Publicité
La Lettre des Achats - Juillet-Août 2002   N°97
Juillet-Août 2002

Management

Dossier

Les tableaux de bord

Autres articles

Tableaux de bord
De la mesure en toutes choses

Témoignages

Younes Ali Chérif Directeur des achats et logistique, Laboratoire LTC, Dataciné Group
“ Dans nos tableaux de bord achats, nous avons les détails techniques ”

Frédéric Doche, Hubert d’Hondt, Hervé Hillion, Andersen Business Consulting
“ Partir des besoins métier et mettre en place une démarche transversale ”

Bernard Viguier Directeur général délégué, MBK Industries
“ La finance a mis en place les règles du jeu ”

Jean-Victor Bregliano Directeur des achats France, Panzani
“ Ces indicateurs ont une portée analytique et prospective ”

Points-clés

Les tableaux de bord
Les cinq points-clés

Interviews

Louis Collardeau, directeur des achats France, A Raymond
“ Nous retenons les données les plus marquantes de l’activité et celles qui intéressent les autres services ”

Jacques Lascoumes, directeur des achats, Evobus France
“ Des outils de pilotage pour entraîner les acheteurs vers les objectifs ”

Sylvain Barbier, supply base manager, Solectron
“ La gestion d'un compte client a un impact direct sur nos achats ”

Par la rédaction

Jacques Lascoumes, directeur des achats, Evobus France

“ Des outils de pilotage pour entraîner les acheteurs vers les objectifs ”

Le rôle des achats d’Evobus est de prospecter la France pour le groupe DaimlerChrysler et de réaliser les achats subsidiaires ainsi que les souhaits spécifiques des clients. Quels indicateurs retenir pour remplir ces missions ? Jacques Lascoumes, directeur des achats d’Evobus en France, montre en quoi les tableaux de bord permettent de suivre son activité, son équipe et ses projets.

Quels sont les principes fondamentaux de vos tableaux de bord ?
Les tableaux de bord ont été initiés en 1999. L’élément déclencheur a été l’arrivée de SAP qui a dématérialisé les processus de commande. Responsable des achats depuis un an, j’avais besoin d’un outil qui me permette d’analyser les différents chiffres. La complexité de SAP n’offrait pas un accès direct à l’information car les données étaient trop détaillées. Il a donc été nécessaire de con-struire des tableaux de bord synthétiques pour disposer d’une vision globale.
En quoi vous sont-ils utiles ?
Le but est de rendre disponible l’information à chacun, hiérarchie ou collaborateurs. Les tableaux de bord sont utiles pour les acheteurs car chacun peut suivre l’activité des autres, ce qui renforce la polyvalence. Il s’agit d’un outil de pilotage, pour entraîner les acheteurs vers les objectifs, avant d’être un outil de reporting.
Quels indicateurs utilisez-vous le plus ?
Nous suivons plusieurs indicateurs clés qui sont repris dans le même tableau de bord. En premier lieu, nous analysons les demandes d’achat en cours. C’est un paramètre essentiel, plus important que le volume de demandes d’achat total pour mesurer le taux de service des achats. Cet indicateur est relié à notre objectif, aujourd’hui réalisé, de traiter les demandes d’achat en moins de 72 heures. Nous regardons aussi le nombre de demandes d’achat en consultation auprès des fournisseurs, ce qui rend compte du critère précédent. Un nombre de demandes d’achat élevés peut être expliqué par un nombre important de consultations de fournisseurs.
Quels autres éléments utilisez-vous ?
Dans ce tableau de bord, nous regardons les commandes échues non livrées. Il s’agit d’un indicateur logistique. Nous pouvons suivre aussi les positions des contrats demandés à la maison mère. Cela nous permet de mesurer leur taux de service. C’est aussi ma responsabilité de gérer les relations entre les établissements en France, les acheteurs français et allemands.
Les deux autres indicateurs majeurs sont les pièces manquantes à la finition et les pièces manquantes générales. Le nombre de pièces manquantes sur chaîne pour la finition des autobus est une donnée critique. L’activité autobus urbains (la moitié de l’activité bus et cars) opère sous une contrainte très forte de délais, notamment parce qu’elle dépend des marchés publics avec des pénalités de retard très importantes.
Comment utilisez-vous ces indicateurs ?
Avec le tableau de bord, nous pouvons mesurer par semaine et par acheteur notre valeur ajoutée. Elle est principalement sur le service. Le choix des prestations par les clients est souvent tardif et il peut évoluer. Les achats doivent être capables de réagir et de décider très rapidement pour qu’il n’y ait pas de pièces manquantes sur les chaînes de montage et donc de pénalités de retard.
Les indicateurs ont aussi une dimension explicative. Ils permettent de montrer que le traitement dans les délais d’une demande d’achat a un impact sur le nombre de pièces manquantes. Auparavant, nous nous contentions d’accuser le fournisseur. La vision globale des tableaux de bord montre le fonctionnement des achats par rapport à la manière dont ils atteignent leurs objectifs.
Les tableaux de bord peuvent-ils servir à motiver les acheteurs ?
Dans une multinationale, il est très important de pouvoir mettre en rapport les causes et les conséquences. Ces tableaux de bord nous montrent à quoi servent les différentes actions. Ils sont effectivement un outil de motivation pour mesurer la part du travail de chacun et pour éviter le découragement ou le non-investissement. Ils sont couplés avec une réunion de cinquante minutes chaque quinzaine en duplex téléphonique entre nos établissements. Notre but est d’arriver à cinq réunions par trimestre.
Quels autres tableaux de bord utilisez-vous ?
Evobus a mis en place un tableau de bord pour mesurer la qualité des produits achetés, conformément à notre objectif de mise à niveau de la qualité des fournisseurs. C’est un outil réalisé conjointement avec les services de qualité, les études et méthodes, la production et les approvisionnements. Nous avons aussi un objectif d’économies sur les achats directs et indirects. Elles sont mesurées en central. Mais le fait de travailler sur des achats très spécifiques et peu récurrents, pour la partie production, atténue la portée de ces mesures. Enfin, nous utilisons des tableaux de bord pour présenter le service, ses missions et ses objectifs, et pour suivre le travail de chaque acheteur.

Portrait
Jacques Lascoumes (36 ans, Arts et Métiers, Desma) est le directeur achats et services généraux d’Evobus France SAS depuis 1998. Ses principales responsabilités ont été de mettre en place le service achats dans les différentes entités du groupe en France, d’intégrer les fournisseurs sur la chaîne de montage 2001, d’implémenter SAP et de développer un site internet de présélection des fournisseurs. Il a occupé précédemment la fonction de responsable logistique d’Al-Ko FTF SA de 1995 à 1998.
Evobus en bref
Chiffre d’affaires : 240 millions d’euros dont 100 millions d’euros pour l’usine
Montant des achats externes au groupe : 70 millions dont 55 millions d’euros pour l’usine
Effectif achats : 8 personnes
Evobus est une filiale de DaimlerChrysler.

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°295 - Juillet - Août 2020

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play