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Aluminium

« Certains acteurs comme Glencore ou Goldman Sachs entretiennent la pénurie »



En février 2013, l’aluminium dépassait les 2 100 dollars la tonne. Comment expliquer son net repli en l’espace d’un an ?

Le marché de l’aluminium se caractérise par une situation de surproduction chronique. Après un recul de près de 21 % en 2013, le prix du métal léger a encore cédé 7,8 % en janvier, pour s’établir à 1 660 dollars la tonne, un plus bas de quatre ans. L’Europe a certes multiplié les fermetures d’usines depuis un an et demi. Mais à l’opposé, la Chine et les Emirats Arabes Unis ont ouvert des unités de raffinage en masse. Fin 2013, les capacités de production chinoises culminaient à 32 millions de tonnes, contre 28 millions de tonnes pour le reste du monde. En 2014, les capacités de production chinoises pourraient même grimper à 34 millions de tonnes

Pourtant, les primes acquittées pour être livrés sans délais par les acheteurs d’aluminium grimpent. A quoi est dû ce paradoxe ?

Il est en effet tout à fait contradictoire de voir ces primes à la livraison, qui s’ajoutent au prix de l’aluminium, se renchérir dans un environnement défavorable. Les stocks du LME culminent de fait à 5,5 millions de tonnes. Mais certains acteurs comme Glencore ou Goldman Sachs, qui détiennent les entrepôts du LME, entretiennent la pénurie. Leurs délais de livraison s’élèvent à 18 mois. Pour être livrés immédiatement, les industriels en Europe doivent par exemple s’acquitter d’une prime d’environ 265 dollars par tonne. Les délais étant de plus en plus long, la prime grimpe. Mais le système actuel doit être réformé en avril, en faveur de plus de fluidité.

Cette réforme va-t-elle se solder par un renchérissement l’aluminium ?

L’impact de cette réforme est difficile à prévoir. Les délais de livraison ne vont pas fondre comme neige au soleil. De plus, les achats auprès des entrepôts du LME sont souvent régis par des contrats à long terme. Une hausse instantanée des cours de l’aluminium de 50 à 100 dollars n’est toutefois pas exclue en avril. Reste que les déceptions de ce début d’année en Chine et aux Etats-Unis, avec de mauvais indicateurs de l’activité industrielle, ne militent pas pour une appréciation de l’aluminium. Son prix devrait continuer à fluctuer autour des 1 700 dollars la tonne à moyen terme.


Portrait


Léopold Michallet
, analyste matières premières chez Prim’ Finance

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