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La Lettre des Achats - Avril 2006 N°138
Avril 2006

Tendances

Chronique

Les achats en arbitres

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

Les achats en arbitres

Dans ce numéro de La Lettre des Achats, vous trouverez le détail de l’enquête Fevad (Fédération de la vente à distance) annoncée ici même le mois dernier. Que faire pour accélérer les échanges électroniques ? Poser cette question revient aussitôt à en poser une autre : que faire pour moderniser les pratiques de l’État ? Là encore, la société civile paraît moins en retard que les politiques. En matière d’achats, nos entreprises ont quant à elles deux chantiers à conduire : détecter de nouveaux profils et accroître leurs compétences ; adopter de nouveaux outils et développer leurs systèmes d’information. Ce sont nos deux sujets du mois. Le premier aborde aussi la question des équipes multiculturelles, le second évoque toujours la cohabitation entre ERP et outils dédiés. Heureusement, la parole reste au métier et les achats se révèlent de redoutables arbitres.

Revenons à la question des ressources humaines : pourquoi diable fallait-il réveiller la grogne des étudiants en proposant avec le CPE un petit frère au CNE (contrat nouvelle embauche) ? Ce dernier était passé – certes avec difficulté –, semblait faire son chemin et pouvait être étendu progressivement aux entreprises de plus de vingt salariés. Autre étrange idée : réserver ce contrat aux moins de 26 ans et lui coller ainsi deux handicaps : d’une part désigner les jeunes comme une population difficile à employer (or la situation doit être plus contrastée selon les types de formation) et d’autre part accentuer leur exclusion du champ des TPE-PME alors que les étudiants préfèrent déjà trop souvent les grandes entreprises.
Toutefois, rappelons-le : l’idée du CPE, c’est de s’assurer que l’emploi proposé sera durable. Il est aussi fait pour rassurer les entreprises et briser leurs réticences à embaucher alors qu’il reste difficile d’ajuster les effectifs en cas de retournement de conjoncture. La période de deux ans, dite « de consolidation de l’emploi », ne s’est appelée « période d’essai » que pour aligner le CPE sur le CDI qui reste la norme. Le CPE est un CDI. Sur certains points, il offre davantage de garanties aux salariés dans le laps de temps imparti (ouverture de droits, durée du préavis, indemnisation progressive).
Tous ces jeunes gens qui défilent seraient-ils devenus… conservateurs ? Pourtant, n’appartiennent-ils pas à cette génération « Erasmus » habituée à s’inscrire dans des écoles européennes ou à accomplir des stages (en général limités à six mois) hors de l’Hexagone ? La flexibilité qu’ils acceptent ailleurs, pourquoi la refuser ici ? Pour sourire un peu, il y a eu ce dessin dans Le Canard enchaîné, représentant le Premier ministre interpellant un groupe de jeunes avec cette légende : « Revenez, avec le CPE, on vous offre la même chose… ici, en France… ». Nous aimerions aussi les mêmes taux de chômage.
Il y a un lien direct avec les achats. Internationalisation des échanges, mise en concurrence renforcée des fournisseurs, hausse des exigences, flexibilité des engagements, les entreprises doivent s’adapter à cette donne. Mieux vaut le faire de manière volontaire que sous la contrainte. Ne répétons pas la méthode des 35 heures. À l’époque, il n’y avait pas eu de long préavis pour leur mise en œuvre. Ni de cortèges de protestation.

Par François-Charles Rebeix fcrebeix@lettredesachats.fr

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