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La Lettre des Achats - Septembre 2019 N°285
Septembre 2019

Marchés

Conjoncture

Productivité : les signaux d’une récession passent au rouge

Les signaux d’une récession passent au rouge

Témoignage

Stéphane Déo - Stratégiste - La Banque Postale AM
« Un risque de récession à 30 % dans les douze prochains mois »

Par la rédaction

Stéphane Déo - Stratégiste - La Banque Postale AM

« Un risque de récession à 30 % dans les douze prochains mois »

Le risque de récession semble gagner du terrain. Sur quels indicateurs avancés est fondé ce scénario ?

L’inversion de la courbe des taux constitue un signal historiquement pertinent pour prédire les récessions. En temps normal, la courbe des taux affiche une pente positive. Plus les maturités sont longues, plus les taux d’intérêt sont élevés. Mais avant l’été, nous avons assisté aux États-Unis à une inversion de la courbe des taux. Les taux à dix ans sont passés sous le niveau des taux à un an. Cela signifie que les marchés financiers anticipent une croissance moins forte dans le futur qu’actuellement. Une récession n’est toutefois pas certaine. Cette inversion de la courbe des taux peut simplement préfigurer un ralentissement de l’activité économique dans les six à douze prochains mois, voire deux ans. Le timing reste difficile à pronostiquer.

Ce risque de récession est-il fort ?

Au-delà de l’inversion de la courbe des taux, le Fed de New York dispose d’un indicateur synthétique basé sur un modèle économétrique d’une grande fiabilité. Actuellement, il évalue le risque de récession à 30 % dans les douze prochains mois. Historiquement, à chaque fois que ce niveau a été touché, l’économie américaine, voire mondiale, est tombée en récession.

L’Europe est-elle aussi menacée ?

En Europe, la courbe des taux est également extrêmement plate, conduisant au même diagnostic pour l’économie de la Zone euro que pour les États-Unis. L’Europe aurait d’ailleurs bien du mal à résister à une récession outre-Atlantique, les économies du vieux continent ne se montrant pas depuis le début de l’année 2019 sous leur plus beau visage. Notre scenario ne privilégie toutefois pas une récession mondiale mais un tassement de la croissance face aux incertitudes liées à la guerre commerciale menée par les États-Unis.

Quelle est la situation dans les pays émergents ?

La fin du cycle de hausses des taux engagé par la Fed américaine depuis 2015 constitue une bonne nouvelle pour les pays émergents. Avec des devises souvent indexées sur le dollar, le poids de la dette des pays émergents devrait en particulier se réduire. Nombre de pays ont en outre engagé un assouplissement de leurs politiques monétaires pour permettre à leurs économies de respirer. Le changement est notable à l’échelle planétaire. Sur les 45 principales banques centrales que nous suivons à travers le monde, une écrasante majorité avait augmenté ses taux en 2018. Sur le premier trimestre 2019, pratiquement aucune banque centrale n’a modifié sa politique monétaire et sur le deuxième trimestre une majorité a baissé ses taux, dont l’Australie, l’Inde, la Malaisie… Le bémol réside dans la montée des barrières commerciales, ces pays restant très dépendants des échanges internationaux.

Par la rédaction

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