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La Lettre des Achats - Septembre 2020 N°296
Septembre 2020

Éditorial

Deuxième vague

Par François-Charles Rebeix

Deuxième vague

Non, aucune allusion directe ici à la Covid 19. Mais plutôt à ses conséquences. Après la crise sanitaire, la crise économique sévère qui s’amorce voit refleurir de nouvelles ambitions en matière de relations interentreprises. Plus collaboratives, plus solidaires, plus responsables. Et vous savez quoi ? Les Achats reviennent. C’est ça la nouvelle vague1. Chaque crise fournit l’occasion d’un retour sur le devant de la scène. Les mots d’ordres ne manquent pas. Florilège de ces injonctions ici : payez vos fournisseurs, des appels d’offres, vite, des commandes ensuite bien sûr, soutenez les plus petits d’entre eux (sinon les plus fragiles), des ETI aux PME jusqu’aux indépendants.

Les Achats au centre du jeu, vraiment ? À condition de viser plus haut. Avec leurs outils d’évaluation des besoins, d’interrogation des marchés, de gestion de projets, de conception en coûts complets, d’accompagnement d’équipe multicompétences, des fournisseurs aux clients, des organisations bien dimensionnées, performantes, secteur privé ou public, existent. Nous les connaissons (Top 250 des Organisations Achats 2020, 22e édition). La crise que nous traversons devrait leur faire franchir une nouvelle étape, une nouvelle marche vers plus de responsabilités. Des responsabilités stratégiques, s’entend, dans ce monde qui change.

Le plan de relance français (100 milliards d’euros dont 40 en provenance de l’Europe et une enveloppe de 35 milliards pour l’industrie) aiguise la curiosité et les appétits. Enjeu principal : « flécher » (expression d’ores et déjà très tendance) nos investissements en faveur d’une transition écologique et d’activités industrielles relocalisées. Nuance : il sera sans doute difficile de faire revenir des fabrications largement délocalisées ces vingt dernières années. Il faudra plutôt veiller à localiser nos futurs moyens de production sur le territoire. Pour réduire notre dépendance. Un exemple parmi tant d’autres : le plan hydrogène (7 milliards d'euros sur dix ans) devrait mobiliser nos champions industriels pour « bâtir une filière décarbonée de portée industrielle » qui s’annonce comme notre futur or noir (ou bleu, c’est de l’eau à la base, après tout…).

L’occasion nous était donnée de faire le tour des principales filières industrielles à l’heure de cette rentrée pas comme les autres. L’automobile, la mécanique, l’aéronautique, voilà autant de secteurs qui bien que fortement impactés par la crise regardent comment créer un véritable collectif, des grands donneurs d’ordres aux sous-traitants. L’État veille à travers différentes instances (Outre la Médiation, la Direction Générale des Entreprises, le Conseil National de l’Industrie, etc.). Le mouvement de regroupement ne date pas d’hier. Reste à savoir s’il va muer du (simple) collectif à une vraie solidarité interentreprises, voire inter-filières… L’enjeu est de taille : “promouvoir des substituts locaux au sourcing lointain”. En langage technocratique, c’est bien dit. Réorienter vers des acteurs plus régionaux, c’est bien. Les consolider pour les aider à innover, ce sera mieux. À voir comment les Achats traduiront ces choix. L’étude PWC-CNA-DGE-CNI chiffre à 382 milliards d’euros les achats stratégiques qui pourraient être localisés. Une centaine de catégories de produits a été identifiée à travers cinq filières. Les Achats sont bien au carrefour de toutes nos mutations. Bonne rentrée !

 

1 Titre déjà employé dans la LDA196 juillet-août 2011

Par François-Charles Rebeix

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