabilise. Nous prévoyons donc toujours une reprise de l’investissement outre-Atlantique. Mais celle-ci sera poussive, car la sous-capitalisation des fonds de pension, les tensions de financement et la faible utilisation des capacités de production continueront de limiter le potentiel d’accélération franche sur ce front. Ce d’autant plus que les perspectives de demande restent modérées. La demande mondiale est atone et la consommation des ménages, soutenue à bout de bras par la politique économique, devrait confirmer son ralentissement.
Le marché du travail mettra du temps à s’améliorer et les signaux de sortie du marasme économique entraîneront une remontée des taux d’intérêt longs. Les consommateurs américains verront ainsi la manne des renégociations de prêts s’effriter sans s’écrouler ; la consommation des ménages va résister mais rester morne. Face à cette situation, il faut anticiper une remontée progressive et tardive des taux de la Fed pour ne pas assommer la dépense des ménages. Ce n’est que fin 2004 que celle-ci retrouvera des couleurs, entraînant l’économie américaine vers des rythmes de croissance supérieurs à 3,0 %.

Zone euro : vers un rebond modéré

L’activité en zone euro est en panne, comme le prouve la stagnation de son PIB au premier trimestre. Les indicateurs de confiance dans l’industrie suggèrent de plus une contraction de la production industrielle au second trimestre et donc un autre trimestre morose pour la croissance économique d’ensemble. En l’absence de marges de manœuvre budgétaires, l’impulsion de la demande viendra de l’extérieur. Les poids lourds de l’union monétaire restent dans une situation budgétaire délicate vis-à-vis des limites du pacte de stabilité. Ainsi, en 2004, il faut s’attendre à une politique de rigueur en France, en Italie et en Allemagne, limitant l’accélération de l’activité. Pour sa part, l’Allemagne est en récession et menacée de déflation. L’offre de crédit y est particulièrement freinée par l’état du système bancaire. En l’absence de mécanismes de transferts budgétaires inter-régionaux, nous espérons et travaillons sous l’hypothèse que le gouvernement Schröder sera autorisé à laisser filer le déficit public. De plus, il faut absolument que la BCE intègre ce risque de spirale déflationniste allemande et baisse son taux directeur vers 1,50 % au troisième trimestre (actuellement 2,0 %).
L’investissement des entreprises devrait repartir modérément au quatrième trimestre – notons que le taux d’utilisation des capacités reste plus élevé qu’aux États-Unis. Le marché du travail, variable retardée de l’activité, continuera lui de se détériorer jusqu’à la fin de l’année. Dans ces conditions, la consommation faiblira mais résistera grâce au reflux des prix à la consommation en cours et à la baisse des taux de la BCE.

Veiller pour agir
Les achats jouent un rôle clé, encore plus déterminant en période de conjoncture tendue. Ils ont la double mission de protéger l’entreprise contre la volatilité des prix et d’affiner sans cesse la maîtrise des coûts : veiller pour agir. Le BIPE, société de conseil en stratégie, fournit aux directions des achats des outils et méthodes uniques d’accompagnement. Les experts achats du BIPE vous les présenteront en détail lors de la réunion qui se tiendra le 30 septembre 2003 à Boulogne-Billancourt. Pour vous inscrire, contactez dès maintenant Sophie Haincourt, sophie.haincourt@bipe.fr
(www.bipe.com).

Par Sophie Haincourt Sophie.haincourt@bipe.fr

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°293 - Mai 2020

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play