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La Lettre des Achats - Juillet-Août 2002   N°97
Juillet-Août 2002

Tendances

Baromètre emploi

Les recrutements massifs ne sont plus d'actualité

Par la rédaction

Les recrutements massifs ne sont plus d'actualité

Après les vaches maigres de notre bilan semestriel de janvier, la glissade se poursuit. En effet, le total des annonces achats répertoriées dans la presse est de 731 offres pour le premier semestre 2002, contre 1 108 pour la même période l’année dernière. Mais leur nombre tend à remonter depuis ces deux derniers mois, après avoir connu une chute en avril avec seulement 106 emplois proposés. Les courbes des premiers semestres 2001 et 2002 suivent globalement la même trajectoire, sans jamais se rencontrer. Cet écart significatif des chiffres illustre une baisse du marché de l’emploi pour les métiers de la fonction achats. Les entreprises embauchent moins et il n’est pas rare de rencontrer des services qui se sont réorganisés suite au départ d’un collègue et qui ne prévoient pas de recruter dans l’immédiat… Conséquence du refroidissement qui nous touche depuis les États-Unis ? Ou bien simple précaution des employeurs ? En tout cas, le premier semestre 2002 poursuit la décrue entamée depuis la rentrée dernière… Nous avons calculé une baisse de 34 % sur les emplois proposés dans la fonction achats durant les six premiers mois de l’année. C’est d’ailleurs la tendance que confirme l’indice Manpower : un recul de 33 % des offres d’emploi en CDI, tous secteurs confondus, sur avril 2002 par comparaison avec 2001.

Les équipementiers en tête

Les recrutements massifs des grandes entreprises ne sont plus d’actualité. L’année dernière, Alstom, Valeo, Thomson Multimedia, Bouygues et Suez composaient le quinté gagnant des recruteurs avec respectivement 24, 23, 10, 8 et 7 annonces entre janvier et juin 2001. Cette année, nous avons un tiercé, avec dans l’ordre Valeo et Faurecia pour 6 offres, puis Thales avec 5 postes offerts. Comme toujours, c’est l’industrie, et particulièrement les équipementiers automobiles et l’électronique, qui occupent le haut de l’affiche, avec respectivement un peu plus de 18 % et 12 % des offres. À eux deux, ces secteurs représentent un peu plus du tiers des propositions d’emploi aux achats. Quant à l’agroalimentaire, il confirme sa progression de l’an passé en proposant ce semestre près de 10 % des postes en achats, contre une moyenne de 5 % enregistré sur l’année précédente. Conséquence du contexte difficile de la téléphonie, le secteur télécoms/informatique clôture le peloton avec seulement 3,5 % de postes offerts.

L’acheteur rêvé

Dans ce numéro, notre dossier consacré aux directeurs achats des 60 premiers groupes français a permis de dresser un portrait-robot du patron des achats : la cinquantaine, mais plus jeune dans les services que dans l’industrie, issu d’une grande école d’ingénieurs – Supéléc est au premier rang –, avec une expérience dans l’automobile, idéalement chez un équipementier bien connu. Dans leurs traces, les collaborateurs auront plutôt la trentaine, de formation supérieure, de préférence ingénieurs avec un cursus complémentaire en achats. Si le MAI ou le Desma ne sont pas significativement représentés parmi les directeurs achats, ces formations n’en cultivent pas moins les partenariats avec les grands groupes. Récemment, le MAI de Bordeaux a conclu un accord avec la direction des achats d’EDF, pour une durée d’un an. Le périmètre de cet accord concerne la réalisation d’actions de formation, d’information et d’observation économiques dans le domaine des achats. L’objectif est de permettre à la direction des achats d’effectuer des actions complémentaires aux programmes de professionnalisation déjà existants.

Un acheteur très parisien

Dans les entreprises évoluant dans un contexte international, ne serait-ce qu’en Europe, l’anglais est de mise, complété souvent par une ou deux autres langues européennes. Paradoxe, les postes à l’étranger ne sont pas si fréquents avec à peine plus de 1 % des annonces répertoriées. Géographiquement, notre acheteur est parisien pour 337 annonces. Après la région parisienne, ce sont la Bretagne-Normandie et l’Est qui arrivent ex æquo avec 49 postes proposés. Quant à la Vallée du Rhône, elle a perdu ses galons puisqu’elle est parmi les dernières à recruter. Dans près de 60 % des cas, les salaires sont à négocier. Néanmoins, les rémunérations indiquées nous permettent d’établir une fourchette : dans 18,5 % des annonces, elles sont comprises entre 32 000 et 46 000 euros. Cette tranche représentait un peu plus de 20 % des rémunérations proposées l’année dernière. Rares sont les salaires annoncés supérieurs à 76 000 euros. Réservés à des postes clés, ils représentent moins de 0,5 % des offres.

Des acheteurs experts

Dernier élément remarquable, l’expertise dans un domaine ou une famille d’achats est de plus en plus demandée par les recruteurs. Les acheteurs doivent avoir une expérience significative de deux ou trois ans minimum, soit dans une fonction similaire à celle où ils vont postuler, soit dans un contexte ou un domaine d’activité proche de celui de leur futur employeur. De plus, l’utilisation des outils informatiques devient incontournable pour les futures recrues. Outre les applications simples de bureautique, l’acheteur devra posséder quelques notions des outils de partage de l’information de l’entreprise et, dans une annonce, il n’est pas rare de rencontrer la mention « connaissance SAP demandée ». Le partage de l’information reste par exemple l’une des priorité de l’Ugap qui projette d’améliorer sa communication en interne mais aussi avec l’extérieur. Lors d’un forum qui a eu lieu récemment, l’acheteur public a invité l’ensemble de ses fournisseurs. Une des problématiques soulevées concernait le déficit de la communication interne au sein même de ses agences régionales. À cette question, Alain Borowski, président de l’Ugap, a clairement souligné qu’une réflexion est en cours afin de définir les meilleurs outils permettant de pallier cette carence. Ainsi, maîtrise du métier, du secteur d’activité, bonne appréhension du monde des NTIC et ouverture sur l’international restent plus que jamais d’actualité. 

Par la rédaction

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