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La Lettre des Achats - Septembre 2003 N°109
Septembre 2003

Tendances

Chronique

Les professionnels de l'achat se parlent mais sont-ils suffisamment entendus ?

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Les professionnels de l'achat se parlent mais sont-ils suffisamment entendus ?

Les professionnels de l'achat ne manqueront pas d'occasions de rencontres d'ici la mi-octobre : que ce soit dans le cadre de salons (Proseg/Externaliser, E-procurement 2003, etc.) ou encore de journées comme celles organisées par divers organismes de formation ou associations (Demos, Cesa Achats d'HEC, etc.). Plus tard encore, Cegos et son club de directeurs achats, les salons Midest (sous-traitance) et Progilog (ERP et supply chain) fourniront de nouvelles opportunités d'échanges. Nous aurons atteint la fin du mois de novembre. Le calendrier est ainsi fait : de septembre à décembre, les organisateurs de manifestations regorgent d'idées. La période précédant l'établissement des budgets les inspire. Vous trouverez dans notre Agenda (page 3) le détail de toutes ces manifestations.

Les acheteurs restent donc au cœur de toutes les sollicitations : ils sont à ce point importants que sans cesse de nouvelles initiatives naissent pour les faire se rencontrer. En juin dernier, l'Adra (Association des directeurs et responsables achats) a ainsi tenu sa première assemblée générale depuis sa constitution (voir La Lettre des Achats n° 97 de juin 2002). Cette toute nouvelle association confirme peu à peu ses ambitions : fournir à ses adhérents (une cinquantaine à ce jour) un socle commun de réflexion destiné d'une part à toutes les écoles – et pas seulement aux établissements spécialisés – susceptibles de former de futurs acheteurs (écoles d'ingénieurs, de commerce, etc.), et d'autre part à tous les acteurs du monde des affaires et en particulier les directions générales, véritables clés de voûte d'une organisation achats performante. Saluons aussi la récente évolution du site purchasing-network que l'on trouve désormais à l'adresse suivante : www.lereseaudesachats.com. Là encore, une association d'acheteurs est à l'origine du projet. Le groupe revendique plusieurs centaines d'inscriptions en ligne (c'est gratuit) et diffuse avant tout des offres d'emploi et un… agenda des manifestations dédiées aux achats. Toujours ce besoin de rencontres et d'échanges…
Dernière initiative : la création de l'Apeca (Association des professionnels européens de la carte d'achats). Sur le modèle de son homologue américaine (voir notre n° 101 de décembre 2002), l'Apeca ambitionne de rassembler tous les acteurs de la carte d'achats dans l'Hexagone. En premier lieu, tous les prestataires intéressés à son développement, et il ne faut pas être grand clerc pour voir leur marque dans cette opération : les émetteurs (American Express, Visa, etc.), les banques, les opérateurs télécoms, mais ensuite et surtout les utilisateurs et leurs fournisseurs. Dernier acteur et non des moindres : l'État lui-même, qui a fixé à 2005 le passage définitif des achats publics aux process électroniques, et dont plusieurs services, à Bercy, militent pour une diffusion plus rapide de la carte de paiement dans les collectivités locales. Les donneurs d'ordres des grandes entreprises seront-ils présents et entendus dans le cadre de l'Apeca et au-delà ? C'est tout le bien que l'on peut souhaiter à cette association. Réponse dans les prochaines semaines. Dès que les banques émettrices auront décidé à leur tour de leur niveau d'engagement… Cette question de l'élargissement de leur audience est commune à toutes les initiatives dans les achats qui restent un sujet sensible. Dans notre dossier spécial achats hors production qui paraît chaque année à cette époque, nous avons une fois de plus relevé les efforts que doivent produire les professionnels auprès de leurs interlocuteurs pour intervenir au mieux sur les dépenses. Et si le dialogue progresse, les méthodes employées en ont fait tout autant. Pour schématiser, cela pourrait se résumer en trois points : approche « industrielle », développement de systèmes d'information (la greffe ERP/e-procurement prend peu à peu) et externalisation. Pascal Cotte, vice-président du Boston Consulting Group à Paris, nous le confirmait récemment en nous présentant son accord avec Central Cost (voir page 12) : « Les directions générales ont progressé dans leurs attentes vis-à-vis des achats. Elles ont désormais conscience de leur rôle tranversal mais a contrario, elle veulent aussi mesurer précisément les gains… » Autre interlocuteur, Gérard Dahan, directeur marketing Europe du Sud d'Ariba : « Les directions générales sont souvent déçues par le niveau de reporting qu'on leur propose, d'où leur intérêt pour des outils dédiés… » Un avis sans doute autorisé. Ariba, c'est le revenant de la net économie. Qui, à force de restructuration et de repositionnement, revendique aujourd'hui 20 clients pour les différents modules de sa suite Spend Management dans les 80 organisations achats européennes que nous avons recensées (voir La Lettre des Achats n° 108). À suivre pour vérifier si cette volonté affichée des directions d'investir à nouveau dans des systèmes d'information est durable…
Dernière prise de position enfin, dont vous trouverez dans ces pages une traduction concrète : Patrick Miliotis, président de l'Observatoire de l'externalisation. Pour lui, aucun doute : « L'externalisation maîtrisée projette l'acheteur dans le moyen long terme, lui confère un rôle fédérateur et de leadership ». Vous en lirez plus dans les prochains mois. En effet, La Lettre des Achats a décidé de produire, en partenariat avec L'Observatoire de l'externalisation, un supplément régulier de quatre pages consacré au sujet et destiné à fournir un contenu pratique à destination des acheteurs spécialisés (voir pages 32 à 35).
Un dernier mot enfin. Qui oserait encore prédire une quelconque reprise économique d'ici la fin 2004 ? Nos amis du Club achats du Bipe, dont nous produisons ici une nouvelle fois en exclusivité une synthèse des travaux (voir page 56), ont sur ce point des conclusions sans appel. Toutefois, d'autres sources font état de la recrudescence d'un autre phénomène : les fusions-acquisitions. Tout se conjugue pour leur grand retour : des taux de croissance interne faibles, des entreprises sous-évaluées du fait de l'atonie de la bourse et des taux d'intérêt extrêmement réduits. Bref, les financiers ressortent du purgatoire. Mais les fusions-acquisitions ont aussi une autre réputation : celle d'impliquer fortement les achats. Soit parce qu'elles les aident à atteindre une taille supérieure, soit parce qu'à l'inverse aussi, elles défont des stratégies difficilement mises en place… Aux achats de se placer au mieux dans le nouveau jeu de Meccano mondial qui pourrait s'amorcer. Bonne rentrée !

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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