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La Lettre des Achats - Mars 2014 N°225
Mars 2014

Tendances

Étude

Baromètre des achats responsables
Les achats responsables sur la voie du pragmatisme

Par Guillaume Trécan

Baromètre des achats responsables

Les achats responsables sur la voie du pragmatisme

La 5e édition du Baromètre des achats responsables conduite pour le compte de l’Obsar par l’institut Opinionway montre une progression dans plusieurs domaines : fixation d’objectifs concrets et mesure de ces derniers, acquisition de compétence et surtout rapprochement avec les efforts de prise en compte du coût global.

Depuis le dernier Baromètre de l’Obsar (observatoire des achats responsables), les étapes réalisées dans le cadre du déploiement d’une politique achats responsables – ce que 78 % des responsables achats interrogés déclarent avoir fait – sont restées relativement stables, en dépit de l’accroissement du panel de l’étude (voir encadré Méthodologie ci-­dessous). La diffusion de la démarche en interne (70 %), la concertation avec l’ensemble des parties prenantes (62 %) et la formalisation des objectifs de la politique achats responsables (61 %) sont toujours les trois réponses les plus citées dans des proportions comparables (moins de cinq points d’écarts) avec l’an dernier. Et la mise en place d’indicateurs de mesure de la progression des actions en matière d’achats responsables monte de la cinquième à la quatrième place. Ainsi, seul 20 % des personnes interrogées déclarent désormais que les objectifs de leur politique achats responsables sont non quantifiables. Les démarches achats responsables commenceraient donc à devenir concrètes, puisque des objectifs sont fixés et que des indicateurs de mesures existent.

Responsables et économiquement performants


Même constat de progrès pour ce qui est des motivations de la mise en place des politiques achats responsables. Si les motivations défensives – le respect des réglementations (59 %) et l’image (53 %) – tiennent toujours les deux premières places du podium, la réduction des coûts fait son entrée sur la troisième marche, citée par 40 % des personnes interrogées toutes catégories confondues et 47 % des témoins du secteur public. D’autres motivations très opérationnelles sont également en bonne place dans les réponses : le fait de s’inscrire dans une démarche de qualité totale, cité par 34 % des personnes interrogées, ou de répondre à une demande des clients, une proposition dans laquelle se retrouvent 27 % des participants à l’enquête et 35 % si l’on considère les seuls répondants du secteur privé.
La cohérence qui s’installe entre la politique achats responsables et les autres objectifs de l’entreprise se traduit également par la progression de la prise en compte du coût globale des produits. Les participants à l’étude déclarant le faire systématiquement sont passés en un an de 23 à 28 %.

Réduire les consommations


Si l’on considère plus particulièrement la dimension environnementale de l’achat responsable, l’importance accordée à la maîtrise des consommations, ou encore au recyclage (plus de 80 % des personnes interrogées dans les deux cas) donne une bonne illustration du rapprochement entre achats responsables et performance économique. La réduction des consommations fait ainsi partie des objectifs de près de 50 % des personnes interrogées, ainsi que le fait de repenser les process de l’entreprise (24 %) ou encore recycler (18 %).
Pourtant, sur ce dernier point, force est de constater un certain blocage. Un quart des personnes interrogées reconnaissent ne jamais calculer le coût de fin de vie des produits qu’ils achètent, 33 % le font rarement, 34 % parfois, et 8 % seulement systématiquement.
L’évaluation des fournisseurs va elle aussi en s’améliorant. Elle repose sur le recours aux labels et certifications (56 %), la vérification de la conformité réglementaire (49 %), des questionnaires acheteurs transmis aux fournisseurs (48 %) et des audits externes effectués par des spécialistes RSE, une pratique qui nécessite un certain investissement financier et que 26 % du panel déclare adopter, contre 22 % l’an dernier.

La formation progresse


Les entreprises et les administrations interrogées ont visiblement accompagnés le déploiement de leur politique achats responsable par des investissements en matière de formation. Au chapitre des freins, le manque d’expertise interne ou de formation descend de cinq points (38 % des personnes interrogées) et passe de la troisième à la quatrième place dans la liste des freins au développement de la politique achats responsables. Les deux premiers obstacles demeurent les contraintes budgétaires (52 %) – particulièrement sensibles dans le public (61 %) –, le manque d’indicateur de mesure ou de référentiel clair (47 %) et des objectifs contradictoires au sein de l’entreprise (40 %). La proportion de réponses à chacune de ses trois propositions est cela dit en baisse par rapport à l’an dernier.
Ces tendances au pragmatisme sont confirmées par la dernière question de l’enquête qui propose aux responsables achats de se projeter dans l’avenir en imaginant quels seront les objectifs des politiques d’achats responsables dans les prochaines années. Après deux premiers objectifs que l’on peut qualifier d’altruiste que sont les valeurs sociales et sociétales et la limitation des risques environnementaux, les répondants pensent tout de suite à l’intérêt de leur entreprise (ou de leur administration) : levier de performance et d’innovation, atout d’image de l’organisation et de ses produits ou services et contribution au développement économique et au développement de l’activité. Vert c’est bien, mais vert et rentable c’est encore mieux.


Méthodologie
Le panel de cette cinquième édition enregistre plus de 80 réponses supplémentaires par rapport à la précédente avec 465 réponses complètes exprimées entre novembre 2013 et janvier 2014. Il s’agit de responsables achats de l’industrie (35 %), du secteur public (34 %), des services (21 %), du commerce (6 %) et d’associations ou autres organismes (4 %). Près de la moitié des répondants du secteur public sont rattachés à un ministère. Dans l’ensemble ces personnes avaient déjà participé aux précédentes enquêtes, ce qui valide les tendances dégagées depuis les premiers résultats de 2009.





Par Guillaume Trécan

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