Publicité
La Lettre des Achats - Juin 2019 N°283
Juin 2019

Management

Témoignages

Jean-Louis Moreau - vice-président des approvisionnements stratégiques au niveau mondial - CAE
Cap vers le Canada

Gianluca Colombo - Directeur des achats - Coty
Entre le Luxembourg et la Suisse

Nicolas Peignot - Directeur du sourcing de la division Parts & Services - Sandvik Mining and Rock Technology
Un globe-trotter

Arnaud Hasbany - Directeur achats - Rimowa
Un spécialiste de la Suède

Christophe Horvat - Manager de transition
« La principale différence est le rapport au temps et au risque »

Publié le 26/05/2019 - Par la rédaction

Christophe Horvat - Manager de transition

« La principale différence est le rapport au temps et au risque »

Désormais manager de transition, Christophe Horvat a dirigé pendant trois ans depuis Bruxelles, le service achats de l’entreprise indienne Crompton Greaves. Une expérience de management interculturelle enrichissante nécessitant une forte capacité d’adaptation.
Comment avez-vous été amené à prendre la tête des achats de cette multinationale indienne ?

Avant d’intégrer Crompton Greaves, j’ai travaillé pendant près de huit ans en tant que directeur de la supply chain chez Alstom en France. En 2011, mon manager de l’époque est devenu directeur général de ce groupe indien. Peu de temps après, il m’a proposé ce poste de directeur des achats. J’avais déjà eu l’occasion de travailler en Chine et je connaissais bien l’Asie. Pour des raisons familiales, j’ai souhaité être basé au sein du siège EMEA du groupe, à Bruxelles. Mais mon périmètre d’action était mondial et je me rendais tous les mois en Inde. Je dirigeais une équipe de 150 personnes, dont la moitié était basée en Inde.

Quels ont été les défis à relever ?

Un des premiers challenges a été de gagner la confiance de mes interlocuteurs au sein du groupe, qui étaient tous de nationalité indienne, mais également celle des acheteurs. Cela demande d’être curieux et d’avoir une vraie ouverture d’esprit. Il est nécessaire, dans un premier temps, d’écouter et de partir de l’existant sans arrogance. Il faut ensuite proposer des objectifs concrets et structurants chaque année alignés avec une vision et une stratégie à long terme en arrière-plan, mettre en place des outils de reporting simples et partager quelques success-stories pour gagner la confiance et le respect. Cela permet, in fine, d’obtenir le consensus sans imposer. La relation avec les équipes devient alors simple, sans grandes discussions, avec une structuration professionnelle, de la performance et des relations chaleureuses.

Quelles sont les différences culturelles entre l’Occident et l’Asie ?

La principale différence est le rapport au temps et au risque. Les Asiatiques s’adaptent plus facilement aux changements. Ainsi un contrat peut changer si le contexte évolue. Ils évitent de prendre des risques pour que leurs erreurs ne puissent pas porter préjudice au groupe. À l’inverse, les Français aiment centraliser et planifier avec des plans stratégiques à long terme. Les Asiatiques privilégient le groupe et une confiance totale au chef. La cohésion est forte, mais l’inconvénient est un manque d’esprit critique et de créativité. Les Occidentaux favorisent, eux, les individus performants, leaders et créatifs. Les Français sont frondeurs, respectent moins le pouvoir et aiment discuter les décisions managériales. Quant à l’individualisme américain, il est à l’opposé des relations observées dans les groupes asiatiques.
Portrait
Christophe Horvat (54 ans, Insa Lyon) a été directeur des achats de Crompton Greaves de 2012 à 2015. Son poste était basé à Bruxelles, en Belgique. Entre 2004 et 2012, il a travaillé en France pour Alstom Power, où il a notamment été vice-président de la supply chain. Plus tôt dans sa carrière, il a également été directeur des achats d’ABB Entrelec. Aujourd’hui, il travaille toujours dans les achats en Belgique, pour diverses entreprises.

Publié le 26/05/2019 - Par la rédaction

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play