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La Lettre des Achats - Septembre 2003 N°109
Septembre 2003

Tendances

Baromètre emploi

La reprise n’est pas pour demain

Par la rédaction

La reprise n’est pas pour demain

Les huit premiers mois de 2003 ne dérogent pas à la règle et s’inscrivent dans la décrue entamée aux achats depuis 2001 : les offres d’emploi se réduisent comme peau de chagrin. La chute se poursuit avec cependant une baisse légère de 978 à 948 annonces de 2002 à 2003, soit quelques pourcents, bien moins importante que les - 27,45 % enregistrés entre 2001 et 2002. Mais les mois de juillet et août 2003 mettent le reste de l’année sous des auspices incertains, d’autant qu’avec 242 offres, l’été 2003 ressemble de très près à l’été 2002 et ses 247 annonces. Comment envisager le second semestre ? Il est peu probable que cette période soit de bon augure pour les jeunes diplômés, déjà touchés pas la faiblesse du recrutement aux achats. La conjoncture se fait incertaine sur les achats et il n’est pas question d’envisager de réelle amélioration avant la toute fin 2003, voire plutôt le début de l’année 2004. Espérons au mieux une certaine accalmie, sinon une stagnation dans la baisse du recrutement.

Un second semestre incertain

Mais la glissade, continue depuis 2000, pourrait se prolonger. L’indice de l’emploi Manpower-L’Expansion confirme le pessimisme général sur l’emploi depuis plus de deux ans déjà. Ce premier semestre 2003 accuse une baisse de l’emploi. D’après l’indice, le mois de juin a vu une diminution des offres de CDI de 30 % par rapport à juin 2002. Les cadres souffrent également de cette récession : 31 % d’offres de CDI en moins de juin 2002 à juin 2003. Et depuis mai 2003, l’emploi a régressé de 1 %.
La baisse de l’emploi peut toutefois être pondérée par quelques prévisions plus optimistes. Ainsi, Manpower ne se contente pas d’accabler le moral des troupes mais promet un peu de répit pour le dernier trimestre 2003. Les anticipations de recrutement seraient, d’après l’étude, en hausse de 3 % pour le troisième trimestre 2003 par rapport au trimestre précédent. Il faut malgré tout nuancer ces anticipations puisqu’elles ne toucheraient que très inégalement les secteurs d’activité. En revanche, il est intéressant de noter que si l’on ne prévoit pas d’amélioration pour l’industrie, les anticipations de recrutement pour la construction, les industries extractives, la production et la distribution d’eau, de gaz et d’électricité, sont stables. Il ne reste plus qu’à espérer une stabilisation pour 2003, ce qui n’est déjà pas si mal.

Les régions en tête

Revenons aux achats. Sur ces derniers mois, Paris n’est plus la capitale du recrutement. Plus de 60 % des annonces concernent un poste en province, contre environ 40 % pour les mêmes mois en 2002. Deux explications à cela : les implantations sont souvent situées en régions et les PME se mettent, doucement, à recruter. L’acheteur est résolument sollicité dans l’Est de la France ou la vallée du Rhône. Ces régions sont suivies par l’Ouest et la Bretagne-Normandie. L’offre de postes à l’étranger n’est en revanche pas plus étoffée que les années passées. Dans près de 70 % des cas, les salaires sont à négocier et c’est à l’acheteur d’effectuer sa proposition. Néanmoins, il est possible d’établir des fourchettes et d’observer les rémunérations accordées. 15,29 % des annonces proposent un salaire annuel compris entre 32 000 et 46 000 euros et 4,96 % entre 46 000 et 76 000 euros. Les salaires supérieurs à 76 000 euros ne concernent que 0,41 % des annonces.

Un acheteur expérimenté

Cette répartition des rémunérations se retrouvent dans les profils recherchés par les offres : 62,55 % s’adressent aux acheteurs. Les responsables achats arrivent bons deuxièmes avec 24,79 %. En revanche, les assistants achats, les coordinateurs achats et les responsables des achats généraux sont peu d’actualité dans les recrutements. L’expérience fait aussi la différence, et il ne s’agit pas d’un nouveau credo. En effet, rien de surprenant à ce que les entreprises privilégient les acheteurs ayant déjà effectué leurs premiers pas dans le monde du travail. Ainsi, pour plus de 70 % des annonces, on recherche un acheteur ayant au moins un an d’expérience professionnelle. Et le profil type du candidat ne connaît pas de grandes modifications par rapport aux périodes précédentes. Les offres s’adressent ainsi pour environ 60 % aux cadres, avec un bagage bac + 4/5. Les entreprises privilégient également les formations scientifiques et sont plus enclines à recruter des ingénieurs. Sensé, car l’industrie suppose un savoir-faire et des compétences techniques indispensables. Enfin, la pratique de l’anglais est requise dans plus de 70 % des offres. Les autres langues ne viennent qu’en complément, notamment l’allemand ou l’espagnol.

L’industrie toujours au premier rang

L’industrie domine le marché de l’emploi et s’impose donc comme le premier recruteur dans les achats. Le public est beaucoup plus timide, ne représentant que 1,89 % du total des annonces. Quant aux services, leur offre fluctue selon les mois, de 9,3 % à 25,9 % des annonces pour mai et juin. Les activités qui recrutent s’insèrent dans ce découpage sectoriel. C’est l’automobile qui tient le premier rang avec 17,62 % des offres. En deuxième et troisième position viennent l’électronique, l’agroalimentaire et la pharmacie ex æquo, avec respectivement 8,97 % et 5,06 % des offres semestrielles – dans des situations cependant très différentes. La dégringolade ne s’arrête pas pour l’informatique et les télécoms. Ceux-ci ne représentent que 2,53 % des annonces du semestre. Dans une mauvaise passe depuis au moins 2002, ils assurent un avenir bien incertain aux jeunes diplômés spécialisés dans ce secteur.

 

 

Source : La Lettre des Achats.
Depuis 2001, on peut observer une baisse du nombre d’offres d’emploi. De - 27,45 % de 2001 à 2002, le pourcentage de variation se réduit cependant, passant à - 3,06 % pour 2002-2003. Les écarts mensuels entre 2002 et 2003 ne sont pas considérables. À l’exception notable de mars 2003 où la différence avec 2002 est de 48 offres. Une différence importante et difficile à expliquer.

 

Source : La Lettre des Achats.
Nous avons comptabilisé 948 offres sur les huit premiers mois de l’année, avec une pointe pour les mois de février et mai à 138 et 130 annonces. Logiquement, les acheteurs sont les plus demandés, avec 593 offres. Viennent ensuite les responsables et les directeurs achats, pour respectivement 235 et 48 annonces. Les offres pour les assistants et les coordinateurs achats sont bien maigres : 11 et 9 annonces pour chacun.

 

Source : La Lettre des Achats.
Sur les huit premiers mois de l’année.

 

Source : La Lettre des Achats.
Sur les huit premiers mois de l’année.
En 2003 comme les années précédentes, les équipementiers et constructeurs automobiles sont toujours les premiers recruteurs avec près de 18 % des offres. Valeo et Faurecia sont en tête des entreprises qui recrutent le plus, avec res-pectivement 25 et 7 offres. À noter aussi la présence du secteur public qui continue à renforcer ses achats, avec la SNCF et DCN (chantier naval). En termes sectoriels, l’électronique est en deuxième position avec 8,97 % des annonces, dans une situation pourtant difficile. En revanche, on constate la faiblesse du recrutement dans le textile ou encore les télécoms et l’informatique.

 

 

 

Par la rédaction

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