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Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

Arbel Fauvet Rail

Arbel Fauvet se remet sur les rails

Après des années 2002 et 2003 difficiles, le fabricant de wagons Arbel Fauvet Rail veut redresser la barre. Deux nouvelles commandes, pour un total de 345 wagons, devraient relancer l’activité. Avec un rôle accru du service achats qui multiplie les pistes de travail : ouverture du panel fournisseurs vers l’Europe de l’Est, raisonnement en fonction plutôt qu’en composants et réduction des coûts de 8 %. Un exercice rendu complexe par la hausse du prix de l’acier.

Dans le plan de relance bientôt finalisé du groupe, les achats ont toute leur place : « Avec 65 % du chiffre d’affaires, nous sommes les premiers à être sollicités pour réduire les coûts. Nous avons d’ailleurs des objectifs ambitieux », explique Angelita Piotrowski, la responsable des achats. 8 % de réduction du coût total d’achat ont ainsi été fixés aux acheteurs par la direction générale. Pour atteindre ce chiffre, différents leviers sont actionnés par les acheteurs. Parmi les moyens mis en place, il peut s’agir de sortir des frontières. « Jusqu’ici, nous achetions beaucoup en France. Pour des produits non risqués, telles des pièces forgées non homologuées SNCF ou de petites mécano-soudures, qui sont des achats récurrents sur des séries moyennes, nous pouvons utiliser des fournisseurs d’Europe de l’Est. La réduction obtenue est de l’ordre de 10 % », précise Angelita Piotrowski. Pour atteindre ce résultat, il faut cependant veiller à bien prendre en compte l’importance du transport. De plus, si l’Europe de l’Est est actuellement favorable, l’inflation y demeure élevée et les coûts augmenteront nécessairement avec l’intégration européenne. « Parallèlement, nous voulons donc continuer de travailler avec nos fournisseurs habituels », poursuit-elle

Élargir le panel fournisseurs

Mais les acheteurs travaillent aussi les produits de catégorie A, comme les essieux, avec une mise en concurrence à l’échelle européenne. « Désormais, nous disposons de deux fournisseurs homologués SNCF en Europe de l’Ouest. En plus de notre fournisseur français, nous recourons à un fournisseur espagnol, avec des gains à la clé », ajoute la responsable des achats, sans apporter plus de précisions. Dans le même temps, Arbel travaille à acheter des fonctions plutôt que des composants. « Auparavant, nous achetions des essieux et des boîtes séparément ; maintenant, nous achetons la fonction complète auprès du fabricant qui nous livre directement en essieux montés boîtés », reprend Angelita Piotrowski. Les gains sont alors indirects : « Ce mode de fonctionnement nous évite de réaliser des manipulations en interne ; notre trésorerie s’en ressent aussi puisque nous réduisons les décalages entre les différents fournisseurs ». Le groupe d’ailleurs a entamé la même démarche avec des ensembles complets de traction.

Sécuriser l’achat

Autre axe de travail en réflexion, les produits de substitution, notamment lorsqu’Arbel Fauvet Rail fait face à des monopoles, pour certaines pièces forgées homologuées SNCF par exemple. Cependant, ce changement prend du temps parce qu’il faut procéder à l’homologation des nouveaux fournisseurs. Mais l’impact est alors double, sur les prix mais aussi sur la sécurisation de l’approvisionnement. « Il faut intégrer ce dernier point dans notre raisonnement et ne pas se limiter au seul coût d’achat. D’où l’intérêt d’avoir plusieurs fournisseurs. Et même si nous les mettons en concurrence, nous restons fidèles à nos anciens fournisseurs, toujours dans ce souci de sécurisation du panel. En cas de problème avec l’un d’entre eux, il ne faut négliger aucune source », détaille la responsable.
Une limite à ces différentes actions : la hausse des coûts de l’acier. La Chine pousse en effet à l’inflation sur les produits sidérurgiques, en tirant les prix de la production européenne vers le haut. « Nous essayons de bloquer les prix en prenant des engagements d’achat auprès de nos fournisseurs, même si nos commandes ne sont pas encore formalisées », poursuit Angelita Piotrowski. Et quitte à créer des stocks qu’il reste difficile de gérer financièrement. Il n’est pas non plus simple de procéder à des réservations importantes, parce que les fournisseurs, dans la même situation que leurs clients n’en ont pas toujours la possibilité. « Il n’est pas évident de bloquer des options et l’ensemble de l’industrie est maintenant touchée. Cette situation très préoccupante devrait se poursuivre en 2004 et peut-être même persister au début 2005. Nos métiers dépendent directement de cette matière première et la situation est difficile à gérer » (voir aussi page 28).
Arbel Fauvet Rail a reçu récemment deux commandes, l’une de 245 wagons porte-auto et l’autre de 100 wagons couplés porte-conteneurs. « Ces volumes sont importants. Ils devraient nous permettre de relancer l’activité en 2004 et jusqu’en 2005. Avec nos fournisseurs, les négociations devraient s’engager plus simplement. C’est le véritable levier achats pour les motiver à travailler avec nous sur une activité à moyen terme. Mais malgré tout, avec la hausse du prix des produits sidérurgiques, ils prennent eux aussi un risque potentiel », conclut la responsable des achats.

 

Angelita Piotrowski 
(Esap 2000) a effectué l’essentiel de sa carrière au sein d’Arbel Fauvet Rail où elle occupe la fonction de responsable des achats depuis cinq ans.

 

Les produits d’Arbel Fauvet Rail
• wagons-citernes gaz, chimiques
et pétroliers
• wagons porte-conteneurs
et multimodaux
• wagons-trémies et wagons
pour pulvérulents
• wagons porte-autos et autres wagons
• wagons à usages spéciaux
• bogies de wagons
• conteneurs-citernes IMO 1, IMO 5

 

Arbel Fauvet Rail

Fabricant de wagons de marchandises
Chiffre d’affaires : 104 millions d’euros
Montant des achats
65 % du chiffre d’affaires
Effectif : 680 personnes
Effectif achats : 6 acheteurs (les approvisionnements sont gérés à part)
Après une perte de 2 millions d’euros en 2002, Arbel ne devrait pas faire mieux en 2003. Un plan de relance est prévu, avec la suppression d’une centaines de postes. 16 millions d’euros devraient être levés pour remettre l’entreprise à flot.




 

Par Guillaume Pommereau gpommereau@lettredesachats.fr

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