Publicité
La Lettre des Achats - Avril 2002 N°94
Avril 2002

Tendances

Actualités

Recrutements achats
EDF réduit la voilure

Factures dématérialisées
Avisium et Post@xess : de l’e-procurement à la dématérialisation fiscale

E-procurement
Les ambitions neuves d’Ariba

BNP Paribas ouvre tout grand son portail achats
www.ligneachats.bnpparibas.com

Industrie chimique
Elemica tisse sa toile

IUP achats de Sceaux
Contrefaçon, quand la loi s’interroge

Publié le 16/09/2004 - Par Pierre Chevanne

E-procurement

Les ambitions neuves d’Ariba

« Notre principal concurrent est SAP », a prévenu Bob Calderoni, président-directeur général d’Ariba lors du lancement de la nouvelle suite Ariba à Rome en mars dernier. L’optimisme est de rigueur pour l’éditeur de logiciels qui se repositionne en élargissant son offre. Soubresaut ou changement de cap, la nouvelle stratégie d’Ariba convaincra-t-elle le marché ?

Ariba a annoncé le lancement de sa nouvelle suite « Ariba Spend Management ». L’éditeur de logiciels propose de créer un nouveau concept, l’ESM, pour « Enterprise Spend Management ». Avec cette solution, Ariba ambitionne de se placer dans l’évolution historique des progiciels. Dans l’ordre chronologique sont apparus les ERP pour les directions financières, les logiciels de supply chain pour la logistique, les outils de CRM (customer relationship management) dédiés aux ventes. À chaque type de solution correspond un ou deux champions mondiaux comme Oracle, SAP ou i2. C’est dans cette lignée que souhaite se placer Ariba avec l’ESM.

Les applications

La suite Ariba Spend Management se compose de trois applications sectorielles qui correspondent aux différentes étapes du processus achats. Où trouver les économies ? Comment les générer ? Comment les conserver ? Les applications répondent à ces questions en traitant l’extraction des données, l’analyse, le sourcing et l’approvisionnement.
Première application de la suite, Ariba Analysis réunit les données des systèmes d’e-procurement ou d’autres systèmes. L’objectif est de couvrir la totalité des dépenses de l’entreprise et de les analyser. Le produit s’apparente aux systèmes décisionnels en permettant la création d’états sous différentes formes : tableaux de bord, diagramme, modèles d’extractions pré-définis. Deuxième application, Ariba Enterprise Sourcing est une mise à jour qui s’intègre à Ariba Contracts et Ariba Buyer. Les objectifs sont d’aider les entreprises à mieux négocier les contrats avec leurs fournisseurs, de générer automatiquement des contrats et d’en suivre l’usage. Enfin, la solution d’approvisionnement, Ariba Buyer, permet de garantir la conformité des achats avec les contrats négociés.
Ariba étend aussi son offre en termes de catégories d’achats. Une version mise à jour d’Ariba Workforce intègre la gestion des équipes temporaires, des sous-traitants et des cabinets de conseil. Un partenariat avec Traveldoo permet de gérer les voyages en Europe.

Logiciels achats et ERP

« Les ERP ont été conçus pour les directions financières alors que nous nous adressons directement aux directions achats. Aider un directeur achats n’a jamais été le but d’un ERP. Notre stratégie se traduit par un repositionnement sur le métier de l’acheteur », explique Bob Calderoni. Dans ce sens, les ERP permettent de calculer des ratios financiers ou le retour d’investissement mais ne donnent pas d’informations décisionnelles pour les achats. Selon Gérard Dahan, responsable marketing pour Ariba, « les ERP proposent en général des solutions pour résoudre différents problèmes internes à l’entreprise (production, RH, stock, finances et achats), sans vraiment se préoccuper des acteurs externes. À l’inverse, notre suite de produits Spend Management est centrée uniquement sur les achats, en ayant dès le départ intégré tous les acteurs externes ».
Même s’il ne se positionne pas sur le créneau des ERP, Ariba voit dans les progiciels de gestion ses principaux concurrents. La vision est identique chez Commerce One. En termes de gestion de projets, les entreprises hésitent à engager simultanément un projet ERP et un projet e-procurement. Quand elles le font, les ressources allouées à la partie achats sont nettement mois importantes que celles dédiées aux ERP.
Reste à savoir si l’appellation Enterprise Spend Management et les produits associés sont une nouveauté marketing destinée à enrichir le vocabulaire des acheteurs où si cela traduit une réelle évolution stratégique du marché. Ariba n’est pas le seul acteur qui se repositionne sur le métier de l’acheteur. Il est intéressant de noter que la démarche est similaire chez Commerce One qui, avec sa V5, remonte en amont des processus d’approvisionnement pour mieux cerner les problématiques achats.

Une nécessaire réussite

Ariba compte réaliser la moitié de ses revenus en 2002 avec les nouveaux produits de la suite. L’éditeur de logiciels est condamné à réussir. Il reste dans le rouge bien qu’il ait augmenté ses revenus et diminué ses pertes. Lors de son dernier trimestre fiscal, les revenus ont atteint 55,3 millions de dollars, contre 14 millions pour le trimestre équivalent en 2001. Les pertes nettes se sont élevées à 161,3 millions de dollars contre 347,6 pour le même trimestre en 2001. Même si les résultats s’améliorent, les réserves de liquidités s’amenuisent et l’éditeur évoque, dans son rapport de fin d’année, la possibilité d’une recapitalisation.

Publié le 16/09/2004 - Par Pierre Chevanne

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play