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La Lettre des Achats - Septembre 2019 N°285
Septembre 2019

Marchés

Enquête

Flottes automobiles : les nouvelles mobilités patinent

Les nouvelles mobilités patinent

Témoignage

Sébastien Fabre - Directeur commercial - Ubeeqo
« Des candidats à l’embauche refusent le véhicule de fonction »

Par Jean Chabod-Serieis

Sébastien Fabre - Directeur commercial - Ubeeqo

« Des candidats à l’embauche refusent le véhicule de fonction »

Ubeeqo, filiale d’Europcar, est une société d’autopartage et de crédit mobilité créée en 2008. Sébastien Fabre, son directeur commercial, analyse la place que les donneurs d’ordres réservent à l’autopartage.

Quel est le périmètre du marché des véhicules en autopartage de la ville de Paris qu’Ubeeqo vient de remporter ?

Il s’agit de 1 100 véhicules dont 70 % d’hybrides et 25 % d’électriques qui seront proposés sur la plupart des bornes de recharge laissées par le service Autolib disparu l’année dernière. Les 5 % restant sont des véhicules thermiques qui seront proposés dans des parkings parisiens. Les modèles que nous avons choisis sont ceux du marché, tels que des Toyota C-HR ou des Kia Niro. Le principe sera différent de celui qu’ont connu les Parisiens jusque-là : avec Autolib, vous preniez un véhicule à un point A et vous le laissiez à un point B ; avec le système proposé par Ubeeqo, vous le ramenez au point A où votre place vous attend.

Le marché entreprise est-il ouvert à l’autopartage ?

Depuis 2008, nous avons connu deux phases. D’abord, nous avons conquis des clients qui réalisaient un vrai gain économique et logistique avec nos véhicules connectés, je pense à Michelin ou Airbus ou encore des sièges sociaux. Depuis deux ans, les entreprises ont compris que les nouvelles mobilités ne s’arrêtaient pas à la gestion de flotte, mais qu’elles concernaient les services généraux, les RH, la DAF et même la RSE. En ce sens, elles sont ouvertes à l’autopartage.

Pourquoi la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) ?

80 % des projets que nous confient nos clients tournent autour du véhicule électrique ou de l’hybride. Généralement, ils ont défini les trajets éligibles à ces véhicules verts et si c’est faisable d’un point de vue financier et logistique, ils adhèrent.

Les acheteurs sont-ils souvent vos interlocuteurs ?

Ils interviennent toujours dans le processus car c’est sujet à mi-chemin entre les achats et les services généraux. Mais nous discutons avec de plus en plus de RH car, dans beaucoup d’entreprises, ce sont eux qui ont pris les nouvelles mobilités en main.

Que vous disent les RH sur les attentes des collaborateurs ?

J’entends souvent que des candidats à l’embauche refusent le véhicule de fonction qui leur est proposé. Les mentalités changent et proposer de nouvelles mobilités, c’est attirer de jeunes collaborateurs.

Vous proposez également de gérer le crédit mobilité pour vos clients. Quel accueil rencontre cette pratique ?

Lorsque le crédit mobilité est mis en place, 20 % des collaborateurs y adhèrent spontanément. Puis, l’adhésion augmente peu à peu au fil des années. Mais les 100 % d’usage ne sont jamais atteints. J’ajouterais que, par définition, le crédit mobilité fonctionne dans les entreprises bien desservies par les transports en commun.

Quelles sont les réticences à l’autopartage chez vos clients ?

Il y a deux cas de figure : soit l’entreprise cliente possède déjà un parc en pool, que nous digitalisons : il n’y a alors pas de réticences. Soit l’entreprise part d’un autre modèle, et dans ce cas il y a une conduite du changement à mener, qui peut parfois être un frein. Pour que l’autopartage puisse fonctionner, il faut une taille minimale de fonction. Nous comptons un véhicule en autopartage pour trois véhicules de fonction supprimés. Avec cinq ou six véhicules, c’est déjà intéressant. À condition d’avoir une majorité de salariés qui y adhèrent, d’où la nécessité de communiquer et de connaître les usages de ses collaborateurs.

Par Jean Chabod-Serieis

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