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La Lettre des Achats - Septembre 2003 N°109
Septembre 2003

Management

Dossier

Achats hors production

Autres articles

Achats hors production
Pour mieux s’imposer, les acheteurs passent à la vitesse supérieure

Systèmes d’information
Finaliser la liaison entre e-procurement et ERP

Externalisation des achats hors production
L’outsourcing gagne du terrain en Europe

L’externalisation en Europe
L’infogérance et les services administratifs au premier rang

Observatoire de l’externalisation
La grande métamorphose de l’externalisation donne le premier rôle aux acheteurs

Observatoire de l’externalisation
Externalisation : les 10 points à surveiller lors de la contractualisation

Secteur public
Les acheteurs du public professionnalisent leurs achats

Dépenses publiques
Des économies, mais comment ?

Acheteurs-services généraux
Qui prendra la main ?

Externalisation
Menace ou opportunité pour les services généraux ?

Étude American Express-AT Kearney
Comment réduire les coûts indirects liés aux voyages

Services généraux et services achats
Les fournisseurs optent pour un mariage de raison

Témoignages

Terry Davis, directeur des achats et des moyens généraux, Schindler France
“ J’ai visité toute la France pour sensibiliser les réseaux à la culture achats ”

Philippe Compagnon, directeur des achats, La Française des Jeux
“ Nous devons adapter notre stratégie aux différents types d’achats ”

Nicolas Mathieu, directeur de la stratégie achats, Groupe Bayard Presse
“ Le problème des achats généraux reste l’application des contrats-cadres ”

Interviews

Jean-Pierre Lau, directeur des achats hors production, Alcatel
“ Nous devons sans cesse démontrer notre efficacité ”

Jacques Chambre, directeur des achats hors production, Thales
“ Avec l’externalisation, l’acheteur devient un "supplier relationship manager" ”

Christian Campion - directeur des achats hors production - Général Electric System Europe
“ Développer les groupes de travail pour multiplier les leviers d’achat ”

Ignacio Sanguesa, directeur des achats, Telefónica
“ Suivre un tableau de bord adapté ”

Hans-Hermann Grundmann, directeur des achats, Bayer Polymers
“ Nous avons gagné en termes de mobilisation de ressources et de matériels ”

Points-clés

Les dix points-clés

Par la rédaction

Jacques Chambre, directeur des achats hors production, Thales

“ Avec l’externalisation, l’acheteur devient un "supplier relationship manager" ”

Après avoir appliqué les leviers traditionnels de l’achat, l’externalisation est assurément un moyen d’optimiser encore les achats hors cœur de métier. Ce qui suppose également un repositionnement du rôle de l’acheteur en interne et face à ses prestataires. C’est le constat fait par Jacques Chambre qui détaille le fonctionnement du service achats et les stratégies mises en place pour gérer au plus près les 630 millions d’euros d’achats hors production de Thales.

Comment s’organise votre service au sein du groupe ?
Le poids du management repose sur le central, avec un fonctionnement totalement transverse au service des unités. Dans un cadre où nos filiales sont gérées comme des centres de profits, notre objectif est de mettre en commun ce qui peut l’être. Avec, en conséquence, un travail optimisé des acheteurs des unités sur les achats spécifiques. Dans les groupes de travail, nous nous appuyons aussi sur ces acheteurs pour mettre en place les accords-cadres. En revanche, tous les process de commande restent dans les unités. Autre point à souligner : pour tous les segments d’achats, nous travaillons en relation avec les clients internes concernés. Et ils viennent plus facilement nous solliciter lorsque nous avons fait nos preuves sur les segments traités.
Quels sont les objectifs de Thales sur le périmètre des achats hors production ?
Depuis 1997, notre politique vise à faire converger les dépenses sur un panel de 800 fournisseurs référencés pour l’ensemble des achats. Ces derniers sont pilotés en commun ou par des « common efficiency teams for purchasing ». Ces fournisseurs acquièrent ensuite le statut de fournisseurs « prefered » et enfin de « collaborative », c’est-à-dire qu’il vont nous aider à améliorer notre compétitivité en interne, en participant par exemple au développement du produit. Si ce classement est avant tout destiné à la production, il reste applicable dans notre domaine. Pour les voyages, nous avons recours au service Air Sourcing de Carlson Wagonlit Travel pour gérer les réservations. Ce prestataire nous fournit également un outil d’analyse et de comparaison des compagnies aériennes pour faciliter nos négociations. Récemment, nous avons par exemple procédé à la consolidation de nos besoins sur l’Europe et les États-Unis.
Cette démarche reste très proche de l’externalisation.
Nous recourons largement à l’externalisation qui concerne près de la moitié de nos achats en valeur. C’est une tendance forte. Partant du principe que nous ne sommes pas spécialistes de la gestion de la flotte automobile par exemple, il vaut mieux l’externaliser. Pour le facility management, nous utilisons les services de notre joint-venture Faceo pour la maintenance de 90 % de nos sites français. L’externalisation est aussi une étape. Une fois réalisée la mise en ordre d’une famille d’achats avec les leviers traditionnels, il nous faut alors travailler les coûts de possession et les process pour obtenir des gains. Avec l’externalisation, l’acheteur devient un « supplier relationship manager ». Nous sortons alors de la négociation pour travailler sur la durée. Il s’agit aussi, en interne, de vendre le contrat. C’est un véritable travail sur le service qui se met en place.
Quels outils utilisez-vous pour assurer le suivi de vos achats ?
Pour diffuser l’information liée aux achats, nous disposons d’un intranet ; pour suivre l’engagement des unités dans nos contrats-cadres, nous avons recours à l’outil Thalsis (Thales supplier information system). Avec ce système, nos dépenses les plus importantes sont bien cadrées. Si nous constatons une dérive, nous essayons de voir pourquoi il y a écart et s’il y a une spécificité à l’unité. Nous menons ensuite un travail d’explication. Nous avons également notre outil d’e-procurement Buyerless, notamment pour les produits catalogables négociés. En France, il concerne plus de 200 000 transactions annuelles pour un montant de 10 millions d’euros, soit 20 % de la charge administrative aux achats. L’ensemble de nos catalogues fournisseurs est maintenant disponible sur notre portail.
Ces outils ont-ils conduit à un meilleur respect des contrats-cadres ?
Les ERP ont déjà contraint à mettre en place des process sur les achats industriels, ce qui simplifie d’autant notre travail sur les achats hors cœur de métier. De plus, la participation des acheteurs des unités à la mise en place des contrats contribue à en garantir l’application. Thales est une entreprise très structurée, avec beaucoup d’ingénieurs et une forte discipline. Nous avons donc très peu d’achats « sauvages ». Pour les voyages ou la flotte automobile, l’application des contrats-cadres est par exemple de 100 %. 

 

Les achats hors production de Thales
Le service de Jacques Chambre couvre tout ce qui est lié aux voyages et au déplacement, au facility management, aux ressources humaines (formation, intérim, conseil), aux fournitures (copieurs, fax, etc.), à la communication (imprimés, publicité, objets d’image de marque, expos, traducteurs), à la téléphonie (voix et données, matériels hors data), ainsi que l’électricité, la restauration, le transport et l’emballage. N’est pas comprise la partie hardware et software end-user. La moitié des clients internes est située en France. 


 

Thales en chiffres
Défense, aéronautique et technologies de l’information
Chiffre d’affaires
11,105 milliards d’euros
Effectif : 60 662 personnes
Montant des achats : 5 milliards d’euros
Montant des achats hors production
 630 millions d’euros
Effectif achats hors production
3 personnes en central avec des cor-respondants en Allemagne, en Australie, aux États-Unis, aux Pays-Bas et des liens fonctionnels avec une trentaine de personnes dans les unités.


 

Jacques Chambre
(50 ans, maîtrise de physique électronique UNBA Argentine, ingénieur Cnam Paris physique des matériaux) a intégré Thales en 1984 comme chef de projet puis responsable de développement. En 1992, il a rejoint les achats du groupe où il a occupé successivement les fonctions de responsable achats amonts, de responsable du réseau de progrès pour les achats de transports et emballages et de directeur achats de TH-CSF Services Industrie. Depuis 2000, il est directeur des achats hors production du groupe. 

Par la rédaction

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