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La Lettre des Achats - Novembre 2002 N°100
Novembre 2002

Marchés

Dossier

Achats en ligne

Article

Prestataires internet
Entre faillites et embellies

Commerce électronique
Des fournisseurs actifs mais dubitatifs

E-commerce et fournisseurs
Des enchères inversées et controversées

Témoignages

Michel Filatieff Délégué général de la Fédération des articles de papeterie
“ Une charte sur les enchères pour clarifier les règles ”

Renaud Ide Responsable e-business, marketing et communication de Valoutil
“ Avec un client important, nous avons augmenté de 30 % notre chiffre d’affaires ”

Pierre-Olivier Brial, e-business manager de Manutan
“ Les acheteurs doivent comparer une prestation globale et non un prix ”

Philippe Faroy, directeur général d’Altavia Prodity
“ Les enchères doivent intégrer la dimension du service ”

Pascal Orlando, directeur général d’Alda
“ Pour le moment, les places de marché ne génèrent pas de chiffre ”

Jacques Delsaut Directeur des clients nationaux, Adecco
“ Aucune place de marché ne traite notre problématique de manière correcte ”

Patrick Deplaix Responsable e-commerce de Radiospares
“ L’e-procurement nous a permis de tisser des liens plus étroits avec nos clients ”

Par la rédaction

Jacques Delsaut Directeur des clients nationaux, Adecco

“ Aucune place de marché ne traite notre problématique de manière correcte ”

« Depuis deux ans, nous avons eu de nombreuses discussions avec les principales places de marché électroniques mais nous n’avons pas abouti. Aucune ne traite notre problématique de manière correcte. Notre prestation est difficilement catalogable car chaque demande de personnel doit prendre en compte des critères objectifs mais aussi environnementaux, de motivation et de comportement. Un ajustement est donc indispensable pour chaque commande. Une adaptation des process courants de la place de marché est à réaliser. C’est un investissement important qu’aucune place de marché n’a jugé possible pour l’instant.
Dans la démarche d’e-procurement, tous les processus de l’acte d’achat sont concernés. Pour le travail temporaire, cela veut dire la sélection des fournisseurs, la commande, le contrat de mise à dis-  position, le relevé d’heures, la pré-facturation, la facturation, le reporting et le bilan qualité. Aujourd’hui, les places de marché ne traitent que la commande. Ce module peut sembler intéressant pour l’acheteur mais il ne nous apporte aucune productivité car 90 % des demandes, dans un souci de réactivité, sont réalisées par téléphone. En fait, la commande pilotée par la place de marché n’est qu’une confirmation de l’expression du besoin traitée téléphoniquement. De plus, de nombreux éléments variables tels que le nombre d’heures, les salaires avec les primes ou encore les modalités liées à l’accord 35 heures de l’entreprise utilisatrice, rendent aléatoire toute valorisation budgétaire. L’écart est de 10 à 30 % entre ce que l’on peut estimer au départ et ce que l’on retrouve à l’arrivée.

Dématérialiser le back office

En revanche, nous avons une grande productivité à trouver dans la dématérialisation de la partie back office. Nous nous sommes rapprochés des places de marché pour développer cette partie à partir de nos propres solutions d’e-procurement appelées CONNECT, mais aucune démarche n’a abouti. En termes d’investissements, elles n’ont, semble-t-il, pas les ressources nécessaires au développement d’un tel projet. Une question essentielle se pose : le coût. Qui paie ? Pour être économiquement viable, l’outil doit profiter à l’acheteur et au fournisseur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il nous est demandé entre 1,5 et 2 % du chiffre d’affaires plus le droit d’entrée. Quand on connaît la marge brute sur les grands comptes (6 %) dans notre secteur, il est impensable qu’un tiers soit affecté à la place de marché !
Un certain nombre d’achats de types « commodities » sont adaptés à la formule d’enchères inversées. Pour le travail temporaire, nous considérons aujourd’hui que notre profession a beaucoup à perdre à cautionner de telles pratiques. Nous craignons, comme cela a déjà été le cas pour certains achats de services, que l’opinion publique ne s’émeuve en apprenant que le personnel de travail temporaire est désormais acheté aux enchères. En 2001, une grande entreprise a été ainsi dénoncée par la CGT car encourageant le dumping social en mettant aux enchères la sous-traitance de ses centres d’appel.
D’autre part, les enchères inversées manquent un peu de déontologie. À l’étranger, nous avons vu des appels d’offres gagnés par une entreprise et rendus caducs par l’acheteur a posteriori parce que le fournisseur n’avait pas la capacité à servir. De plus, les grandes entreprises de notre secteur se retrouvent souvent en compétition avec des concurrents de petite taille n’offrant pas la même prestation de service. L’autre problème concerne le cahier des charges. Sa conversion en format électronique est très difficile. Notre prestation de services est très complexe et ne peut se résumer à un coefficient. L’outil oblige à faire des raccourcis et à banaliser la prestation. Nous nous efforçons donc de convaincre le client de ne pas chercher à utiliser cet outil pour l’achat de notre prestation, l’aidant ainsi à réaliser sa première économie ! Jusqu’à présent, nous avons été suivis dans nos recommandations. »

 

Adecco en chiffres
Intérim. 145 000 intérimaires par jour en moyenne. 23 % de parts de marché (PSA, Nestlé, Renault, Danone, Alcatel, etc.)
Chiffre d’affaires France :
4,3 milliards d’euros
Effectif : 4 700 permanents

Par la rédaction

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