Publicité
La Lettre des Achats - Septembre 2014 N°230
Septembre 2014

Management

Reportage

SNCF
La transversalité en héritage d’un plan à l’autre

Par Guillaume Trécan

SNCF

La transversalité en héritage d’un plan à l’autre

La direction des achats groupe de la SNCF a relancé un nouveau programme achats quinquenal : Implusia, qui s’appuie sur une organisation de plus en plus matricielle, dans laquelle entrent désormais en jeu des business partners. Une organisation dont l’arrivée de RFF en janvier 2015 ne devrait pas modifier l’esprit.

Le plan Synergi’A avait marqué l’avènement des « nouvelles pratiques achats » au sein du groupe ferroviaire entre 2008 et 2012, place désormais au programme Impulsia pour la période 2013 à 2017. Ses objectifs portent sur quatre axes : « plus de performance, plus de responsabilité, plus d’efficacité et plus de groupe ». La cible communiquée aux acheteurs est ambitieuse : 2,2 milliards d’euros de performance achats tous leviers confondus, qu’ils s’agissent de réductions de coûts, de coûts évités, ou de choix d’investissement. En détail, cela donne 1,05 milliard d’euros sur les achats et charges externes, 750 millions d’euros sur les achats d’investissement et 400 millions d’euros sur l’économie circulaire.
Définie à partir du périmètre historique du groupe de 12,2 milliards d’euros d’achats de la SNCF (hors péages RFF et sous-traitance transport et logistique Geodis), ce plan de performance achats ne devrait toutefois pas être remis en cause par l’avènement du futur gestionnaire d’infrastructure unifiée qui va fusionner la branche SNCF Infra et RFF à partir du 1er janvier 2015, en vertu de la loi de la réforme ferroviaire votée par le parlement entre juin et juillet dernier.

Se coordonner avec différents degrés d’autonomie


Tout comme la direction du Matériels qui gère le matériel roulant (matériel neuf, pièces de rechange, prestations de rénovation), la branche SNCF Infra dispose actuellement d’une délégation de l’EPIC pour gérer les achats spécifiques à son périmètre : rails, ballast, caténaires, travaux, prestations spécifiques telles que l’ingénierie… Tous les achats génériques – fournitures industrielles, travaux, prestations de service telles que le nettoyage, informatique et télécoms, prestations intellectuelles, conseil, intérim… – sont achetés par la direction des achats groupe. Dans le cas des filiales telles que Geodis, Keolis, Thalys ou Eurostar, dans lesquelles le groupe n’est pas toujours majoritaire, la direction des achats de la SNCF coordonne également ses actions, avec des équipes achats autonomes et qui réalisent une part de leurs achats à l’international.
Le projet d’organisation de la SNCF après création du GIU conservera ce principe de répartition des responsabilités entre achats spécifiques aux métiers et achats transverses. La réforme ferroviaire prévoit la création d’un groupe public intégré avec un EPIC de tête et deux EPIC opérationnels : SNCF Réseau, comprenant RFF, SNCF Infra, et la direction de la circulation ferroviaire ; et SNCF Mobilités, regroupant les différentes activités voyageurs ou transport de marchandises et les filiales respectives, telles que Keolis et Geodis. L’EPIC de tête assurera la coordination de l’ensemble, le pilotage global, l’unité sociale, les services partagés, ou encore la cohérence notamment vis-à-vis du tissu fournisseurs...
« Les achats métiers, gérés aujourd’hui par SNCF Infra, le seront au niveau du GIU (SNCF Réseau), ceux du matériel roulant au niveau de SNCF Mobilités. Mais les achats transverses devront être gérés sur l’ensemble du périmètre par un centre de services partagés qui assurera également le pilotage stratégique, notamment financier et diverses fonctions support telles que l’animation de la filière achats en termes de RH et la coordination de notre politique achats responsables », explique le directeur des achats du groupe SNCF, Stefan Bürkle.

Responsable de catégories et business partners


Les notions de transversalité et de coordination sont des axes clefs du programme Impulsia. Elles passent notamment par l’approfondissement du category management. La direction des achats a arrêté une liste de 50 familles d’achats transverses, partagées par au moins deux entités du groupe. Les acheteurs des différentes entités concernées font ensemble la revue des catégories et travaillent ensuite sur un plan d’actions de convergence. « La fonction de category manager n’est pas nouvelle, mais nous voulons la renforcer et la responsabiliser davantage dans sa relation avec les fournisseurs et les clients internes », complète Stefan Bürkle.
Pour apporter une vision de la stratégie achats à l’échelle des différentes entités du groupe, une fonction a en revanche été créée l’an dernier, celle de business partner. « Dédié à la relation avec une branche, le business partner n’a pas d’équipe opérationnelle sous sa responsabilité, mais il est l’interlocuteur du directeur financier ou du directeur exécutif de la branche pour construire son plan stratégique achats, suivre la mise en œuvre de ce plan et participer au comité de pilotage achats de la branche auquel je suis également présent tous les deux mois », décrit Stefan Bürkle. « Ce sont des personnes expérimentées parmi lesquelles on trouve un ancien directeur délégué, d’anciens chefs de département… qui ont une double connaissance, à la fois des métiers et des achats », précise le directeur des achats de la SNCF.
S’il y a bien un sujet sur lequel les efforts de coordination au sein du groupe doivent être effectifs, c’est en matière de pilotage des fournisseurs. « Nous insistons sur l’importance de mener des revues de performance structurées, aux bons niveaux organisationnels, afin de s’assurer avec chacun des fournisseurs que nous sommes bien sur la trajectoire des objectifs fixés. Une animation centrale dans le cadre de ces revues de performance doit aussi améliorer notre capacité à intégrer les propositions innovantes », rappelle Stefan Bürkle. Pour structurer l’animation de ces relations, deux catégories particulières ont été définies : fournisseurs stratégiques et fournisseurs clefs. Les fournisseurs ont d’ailleurs fait l’objet d’efforts de communication exceptionnels au fil de plusieurs conventions organisées au deuxième trimestre 2014.
Avant le 1e janvier 2015, il reste encore à affiner la contribution respective de chacun des EPIC aux objectifs de performance achats du programme Impulsia et à définir l’organigramme de la nouvelle organisation.



Portrait


Stefan Bürkle
,
Directeur des achats groupe

En chiffres
SNCF
Transport
CA 2013 : 32,2 milliards €
Effectif total : 250 000 personnes
Montant des achats groupe : 12,2 milliards € (hors péages RFF et sous-traitance transport et logistique Geodis)
Montant des achats EPIC : 7,5 milliards €
Effectif  achats groupe : environ 1 000 personnes dont 300 personnes sur sites (technicentres, agences, gares…) qui effectuent des actes d’achats et 700 personnes dans différents services achats (Matériel, Infra...).

La direction des achats de l’Epic et les autres services achats
Elle comprend 400 personnes dont une équipe de pilotage et trois entités :
Le CSP Production divisé en deux parties : les achats globaux et les achats territoriaux (achats territoriaux stratégiques et centrales d’achats territoriaux réparties en quatre grandes régions françaises). Le CSP Support qui regroupe les équipes qualité et performance fournisseurs, méthodes et processus, expertise réclamations. Les Business Partners répartis entre SNCF Voyages ; Gares et Connexions ; Régions et intercités, transilien ; et transport et fret maritime. Dans le périmètre des achats groupe et reliés à la direction des achats de l’Epic, on trouve ensuite les achats métiers : SNCF Infra, SNCF Matériel et SNCF Energie.  Les filiales comme Keolis, Geodis, Thalys ou encore Eurostar, qui disposent d’équipes achats autonomes sont reliées à la direction des achats de l’Epic, dans ce cercle groupe, sous forme de coordination.





Par Guillaume Trécan

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°297 - Octobre 2020

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play