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La Lettre des Achats - Février 2020 N°290
Février 2020

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Deloitte CPO Survey
La digitalisation des achats jugée sur son efficacité

Par Guillaume Trécan

Deloitte CPO Survey

La digitalisation des achats jugée sur son efficacité

Dans un zoom sur les entreprises françaises, l’enquête annuelle de Deloitte, CPO Survey met en lumière l’attention que les directeurs achats portent à l’efficacité et fait le lien avec leurs projets en matière de digitalisation.

La version 2019 de l’enquête CPO Survey conduite par le cabinet de conseil Deloitte révèle la montée en puissance de la question de l’efficacité opérationnelle dans les préoccupations des directeurs achats ; cette question devient la deuxième préoccupation la plus citée (70 %), devant l’indéboulonnable réduction des coûts (98 %). Ces résultats recueillis dans le cadre de son enquête mondiale conduite auprès de plus de 500 directeurs achats, concernent une soixantaine de directeurs achats français, sur lesquels Deloitte a choisi de faire un zoom cette année. De cette obsession pour l’efficacité, l’étude glisse naturellement sur le sujet de la digitalisation qui s’avère reconnu comme un levier essentiel d’amélioration de l’efficacité des achats, autant qu’un levier de performance.

Efficacité opérationnelle et des processus en tête


L’efficacité apparaît ainsi en tête de liste des objectifs attribués à la digitalisation des achats, 60 % des directeurs achats du panel de Deloitte s’affirmant complètement ou largement convaincus de ce fait. Les trois autres objectifs de la démarche étant dans l’ordre, l’amélioration de l’expérience utilisateur (56 %), l’engagement des parties prenantes (48 %) et la rentabilité (42 %).
L’amélioration de l’efficacité des processus est également le rôle le plus souvent attribué à l’analyse de données (data analytics), citée par 44 % des personnes interrogées. La réalisation d’analyses avancées orientées réduction des coûts arrive cette fois en deuxième position, citée par 38 % du panel. Troisième proposition retenue, l’optimisation du portefeuille fournisseur, n’est citée que par 28 % du panel. Une telle démarche peut servir directement des objectifs de réduction des coûts, mais pas systématiquement, sachant que le renforcement des partenariats fournisseurs est le premier objectif stratégique des douze prochains mois, cité par 40 % des témoins de l’étude.

La gestion des risques sous-exploitée


Toujours concernant les applications d’outils d’analyse de données, seuls 20 % des directeurs achats interrogés disent actuellement utiliser la Data Analytics à des fins de réduction des risques ou pour chercher des renseignements sur des marchés. C’est peu, non seulement au regard des possibilités développées par les éditeurs grâce à l’intelligence artificielle (voir notre enquête dans la Lettre des Achats n°283), mais aussi si l’on en juge la montée en puissance de la question des risques pour les directions achats.
La question de la gestion des risques demeure une préoccupation toujours plus brûlante des directeurs achats, comme le rappelle le CPO Survey de Deloitte, dans ses premières questions. La reconnaissance de l’importance du rôle des Achats dans les prises de décision dans l’entreprise en matière de gestion des risques est ainsi passée en un an de 67 % à 72 % du panel.
La gestion des risques n’est pourtant que le sixième item cité par les participants à l’étude Deloitte en ce qui concerne leur usage des nouvelles technologies : 40 % des personnes interrogées disent utiliser toujours (12 %) ou souvent (28 %) les nouvelles technologies pour la gestion des risques.

Les usages surtout dans le transactionnel


Pour l’heure, les usages les plus intensifs des nouvelles technologies sont à trouver dans le champ transactionnel. En premier lieu dans le processus demande d’achats à commande (44 % toujours et 28 % souvent), puis dans le processus de paiement (40 % toujours et 26 % souvent).
Pourtant, interrogés sur les processus achats qui seront les plus impactés dans les cinq prochaines années par le digital, c’est bien la gestion des risques qui est citée en premier lieu par les directeurs achats (36 %). Le transactionnel (demande d’achats à la commande) reste un champ d’application évident, cité en deuxième position par un quart des répondants (25 %). Mais le décisionnel, « planification des activités et élaboration de la stratégie achats », s’adjuge la 3e place, cité par 16 % du panel. Tout comme les risques, ce sujet reste à l’heure actuelle en bas de la liste des processus achats dans lesquels les technologies achats sont le plus souvent utilisées (6 % toujours et 34 % souvent), juste derrière le sourcing (10 % toujours et 42 % souvent).
Nul doute que ces perspectives de nouveaux usages deviendront réalité si l’on en juge par la conviction affirmée par les directeurs achats de l’intérêt d’une stratégie digitale achats pour améliorer la performance des achats de l’entreprise. Ils sont cette année 28 % à s’affirmer complètement convaincus de ce point en 2019, contre 17 % en 2018.

Obstacles : les données, les « sponsors », les compétences


Cela étant dit, les obstacles à l’implémentation des technologies digitales ne sont pas minces. Sans surprise, la question des données est le point central en la matière. Des données qui sont avant tout insuffisamment intégrées (52 %), dont la qualité n’est pas au rendez-vous (44 %) ou peu disponibles (22 %). Plus préoccupant quant à la cohérence des démarches de digitalisation des achats, le problème d’« approbation et priorisation limitées des sponsors » est le troisième frein le plus souvent cité.
Si la direction n’est pas toujours un soutien sans faille de ces démarches de digitalisation, la base n’aide pas non plus à faire avancer la question. En effet, les compétences des équipes achats en matière de digital ne sont pas toujours au rendez-vous. Près de la moitié du panel (48 %) estime que les compétences de leur équipe en la matière sont faibles (38 %), voire inexistantes (10 %).
Mais là aussi il s’agit probablement d’une situation transitoire étant donné que 52 % des directions achats estiment leurs compétences très bonnes (8 %) ou suffisantes (44 %). Coïncidence ou pas, la proportion des directions achats qui ont créé une catégorie d’achats « digitale » est presque au même niveau : 54 %.









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