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La Lettre des Achats - Octobre 2020 N°297
Octobre 2020

Marchés

Entretiens

Eric Sarrat - Directeur général - GT Logistics
« Nous sommes parfois plus proches de la délégation de production que de la logistique »

Matthieu Sarrat - D-Directeur - GT Solutions
« Le reporting devient aussi important que le colis pour nos clients »

Par Jean Chabod Serieis

Eric Sarrat - Directeur général - GT Logistics

« Nous sommes parfois plus proches de la délégation de production que de la logistique »

Eric Sarrat est le directeur général de GT Logistics, branche du groupe GT, entreprise familiale. Spécialisé dans les services logistiques à l’industrie,GT Logistics, dont l’activité tend parfois ver la délégation de production, entend s’adapter à la demande de nouveaux services très variée exprimée par ses clients. Bien implanté dans l’automobile, l’aéronautique, la chimie et la défense, il perçoit de nouvelles opportunités dans la santé, la pharmacie et l’agroalimentaire.

Quel a été l’effet de la crise Covid sur vos activités ?

Nous terminerons l’année avec un chiffre d’affaires d’environ 62 millions d’euros contre 65 millions d’euros l’année passée. Cela correspond à une perte d’environ 20 % sur le chiffre d’affaires escompté, ce qui s’explique par notre forte présence dans l’aéronautique et l’automobile, deux secteurs qui ont pris la crise de plein fouet. Ce ralentissement brutal nous a amenés à stopper la distribution des dividendes auprès des actionnaires, qu’ils soient familiaux ou salariés.

Quels secteurs vous ont permis de maintenir l’activité ?

La Défense pour commencer, avec nos clients de l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Bretagne, de la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), de Safran Electronics & Defense et plus modérément de Nexter. Nous menons une politique d’ouverture vers le monde de la réserve, soit en soutenant le départ de nos salariés vers des activités de réserve de l’armée, soit en accueillant d’anciens soldats en reconversion, dans le cadre du programme Défense mobilité. Côté aviation, si la «civile» a été bien touchée, l’aéro-militaire a connu une activité soutenue.

Et côté industrie ?


La reprise est mitigée dans l’automobile, à l’image de PSA, dont l’activité sur les pièces détachées a bien repris mais dont la production redémarre seulement depuis la rentrée ; je pense notamment à la production de la 3008 sur le site de Sochaux (Doubs). La chimie nous a permis de traverser cette crise, avec certains sites comme chez Arkema qui ont connu la surchauffe pour la production de gel hydroalcoolique. Parallèlement, notre activité commerciale nous a permis de regagner environ 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, notamment auprès d’ArcelorMittal, du CEA (avec qui nous avons doublé les contrats) et de Teréga.

Quels avantages à être une entreprise familiale dans une crise comme celle-là ?

D’une part, on s’explique entre nous, d’autre part la pression financière est très faible. Pour certains membres de la famille, il y aura certes des baisses de revenus, mais ce sera supportable. Et puis nous voyons sur le très long terme en préparant les jeunes futurs actionnaires : le plus âgé d’entre eux est en terminale ! Le capital est en effet détenu à 91 % par la famille et le reste par les salariés et cadres.

La crise vous a-t-elle forcé à la diversification ?

Elle nous a montré que nous devions être plus forts dans la santé et la pharmacie, ainsi que dans l’agroalimentaire. Ce sont des secteurs qui, par habitude, externalisent moins que d’autres. Mais les nouvelles contraintes budgétaires que la crise leur impose pourraient nous ouvrir ces secteurs.

Côté GT Logistics, vers quels nouveaux services vous orientez-vous ?

Certains de nos clients nous demandent des prestations inattendues : du facility, telle que la collecte et la distribution de courrier, le standard téléphonique en anglais, la gestion de badges dans des grosses structures, le déménagement de bureaux, le gardiennage, etc. Nous allons développer ces services plus durablement.

Comment jugez-vous l’évolution des appels d’offres Logistique ?

Nos clients émettent des appels d’offres de plus en plus ouverts. Ils recherchent des solutions qui ne sont pas forcément décrites dans le cahier des charges : il faut désormais s’attendre à travailler avec des concurrents, à changer quelques prestations en cours de contrat, etc. Au bout du compte, le livrable est différent de ce qui était prévu, cela demande une certaine souplesse. Par ailleurs, j’ai remarqué que les durées contractuelles étaient de plus en plus courtes – les contrats courant sur 18 mois sont désormais considérés comme longs – mais les renouvellements fréquents. De fait, la durée réelle a tendance à s’allonger.

Quel message adressez-vous aux acheteurs et donneurs d’ordres ?

Nous sommes le partenaire de l’ombre du monde industriel. À tel point que nous sommes parfois plus proches de la délégation de production que de la logistique. Nous n’avons pas de camion à notre nom, ni d’entrepôt à notre marque. C’est pourquoi nous voulons sortir de l’ombre. En faisant notamment savoir que nous avons une capacité d’intervention financière forte, que nous mettons à disposition de nos clients pour compléter une prestation logistique. Cela peut être un équipement lourd, un entrepôt : nous investissons pour le compte du client, sur des durées longues. Et les deux contrats seront découplés : la partie immobilière ou machine portera sur six à neuf ans (temps de l’amortissement), et la prestation elle-même sera sur trois ou cinq ans, de façon à de ne pas piéger l’acheteur.
Portrait
Eric Sarrat  (Diplômé de Sciences Économiques à l’Université de Bordeaux I, DESS en gestion et Pratique des Organisations IAE de Bordeaux) a intégré l’entreprise familiale fondée par son grand-père Gaston Trochery, en 1974 en qualité de Directeur commercial. Il prend les fonctions de PDG de GT Location en 1978. En 2001, Eric et Michel Sarrat, jusqu’ici directeur général de GT,  se partagent les deux activités du groupe : route et logistique. Ainsi nait GT Logistics, qu’Eric Sarrat préside, alors que Michel Sarrat reste aux commandes de GT Location qu’il rebaptise GT solutions en 2019 avant de confier les rennes à son fils Matthieu Sarrat.

En chiffres
GT Logistics
Chiffre d’affaires : 62 M d’€ (estimation 2020)
Effectif : 1 037 personnes
Six filiales, correspondant à des homologations : Seveso, normes ISO, Confidentiel ou Secret Défense, etc. Les références gérées et les commandes dépendent de chaque filiale.









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