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La Lettre des Achats - Avril 2004 N°116
Avril 2004

Management

Dossier

Sourcing

Autres articles

L’année de la Chine aussi

Systèmes productifs locaux
La contre-attaque des PMI françaises

Conjoncture
La Chine, un géant qui n’est plus en devenir

Témoignages

Laurence Guggenbuhl Directrice des achats, Ethypharm
“ 30 à 50 % de gains sur les matières premières actives ”

Hervé Guyot Directeur des achats, PSA
“ Des centaines de fournisseurs à trouver dans l’année ”

Laurent Bernard Président du Midest
“ Ne pas s’accrocher aux terrains perdus d’avance ”

Thierry Copros Directeur général, Cybernétix Chine
“ Acheter en Chine pour continuer de vendre en Chine ”

Simon Shepeard-Walwyn Manager en charge du sourcing, Kurt Salmon Associates
“ Les infrastructures pour acheter à l’intérieur du pays se développent ”

Lin Wang P-DG, Shanghai Paris 21 Century
“ L’intermédiaire est un facilitateur ”

Points-clés

Les cinq points-clés

Interviews

Jean-Paul Mermet - Président de la commission acier - Cdaf
“ La Chine pousse l’acier à la hausse ”

Jean-Louis Vichard - Directeur des achats - Leroy-Somer
« 20 % de nos achats en Chine d’ici quatre ans »

Joël Morizot - Directeur des achats, - Dirickx
« La pression des acheteurs a joué dans l’amélioration de la qualité »

Sylvain Salles - Directeur des achats internationaux groupe - Leroy
« Sourcer un fournisseur en Chine est un travail de fourmi »

Par la rédaction

Laurence Guggenbuhl Directrice des achats, Ethypharm

“ 30 à 50 % de gains sur les matières premières actives ”

« Nous achetons de deux façon différentes en Chine. D’un côté, notre filiale sur place dispose de sa propre structure, avec deux acheteurs chinois ; de l’autre, la direction des achats France s’occupe des marchandises à destination des marchés français et européens. Les produits achetés ne sont pas forcément les mêmes, pour les matières premières notamment. Les certifications nécessaires pour être autorisé à vendre un principe actif en Europe sont plus sévères que sur le marché chinois. Notre filiale peut donc se permettre d’acheter selon des normes de qualité moins élevées. Quoi qu’il en soit, de façon générale, sur les matières premières actives, les Chinois ont atteint un très bon niveau de qualité. Depuis trois ans, de nombreux fournisseurs sont aux normes européennes et américaines. Dès lors, il est vraiment intéressant pour nous, la direction des achats groupe, d’acheter dans la zone puisque nous obtenons 30 à 50 % de réduction des coûts par rapport à un produit identique en Europe. De plus, nous-mêmes sommes fournisseurs de grands groupes pharmaceutiques comme Aventis ou Sanofi. Certains d’entre eux nous ont clairement demandé de les suivre en Chine pour réduire le coût de nos produits. Sur les 40 fournisseurs de la direction des achats d’Ethypharm, six sont en Chine. Mais en même temps, seuls 10 % de nos achats de matières premières sont faits dans ce pays. L’explication est simple : l’on n’y trouve que des molécules depuis longtemps en service ou, au contraire, des biotechnologies. Or, le cœur de cible de nos achats se trouvent entre les deux. La Chine reste donc un marché restreint pour nous.
Tout n’y est pas parfait cependant. Les surprises existent. Par exemple, pour un procédé de micronisation, nous avions trouvé un fournisseur nous proposant deux à trois fois moins cher qu’en Europe. Par courrier, il nous avait affirmé répondre à tous nos critères de qualité. Sur place, nous avons découvert une machine dans un hangar, posée à même la terre battue… À présent, pour éviter les déplacements inutiles, tous les pré-audits de fournisseurs sont effectués par notre filiale. Il y a une vraie synergie d’action entre nos deux structures d’achats. Eux parlent la langue locale, ce qui n’est pas négligeable étant donné le peu de managers chinois maîtrisant l’anglais. La base fournisseurs est commune. Je connais tous leurs fournisseurs et ils connaissent tous les miens. Ce qui ne veut pas dire que nous nous servons du panel de l’autre. Comme je vous le disais, les produits achetés aux uns et aux autres ne se situent pas dans la même catégorie en termes de normes.
Beaucoup de dossiers vont aboutir en 2004. C’est une année de forte expansion de notre panel fournisseurs dans la zone. Autre remarque, les Chinois sont de plus en plus présents dans les salons du secteur, comme le CPHI. Ils ont une réelle volonté de s’adapter très vite aux exigences des marchés américains et européens. Quand la France met quinze ans à adapter son système de production, la Chine met 18 mois. Quoi qu’il en soit, pour ne pas être trop dépendant d’un fournisseur, nous en avons systématiquement deux dans la région sur un même produit. Nous sommes par ailleurs très vigilants sur la question des brevets, aussi bien pour la matière que pour le procédé de fabrication. C’est vraiment la première chose que nous vérifions ». 

Laurence Guggenbuhl
(36 ans, maîtrise achats) est directrice des achats d’Ethypharm depuis la création du poste en 2000. Elle était auparavant chargée des achats de développement au sein de l’entreprise.


 

Ethypharm  
Pharmacologie
Chiffre d’affaires : 130 millions d’euros (estimation 2003)
Montant des achats : 80 millions d’euros
Effectif : 850 personnes
Effectif achats : 8 personnes en central

Par la rédaction

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