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La Lettre des Achats - Juin 2002 N°96
Juin 2002

Management

Dossier

Supplier relationship management

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Supplier relationship management
Les éditeurs d’ERP à la poursuite des solutions collaboratives

Les éditeurs d’ERP et de supply chain-production

Par la rédaction

Les éditeurs d’ERP et de supply chain-production

Les éditeurs d’ERP

Baan
www.baan.com

Positionnement : Alors que ses ERP constituent encore 60 % du chiffre d’affaires des licences, Baan a augmenté son offre de logiciels avec sa nouvelle suite iBaan. À l’ERP s’ajoutent les fonctionnalité de gestion de la relation client (CRM), de la supply chain (SCM) et des relations inter entreprise via internet (E-Entreprise). L’outil d’e-procurement, lancé en 2001 en France, est intégré dans l’offre E-Entreprise. Il représente actuellement 50 clients en Europe, trois en France, dont l’un, Snecma, est actif. En plus des autres éditeurs d’ERP, Baan considère comme concurrents les produits de Commerce One ou d’Ariba.
Bilan 2001 : Depuis son rachat par Invensys en 2000, Baan a gagné 200 nouveaux clients. Le nouveau CEO d’Invensys, Rick Haythornthwaite, nommé en février 2002, a imposé une nouvelle stratégie impliquant une réorganisation des divisions du groupe : anciennement rattaché à Invensys Software System, Baan est maintenant intégré à la branche Product Management Division.
Perspectives : Baan veut se focaliser sur sa base de clients installés, soit 6 500 clients dans le monde avec 13 000 sites répartis dans différents secteurs de l’industrie manufacturière. Baan souhaite aussi promouvoir sa nouvelle offre iBaan. L’entreprise mise également sur l’intégration complète de ses outils à son ERP.

IFS
www.ifsworld.com

Positionnement : IFS, société suédoise d’abord positionnée comme éditeur de solutions pour places de marché, propose IFS Application. Cette suite logicielle est organisée en 60 composants répondant aux besoins des fonctions de l’entreprise (finances, ressources humaines, production, etc.). Les solutions d’IFS suivent une démarche collaborative. Les modules de SCM peuvent être interconnectés à une interface web, le portail de l’entreprise, qui permet par exemple aux fournisseurs d’accéder de manière contrôlée à la gestion des stocks. L’offre modulaire d’IFS Application peut notamment s’apparenter à celles d’éditeurs d’ERP.
Perspectives : Le module Service Management d’IFS est adapté pour les sociétés qui ont une activité principalement technique et de maintenance, comme par exemple les prestataires de facilities management, tel Dalkia, client d’IFS.

Intentia
www.intentia.com

Positionnement : Société suédoise, concepteur et éditeur de solutions d’e-collaboration (40 % du chiffre d’affaires), Intentia est également intégrateur de ces solutions (60 % du chiffre d’affaires). La solution Movex Collaboration Application se présente en trois parties : ERP/gestion d’entreprise, supply chain management et collaboration. Dans la partie collaboration, le module e-procurement couvre la gestion des achats hors production (gestion de l’ensemble du processus d’achat : catalogues fournisseurs, de la demande d’achat jusqu’à la facturation) et le portail fournisseurs pour échanger des données via un browser ou en format XML. Concernant les concurrents pour les grands comptes, les plus couramment rencontrés sont SAP, JD Edwards, PeopleSoft et Oracle. Pour les entreprises de moindre taille, la société Adonix est citée.
Bilan 2001 : Intentia a réalisé un chiffre d’affaires de 437,2 millions d’euros en 2001 (358 millions d’euros en 2000). Le chiffre d’affaires pour la France est de 76,22 millions d’euros.
Perspectives : Intentia met particulièrement l’accent sur le travail avec les places de marché privées dans le cadre de la construction de projets de partenariat. Intentia a d’ailleurs mis en place un portail fournisseurs pour le groupe Tal (mode) à Hong-Kong.

JD Edwards
www.jdedwards.com

Positionnement : JD Edwards suit le même mouvement que les éditeurs d’ERP en fournissant des solutions de gestion intégrées aux moyennes entreprises (à partir de 55 millions d’euros de chiffre d’affaires). Les concurrents cités sont SAP, Intentia pour les PME, IFS ou encore Oracle.
Bilan 2001 : La société a procédé à une reconstruction stratégique de son organisation et de ses prestations. Les gammes de produits ont été revues et repositionnées par rapport au marché. En août, JD Edwards a racheté un prestataire de CRM afin de compléter son panel de solutions.
Perspectives : JD Edwards développe ses solutions dans l’ERP, le SCM, le SRM et la business intelligence, notamment avec sa nouvelle solution JD Edwards 5. Par exemple, l’éditeur a un partenariat avec la solution Ariba Buyer pour les achats généraux. L’avantage est de proposer au client un outil plus performant, plus ergonomique et plus facile d’utilisation que la propre application de l’ERP JD Edwards pour les demandes d’achat. Les PME restent le cœur de cible.

Oracle
www.oracle.com

Positionnement : Oracle se positionne comme un éditeur de solutions logicielles modulaires entièrement intégrées à l’ERP. Un outil de sourcing est aussi disponible avec Oracle Sourcing dont l’un des clients est le groupe PPR. Par ailleurs, une autre voie de développement est suivie par l’éditeur : les outils collaboratifs destinés aux achats et au développement de produits (design collaboratif ou PLM). La cible client reste les grands comptes ainsi que les grosses PME. Cependant, le marché a été étendu aux PME de 200 salariés avec l’offre PSS (Package Software Services). Celle-ci comprend la solution d’e-procurement Procur to Pay, la gestion de catalogues en partenariat avec AchatPro et sa mise en œuvre. L’ensemble est disponible en ASP.
Bilan 2001 : Oracle a soutenu sa stratégie du tout intégré et s’est tenu à l’écart des alliances révolues entre les différents éditeurs de solutions. Après la chute des cours du Nasdaq, Oracle a connu des difficultés. L’une des réactions a été la réorganisation de la gamme de produits, notamment le changement d’appellation de l’offre B to B en SCM afin d’y inclure les divers métiers impliqués tels que les achats pour les modules e-procurement et purchasing, la production, etc.
Perspectives : Oracle s’oriente vers des solutions collaboratives, avec des outils permettant la mise rapide des produits sur le marché ou la gestion déléguée des stocks chez les fournisseurs. L’éditeur met toujours en avant la possibilité d’intégrer ses solutions à son ERP. En complément de son ERP, Oracle propose le Daily Business Inventory, base de données assortie d’indicateurs métiers spécifiques. Par exemple, un acheteur peut créer un portail et y reporter les différents indicateurs et alertes utiles pour la gestion et le pilotage de ses contrats en temps réel.

PeopleSoft
www.peoplesoft.fr

Positionnement : PeopleSoft veut proposer une architecture de gestion de la relation fournisseurs complète avec le design collaboratif et le planning collaboratif (CPFR, partage des données, etc.) À ces deux briques, pièces intégrantes de la supply chain, s’ajoutent une partie sourcing (AO, RFI, RFQ, RFP) ainsi qu’une partie enchères, Strategic Sourcing, depuis mars dernier. Celle-ci permet de gérer des appels d’offres complexes, avec possibilité d’utiliser des critères quantitatifs et qualitatifs autres que le prix, et de les pondérer pour obtenir en ligne une analyse et une évaluation des réponses. La brique gestion de contenu gère des catalogues multi-fournisseurs, avec des origines et des formats différents. Dans ce but, PeopleSoft a racheté Cohera et son outil de gestion des catalogues (en redéploiement sous la technologie PeopleSoft). La brique e-procurement propose un système de gestion des achats stockés ou non et des services. La gestion se fait de la demande d’achat jusqu’à la réception. La facture et le paiement peuvent être intégrés. Enfin, une brique analytique de business intelligence permet d’exploiter les bases de données. Par ailleurs PeopleSoft met en avant le caractère complet de sa suite, entièrement sous technologie PeopleSoft 8, XML et HTML et cite comme concurrents SAP, Commerce One, Ariba, i2.
Bilan 2001 et perspectives : En 2001, les ventes de licences ont connu une croissance de 30 %, pour une croissance globale de 20 % et un résultat en hausse de 107 %. Le chiffre d’affaires s’élève à 2,25 milliards d’euros. Le SCM et le SRM sont les deux grands axes de travail du groupe à l’échelle corporate.

SAP
www.sap.com

Positionnement : Connu pour ses ERP, SAP propose une offre étendue (SRM, SCM, CRM), homogène et intégrée. L’offre SRM se compose de trois parties. La première se situe avant le contrat avec le benchmark, l’analyse du besoin, l’appel d’offres, etc. La deuxième concerne la gestion de contenu, de catalogues, donc l’intégration des fournisseurs aux systèmes d’information. La dernière est consacrée à l’exécution avec l’e-procurement, la supply chain, le reporting opérationnel, etc. Les solutions développées par Oracle, PeopleSoft ou i2 sont concurrentes de celles de SAP de même que celles d’éditeurs plus spécifiques qui tendent à globaliser leurs offres SCM, SRM ou e-procurement.
Bilan 2001 : Après les difficultés de l’année 2001, les places de marché motorisées par SAP encore en activité, Hubwoo, Avisium, CPGMarket, deviendraient bénéficiaires à terme, selon l’éditeur. Du côté du marché de l’e-procurement, les solutions sont déployées, les ROI sont perceptibles et, pour SAP, le SRM devient incontournable. Pour Commerce One, l’éditeur reste un partenaire financier, avec 20 % du capital, et technologique pour le co-développement des infrastructures d’échanges EAI.
Perspectives : La gestion de la relation fournisseurs représenterait pour SAP un marché très prometteur. Les solutions, au départ purement exécutives, évoluent et intègrent des process supplémentaires, en amont, afin d’optimiser la manière d’acheter. SAP met en avant le SRM dont l’e-procurement représente une partie du modèle collaboratif client-fournisseurs. Concernant des projets de rachats, SAP s’intéresse aux technologies et aux savoir-faire pouvant compléter son expertise métier, donc cible prioritairement de petites structures très spécialisées, comme par exemple Top Tier, créateur de portails d’entreprise, repris en 2001.

Les éditeurs de supply chain-production

Agile Software
www.agilesoft.com

Positionnement : Agile se positionne sur le product chain management (gestion de la production) avec deux solutions logicielles. Product Collaboration vise à réduire les délais de mise sur le marché d’un produit par une collaboration entre l’entreprise et les sous-traitants. Les informations sur les caractéristiques du produit et ses évolutions sont constamment intégrées sur l’ensemble de la chaîne de production (perspectives de ventes, etc.). Product Sourcing, destiné aux achats directs ou de production, permet à l’acheteur d’accéder directement aux informations par fournisseur ou par catégorie de produits (contrats relatifs aux fournisseurs ou aux produits, etc.). L’objectif est de réduire la phase préparatoire à la négociation (analyse et consolidation des besoins des différentes unités, consolidation des réponses à l’appel d’offres, etc.). Les secteurs concernés sont principalement l’automobile, l’électronique, la pharmacie. Les concurrents sont les éditeurs d’ERP qui développent des solutions de sourcing tel Oracle ou SAP, les éditeurs de SCM comme Ariba ou i2, Commerce One pour la partie e-procurement et MatrixOne ou PTC pour les solutions destinées à l’ingénierie des sociétés.
Perspectives : L’offre Product Service and Improvement, disponible en 2002, permettra d’intégrer à la chaîne de production les informations remontées du service après-vente (nature des défauts, dysfonctionnements, fréquences, configurations les plus concernées, etc.) pour améliorer rapidement les produits. Des projets d’implémentation de CRM avec l’offre Product Service and Improvement sont en cours.
Politique tarifaire : Le prix de la licence est calculé en fonction du nombre d’utilisateurs acheteurs et fournisseurs. Par exemple, pour 15 acheteurs et 25 fournisseurs potentiels, la licence coûte environ 100 000 euros. À cela s’ajoutent les frais de mise en place (12 semaines en moyenne), facturés en prestations de conseil, non pris en charge par Agile Software.
Dernières références : NEC pour les PC, Philips pour les décodeurs numériques et Thales pour le GPS et les semi-conducteurs, sont les clients en France. À l’international, les exemples sont le CNES, Celerg (fabrication de missiles), Zodiac, Solétanche Bachi, Johnson & Johnson, GE Medical Systems.

i2
www.i2.com

Positionnement : i2 se positionne depuis les achats amont stratégiques, c’est-à-dire au niveau de la R & D, jusqu’aux achats non stratégiques. La suite logicielle i2 Five.Two est composée de trois modules, SCM, SRM et CRM. L’offre SRM inclut le module d’e-procurement. De plus, l’application modulaire SRM propose les modules Strategic Sourcing et Product Sourcing auxquels s’ajoutent les modules Contract Management pour la gestion des contrats négociés et Negociate, outil d’aide à la gestion des appels d’offres, des fournisseurs et à la négociation des contrats. Ces modules reposent sur une base de données Discovery construite sur Oracle et qui permet de centraliser les données issues des différents systèmes d’information du client.
Bilan 2001 : i2 lance sur le marché la nouvelle version de sa plate-forme i2 Five.Two de gestion de la chaîne de valeur avec un enrichissement des applications de SRM, de CRM et de gestion de contenu. Cette évolution de l’offre est étroitement liée aux différentes acquisitions de l’éditeur. Avec le rachat d’Aspect Development en 2000 et de Rightworks courant 2001, i2 a complété son expérience dans la gestion de contenu et l’e-procurement.
Perspectives : i2 cherche à construire une chaîne de valeur depuis le fournisseur jusqu’au client, selon le concept de supply chain étendue. L’éditeur veut également renforcer ses offres packagées en offrant une combinaison de modules selon des problématiques définies. Parallèlement, i2 propose des solutions adaptées à différents secteurs industriels pour mieux répondre à leurs contraintes (high tech, industrie pharmaceutique, industrie discrète, etc.). Enfin, i2 met à disposition des solutions « prêtes à l’emploi » comprenant la licence, la mise en place et un tarif fixe.

Manugistics
www.manu.com

Positionnement : Manugistics, d’abord connu pour le SCM, a récemment élargi son offre par l’ajout d’applications de SRM. Aujourd’hui, Manugistics se positionne comme fournisseur de solutions d’optimisation des profits de l’entreprise avec sa solution globale EPO (Entreprise Profit Optimization). Cette offre répond à trois problématiques. Le premier point concerne l’optimisation de la demande afin d’avoir une gestion optimale. La supply chain constitue le deuxième point et porte sur les aspects de fabrication, d’intégration des composants à la chaîne de fabrication, de transport, de réapprovisionnement et de livraison. Le troisième élément permet de travailler sur l’optimisation des prix tout au long de la chaîne logistique, avec le calcul des prix de revient et des marges. Le service achats dispose de prévisions de ventes et donc du besoin en composants pour la fabrication. L’acheteur peut travailler avec ses fournisseurs sur des échéances de plusieurs mois, voire à l’année selon les contraintes des secteurs. Les applications couvrent aussi le design, le sourcing, le planning, l’approvisionnement et la livraison.
Bilan 2001 : Le développement de ses applications de SRM est le fruit soit de rachats de sociétés à l’activité complémentaire, soit d’un transfert de technologie via les partenariats avec des éditeurs spécialisés. En juin 2001, Space Worth a par exemple été racheté pour la partie gestion de commandes sur des produits industriels de complexité élevée.
Perspectives : Manugistics souhaite optimiser l’aspect pricing de son offre à destination des clients, c’est-à-dire travailler sur l’optimisation des marges par exemple. De plus, la société poursuit sa politique de partenariat technologique et de croissance externe, toujours dans une logique d’acquisition de savoir-faire.

MatrixOne
www.matrixone.com

Positionnement : Fournisseur de l’industrie automobile et du high tech, MatrixOne est historiquement positionné sur les outils de PDM (product data management) ou de gestion des données produits, incluant la CAO par exemple. Ces applications permettent « la mise en coffre » des travaux réalisés par le bureau d’études pour l’ensemble des collaborateurs liés au projet de l’entreprise – l’information est accessible mais non modifiable après validation. Cet outil répond aux besoins de l’ingénierie, notamment en matière de collaboration interne. Associés au PDM, les outils de CPC (collaborative product commerce), permettent l’accès des partenaires extérieurs aux informations fournies par le bureau d’études. Avec les outils de PLM (product lifecycle management), MatrixOne a transposé à la chaîne de production les fonctionnalités développées pour l’ingénierie, en mettant l’accent sur le sourcing. Un des clients est Covisint, place de marché de l’automobile. C’est dans le PLM qu’est incluse l’application Sourcing Central, dédiée aux achats stratégiques amont. Par ailleurs, le développement en standard des logiciels de MatrixOne se fait en grande partie à la suite des contrats de développement spécifique commandés par ses clients.
La concurrence est représentée par les éditeurs de CAO/PDM qui diversifient leurs produits et par les éditeurs venant de l’e-procurement. Pour y faire face, MatrixOne met en avant son expertise de l’ingénierie et des secteurs de l’automobile et du high tech, ainsi que son expérience de la gestion des données produits.
Bilan 2001 : La conjoncture a conduit à une réorganisation interne de l’éditeur qui s’est séparé de 15 % de ses effectifs. Cependant, le quatrième trimestre 2001 a connu une croissance de 66 % sur le chiffre d’affaires qui s’élève à 45 millions d’euros.
Perspectives : Pour l’année fiscale 2002, l’objectif est de terminer au même niveau que pour l’exercice précédent, compte tenu des difficultés rencontrées. MatrixOne se concentre plus particulièrement sur le développement et l’enrichissement de ses applications de SRM, notamment sur les outils destinés aux achats et au travail collaboratif entre l’entreprise et ses partenaires.

Par la rédaction

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