Publicité
La Lettre des Achats - Juillet - Août 2019 N°284
Juillet - Août 2019

Marchés

Conjoncture

Productivité : La productivité mondiale au point mort

La productivité mondiale au point mort

Témoignage

Gilbert Cette - Professeur d’économie - Université d’Aix Marseille
« Les bénéfices des révolutions ont toujours mis du temps à se diffuser »

Par la rédaction

Gilbert Cette - Professeur d’économie - Université d’Aix Marseille

« Les bénéfices des révolutions ont toujours mis du temps à se diffuser »

La productivité mondiale est tombée à des niveaux historiquement bas. Un sursaut est-il envisageable ?

Les gains de productivité pourraient remonter jusqu’à 3% contre moins de 1% actuellement. Cette vague numérique aura toutefois ses gagnants et ses perdants. C’est le propre de toute révolution. Dans les années 30, l’Argentine affichait des niveaux de développement comparables aux pays les plus avancés. Puis, son économie a décroché au passage de la deuxième révolution industrielle. Ce décrochage s’explique par des carences en matière d’institutions. Les interventions de l’État sur le terrain de la régulation, des réglementations et de l’éducation… n’ont pas su accompagner la deuxième révolution industrielle.

A quelle échéance pensez-vous que la révolution digitale va doper la productivité ?

Difficile de faire un pronostic précis. Après 25 ans de digitalisation, les gains de productivité associés au cycle de diffusion des TIC restent assez faibles en comparaison de ceux liés à la deuxième révolution industrielle. Mais nous sommes encore au début du cycle. Et historiquement, les bénéfices des révolutions ont toujours mis du temps à se diffuser. Entre l’invention de la machine à vapeur et les pleins bénéfices de la première révolution industrielle, plusieurs décennies se sont écoulées. A la fin du XVIIIe siècle, la machine à vapeur a d’abord profité à l’industrie puis à la fin du XIXe au le transport ferroviaire qui a transformé les économies au niveau planétaire.

Quels pays sont susceptibles d’être dans le wagon de tête de la révolution digitale ?

En Europe, les pays scandinaves sont a priori les mieux placés. Ces pays affichent une grande agilité à la fois institutionnelle et économique. Pour les autres pays en Europe, le scenario reste à écrire. L’Italie subit nombre de blocages. A l’opposé, l’Espagne est un pays relativement agile, mais partant d’assez bas. La crise a montré qu’il y avait de grandes inadaptations. Même si l’Allemagne est dans une position enviable, elle accuse aussi d’importantes rigidités. Pour sa part, la France est à la croisée des chemins. Le potentiel existe mais les réformes doivent être poursuivies. Après le marché du travail et la fiscalité du capital, il faut mener les réformes de la formation professionnelle, de la formation initiale et s’atteler plus largement à la réforme de l’État.

Les Etats-Unis et la Chine seront-ils les vainqueurs de la révolution digitale ?

Sur la Chine, il existe un gros débat entre les économistes. Certains comme Daron Acemoglu estiment que la Chine est condamnée à ne pas être sur la frontière technologique et du développement. Jusqu’ici, il était en effet admis que les flexibilités indispensables à la diffusion des chocs technologiques ne pouvaient aller de pair avec la dictature. Seule la liberté permettait de valoriser les innovations. Mais la Chine a déjà su déjouer nombre de pronostics. Concernant, les Etats-Unis, l’avis général est qu’ils devraient accrocher le bon wagon.

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°288 - Décembre 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play