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La Lettre des Achats - Novembre 2019 N°287
Novembre 2019

Matières premières

« Un excellent indicateur de la santé du secteur de l’électronique »

Par la rédaction

en hausse

« Un excellent indicateur de la santé du secteur de l’électronique »

Dans un contexte de forte tensions géopolitques, entre les Etats-Unis et la Chine d’une part, entre la Corée du Sud et le Japon d’autre part, la demande d’étain patine et les prix sont maintenues à des niveaux très bas, en dépit des tentatives de réaction des producteurs Indonésiens.

Le prix de l’étain s’est déprécié de pratiquement 20 % depuis janvier. Comment expliquer cet accès de faiblesse ?

En début d’année, le prix de l’étain était robuste, la tonne ayant même flirté avec les 22 000 dollars fin février. Cette situation s’expliquait en grande partie par les perturbations sur l’offre en provenance d’Indonésie. Les fonderies privées s’étaient vu interdire par le gouvernement central d’exporter. Mais compte tenu de la faiblesse de la demande, dans un climat de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le prix de l’étain a chuté sous les 16 000 dollars début septembre. Les tensions entre le Japon et la Corée du sud au début de l’été ont également contribué à ce repli. Le conflit commercial et diplomatique entre Tokyo et Séoul s’est nettement envenimé après que la Cour suprême de Corée du sud a exigé des compensations auprès de deux compagnies japonaises pour le travail forcé subi par les civils coréens durant l’occupation japonaise lors de la seconde guerre mondiale. En réponse, Tokyo a imposé des restrictions sur ses exportations de trois produits chimiques essentiels à la production de semi-conducteurs. Bien que l’étain soit très peu utilisé dans les semi-conducteurs, ils constituent un excellent indicateur de la santé du secteur de l’électronique, très gourmand en étain.

Comment se comporte désormais la demande d’étain ?

La demande d’étain reste relativement faible dans toutes les grandes zones économiques du globe. Nous estimons actuellement, au regard des données préliminaires collectées, que la demande au troisième trimestre devrait afficher un repli de 2 000 à 3 000 tonnes par rapport au deuxième trimestre. Le marché de la soudure est le principal débouché pour l’étain, en connexion directe avec le marché des semi-conducteurs. Or, la Semiconductor Industry Association a indiqué en juillet que les ventes de semi-conducteurs avaient plongé de 14,6 % sur un an à 33,1 milliards en mai. La demande d’étain en provenance des secteurs de la chimie et de l’emballage est également en berne.

Comment expliquer le léger rebond du prix de l’étain en septembre ?

Les fonderies d’étain chinoises ont annoncé en septembre leur intention de réduire leur production compte tenu de la faiblesse des cours. Mais la production chinoise d’étain raffiné a déjà reculé de 8 % sur les sept premiers mois de 2019. Tout porte à croire, que les baisses promises ont en réalité déjà été mises en œuvre. L’Indonésie a pour sa part réduit sa production d’environ 8 %, contribuant au bref rebond du prix de l’étain au-dessus du seuil des 17 000 dollars la tonne. Depuis, son cours est revenu fluctuer autour des 16 750 dollars.

Dans ce contexte, le prix de l’étain est-il invariablement appelé à s’apprécier ?

D’ici la fin 2019 et en 2020, le prix de l’étain devrait s’établir autour de son niveau actuel de 17 000 dollars la tonne, compte tenu d’un environnement macroéconomique qui restera sous pression avec la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. À moyen terme, nous tablons sur un prix de l’étain évoluant dans la fourchette des 18 000 à 20 000 dollars, la demande progressant historiquement de 1 % à 2 % par an.
Portrait

James Willoughby,

Market Analysis, International tin association

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