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La Lettre des Achats - Décembre 2020 N°299
Décembre 2020

Management

Dossier

Le bio : casse-tête pour l’acheteur ?

Le bio, casse-tête pour l’acheteur ?

Les principaux labels biologiques

Témoignage

Benoît Soury - Directeur du marché bio - Carrefour
« Les fournisseurs bios ne sont pas en mesure de suivre les demandes »

Par la rédaction

Benoît Soury - Directeur du marché bio - Carrefour

« Les fournisseurs bios ne sont pas en mesure de suivre les demandes »

Les acheteurs du groupe Carrefour travaillent avec plus de 2 000 fournisseurs bio et proposent des mesures d’accompagnement avec des contrats sur trois à cinq aux producteurs conventionnels qui souhaitent convertir leur production.

Avec plus de 1 000 références bios à la fois dans les produits frais et transformés, les cosmétiques et le textile, comment sélectionnez-vous vos fournisseurs ?

Aujourd’hui, les Français demandent du bio local, donc des produits de proximité. Un périmètre qui est défini dans la région où vivent les consommateurs surtout sur les produits non transformés. Mais pour les produits transformés nous sourçons sur tout le territoire. Nous avons aussi la possibilité de sourcer en dehors des frontières lorsque la production est insuffisante en France.

Vous sélectionnez vos fournisseurs de plusieurs façons ?

Nous visons en premier nos 19 000 producteurs partenaires traditionnels. Bon nombre d’entre eux ont l’ambition d’évoluer vers le bio en augmentant leurs surfaces d’exploitation. Ensuite, nous sourçons des fournisseurs potentiels dans le cadre de réunions d’achats organisées une fois par an sur nos sièges régionaux. Les salons agricoles sont aussi des occasions de rencontres ainsi que les conventions achats organisées par les régions. Nous travaillons aujourd’hui avec plus de 2 000 partenaires bios dont 800 pour les fruits et légumes

Quelles sont vos difficultés ?

C’est un marché atypique car les fournisseurs bios ne sont pas en mesure de suivre les demandes du public. C’est l’une des grandes difficultés du sourcing mais comme nous sommes engagés sur ce marché depuis 1992, nous nous sommes adaptés pour être au plus près des producteurs. C’est ainsi que trente entrepôts régionaux disséminés sur tout le territoire achètent les fruits et légumes et une équipe d’acheteurs s’occupe de sourcer les produits frais bio-locaux.

Quelles sont les qualités de ces acheteurs ?

Ils doivent connaître parfaitement leurs territoires. Nous les formons grâce à des modules de e-learning afin qu’ils assimilent les certifications fournisseurs, leurs durées de validité ainsi que les exigences des cahiers des charges. Nous recrutons des acheteurs qui ont plutôt des profils agros.

Pour vos producteurs partenaires qui décident de s’engager vers le bio, vous les accompagnez ?

Pour ceux qui décident de se convertir ou de réserver des parcelles à l’agriculture biologique, nous signons un contrat de trois ou cinq ans au lieu des contrats classiques d’un an car trois années d’attente sont nécessaires pour construire un produit bio. Nous nous engageons à acheter une partie de leur production qui ne peut pas excéder 40 % car nous ne voulons pas créer de dépendance. Ensuite, le prix d’achat sera majoré car nous tenons compte du fait que le producteur ne se sert plus d’engrais chimique et donc sa production sera moins importante.
Le développement de ces filières est long…
Le temps n’est pas le même en effet. Sur la filière du coton bio par exemple, nous avons travaillé pendant plusieurs années sur la sélection de graines sans OGM en accompagnant les agriculteurs en Inde. Nous finançons un programme de suivi de ces agriculteurs avec la fondation Carrefour pour être certains que les bonnes pratiques sont utilisées. Nous projetons de faire de même pour la filière lin.

Par la rédaction

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