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La Lettre des Achats - Septembre 2019 N°285
Septembre 2019

Marchés

Conjoncture

Productivité : les signaux d’une récession passent au rouge

Les signaux d’une récession passent au rouge

Témoignage

Stéphane Déo - Stratégiste - La Banque Postale AM
« Un risque de récession à 30 % dans les douze prochains mois »

Par François Le Roux

Les signaux d’une récession passent au rouge

Malgré la trêve déclarée dans la guerre commerciale opposant les États-Unis et la Chine lors du G20 d’Osaka fin juin, l’économie mondiale peine à reprendre son souffle. Pire, les craintes de récession outre-Atlantique se multiplient. La Chine montre également des signes de fragilité inquiétants.

Mi-juin, Donald Trump a lancé sa campagne en vue de sa réélection à la Maison Blanche en 2020 « to keep America great ». Avec une économie toujours dynamique et un chômage a des plus bas historiques, le milliardaire américain dispose d’un solide bilan. 2019 a même démarré sur les chapeaux de roues aux États-Unis avec une croissance de 3,1 % sur un an au premier trimestre. Pour l’ensemble de l’année, le Fonds monétaire international table sur une confortable hausse du PIB de 2,6 % en 2019.
Mais à un peu plus d’un an du scrutin, les jeux ne sont pas faits. Jusqu’ici au vert, nombre d’indicateurs économiques pourraient virer au rouge dans les prochains mois. Le risque de tassement de la croissance américaine est d’autant plus réel que la relance associée au package fiscal de l’administration Trump de 2017 a fait son temps. Dix ans après la chute de Lehman Brothers, les craintes d’une nouvelle récession ressurgissent sur fond de guerre commerciale persistante avec la Chine.

Les risques de récession montent aux États-Unis


Malgré le bol d’air que se sont octroyé Washington et Pékin lors du G20 d’Osaka, les négociations entre les deux locomotives de l’économie mondiale sont loin d’être au beau fixe. Si les États-Unis se décidaient à taxer à 25 % les 300 milliards de dollars restants de produits qu’ils importent de Chine, une récession mondiale dans trois trimestres pourrait se déclencher, pronostiquaient les économistes de Morgan Stanley au printemps. En clair, une récession n’est pas totalement exclue d’ici la fin de l’année 2019. Le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran dans le détroit d’Ormuz pourrait par ailleurs déboucher sur un choc pétrolier.
Les risques de récession aux États-Unis figurent également en première ligne des anticipations de la National Association for Business Economics, regroupant une cinquantaine de spécialistes. Concernant le timing, ils estiment que cette montée des risques devrait plutôt se matérialiser d’ici le troisième trimestre 2020. L’enquête trimestrielle de la NABE réalisée début juin montre toutefois une nette dégradation de la confiance des sondés qui jugent désormais à 60 % le risque que l’économie américaine entre en récession avant la fin de 2020, contre 35 % lors du précédent sondage.

Une économie mondiale en souffrance


Hors des États-Unis, les prémices d’une récession seraient déjà perceptibles dans nombre de pays. En mai, l’indice PMI de l’industrie mondiale est tombé sous la barre des 50, la limite entre expansion et contraction, à 49,8 précisément, un plus bas depuis octobre 2012. « On recense désormais 21 pays en récession industrielle, 11 tout juste à la frontière, c’est-à-dire avec des indices PMI inférieurs à 51 et 3 autres qui en sont tout proches. 35 pays sont donc actuellement en grave difficulté industrielle » résume l’économiste Marc Touati, président du cabinet ACDEFI.
Les grandes puissances continentales ne sont pas épargnées. En Chine, l’indice PMI Caixin/Markit du secteur manufacturier est tombé en juin à 49,4 points, son plus bas niveau depuis le mois de janvier. Toutes les économies du sud-est asiatique ont aussi ralenti.

Les banques centrales affaiblies face au risque de crise


Au sein de la Zone euro, la sérénité n’est pas non plus à l’ordre du jour. L’ex-président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé mi-juin au forum de Sintra une nouvelle vague de mesures accommodantes pour stimuler l’économie. Après trois ans de stagnation, la BCE pourrait recommencer à baisser ses taux d’intérêt. Le dix ans français est aussitôt passé sous le seuil de 0 % pour la première fois de son histoire. Dans le contexte actuel, la banque centrale allemande, n’anticipe pas toutefois de récession en Europe. Après une croissance de la Zone euro de 1,2 % en 2019, la Bundesbank table sur une croissance à 1,4 % en 2020 et 2021.
Le problème en Europe et au Japon en particulier réside dans le fait que les banques centrales n’ont plus de marges de manœuvre pour faire face à une crise financière de type 2008-2009. Même la Fed américaine qui a relevé ses taux directeurs ces dernières années n’affiche pas une position confortable, avec un taux de référence de 2,25-2,5 % contre 5,25 % en septembre 2007. Un choc sur l’économie mondiale pourrait être difficile à contrer !

Par François Le Roux

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