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La Lettre des Achats - Novembre 2019 N°287
Novembre 2019

Marchés

Conjoncture

Coût du travail : Recomposition en cours

Coût du travail
Recomposition en cours

Témoignage

Paola Monperrus Veroni, Economiste Zone euro
« Le coût du travail direct compte pour 20 à 25 % de la compétitivité prix  »

Par la rédaction

Paola Monperrus Veroni, Economiste Zone euro

« Le coût du travail direct compte pour 20 à 25 % de la compétitivité prix  »

Les coûts de main-d’œuvre en Europe sont-ils entrés dans un processus de convergence ?

Les écarts sont encore substantiels. Le coût de la main-d’œuvre en Bulgarie s’élève à seulement 5,40 euros contre 43,50 euros pour le Danemark. Toutefois, la dynamique de rattrapage est réelle dans certains pays comme la Slovénie où le coût de la main-d’œuvre atteint désormais les 18,10 euros. En Slovénie, République tchèque ou Estonie, la barre des 10 euros a été franchie. Par ailleurs, certains pays comme la Roumanie ou la Lituanie ont enregistré en 2018 des hausses à deux chiffres, de 13,3 % et 12,9 % respectivement, contre une hausse moyenne dans l’Union européenne de 2,4 %.

Comment expliquer ce rattrapage ?

L’appréciation des salaires et même les tensions salariales dans les pays d’Europe de l’Est s’expliquent en grande partie par une économie proche du plein-emploi, avec un faible taux de chômage et une faible croissance de la population active. À cela, s’ajoute une forte émigration des populations les plus jeunes. Certains secteurs ayant attiré d’importants investissements viennent ainsi butter sur des contraintes de capacités de main-d’œuvre. L’instauration d’un salaire minimum et sa revalorisation progressive, qu’il soit légal ou négocié, constitue également un facteur de convergence vers le haut. Ce rattrapage est toutefois inégal. Les pays d’Europe du sud, comme l’Espagne et plus particulièrement le Portugal, ont au contraire subi la crise financière de plein fouet, avec une forte modération salariale depuis 2007-2008.

Quel est le poids du coût de la main-d’œuvre dans la compétitivité des entreprises ?

En France, le coût du travail direct compte pour 20 à 25 % de la compétitivité prix des entreprises exportatrices, tout comme le coût des consommations intermédiaires domestiques. Le facteur le plus déterminant, avec un poids de plus de 50 %, réside dans les consommations intermédiaires importées. Avant de se focaliser sur le coût de leur main-d’œuvre, les entreprises doivent en résumé s’intéresser plus particulièrement aux coûts des matières et biens importés comme moyen d’optimiser leur chaîne de valeur. Au-delà des coûts unitaires de production, la compétitivité dépend également des coûts du capital et des gains de productivité, sans oublier la compétitivité hors prix, comme la qualité des prix, l’image de marque ou l’innovation…

Par la rédaction

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