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Publié le 19/01/2021 - Par François Le Roux

Entreprises : éviter la crise de liquidités en 2021

2021 restera l’année de tous les dangers pour les entreprises françaises. Lourdement impactées en 2020 par la crise du covid et le confinement, leur défi sera de repartir de l’avant malgré le recul du PIB mondial, tout en composant avec la fin prévisible des aides de l’État et la nécessité de rembourser les prêts sollicités pour combler leur manque de liquidités.
Déjà dans le doute fin 2019 avec le ralentissement de l’économie mondiale, les entreprises françaises sortent groggies de 2020 et avec un brin d’amertume. « La crise sanitaire de 2020 a durement impacté l’industrie, brisant l’élan salutaire de reconstruction qu’elle avait retrouvé depuis 2017 après vingt années de désindustrialisation et le choc de la crise financière de 2008 » constate Vincent Moulin Wright, directeur général de France Industrie, l’organisation représentative des entreprises industrielles en France qui regroupe 24 fédérations sectorielles de l’industrie, telles que le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spaciales), l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), la Fieec (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication) ou encore la PFA (Plateforme de la filière automobile).
Vincent Moulin Wright salue au passage la résilience de secteurs d’activité entiers et rappelle qu’ils ont contribué à maintenir le pays à flot : « malgré une perte brutale de 50% d’activité début 2020 en raison du confinement temporaire, l’industrie a su maintenir intactes ses activités essentielles à la vie quotidienne des français : santé, alimentation, hygiène, énergie, eau, déchets, transports… ».
L’entrée dans l’année 2021 s’annonce quoi qu’il en soit délicate, surtout si l’État coupe le robinet des aides aux entreprises à compter de la fin du premier semestre. Dans ce cas, une entreprise sur quatre pourrait être en situation de crise de trésorerie en zone euro, selon le spécialiste de l’assurance-crédit Euler Hermes, qui estime dans une étude publiée en fin d’année que « près de 860 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé est exposé au risque de crise de trésorerie, soit 22% du total du chiffre d’affaires des entreprises non-financières » pour la France.

Recréer une industrie française


Deux tiers des chefs d’entreprises se disent toutefois optimistes pour leur entreprise, selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le Medef fin 2020, même si 64 % n’anticipent pas une sortie de crise avant deux ans ou plus. L’État a en tout cas donné aux entreprises des leviers de transformation pour favoriser le rebond de l’économie. « L’important plan de relance de l’Etat a placé l’industrie au cœur des enjeux avec 33 milliards d’euros dédiés à la modernisation, l’innovation, la digitalisation, la décarbonation et à la compétitivité, avec notamment l’avancée notable de la baisse des impôts de production pour laquelle France Industrie et ses adhérents ont milité depuis longtemps » indique Vincent Moulin Wright, qui salue le regain d’intérêt national pour l’industrie : « Il y a incontestablement un changement d’état d’esprit et la question de la souveraineté a démontré que nous ne pouvions plus continuer à sous-estimer l’importance de l’industrie. Nous saluons donc ces mesures fortes qui vont accélérer la transformation et la réindustrialisation de notre pays ».
Parallèlement, les entreprises seront dans l’obligation de s’attaquer aux fragilités révélées par la crise tout au long de leurs chaînes de valeur. Relocaliser dans le secteur de la santé, notamment les principes actifs pharmaceutiques, les dispositifs médicaux…, mais aussi dans l’électronique, l’alimentaire, la chimie des intermédiaires, les métaux, les matériaux... est devenu un impératif. « Chez France Industrie nous parlons plutôt de ré-industrialisation que de relocalisation car l’objectif est de recréer de l’industrie en France. Notre volonté : déterminer les bons segments et créer les conditions de compétitivité, car on ne fera pas revenir d’un coup de baguette magique les usines qui sont parties loin » avertit Vincent Moulin Wright.

Neuf segments d’achats prioritaires à relocaliser


Le rapatriement en France d’achats industriels importés est une autre piste explorée. « Collectivement, avec des experts du Conseil National des achats, le cabinet PwC et une trentaine d’entreprises, nous portons un projet de résilience industrielle pour des politiques d’achats responsables. Nos objectifs ? Inscrire des projets de relocalisation dans les politiques achats-responsables de grands donneurs d’ordres français et définir les conditions de relocalisation de certaines catégories de produits industriels, et les leviers de succès » indique Vincent Moulin Wright (voir l'interview d'Olivier Lluansi, PWC Advisory).
Le directeur général de France Industrie précise les premières actions mises en œuvre : « Plusieurs de nos filières sont activement engagées dans ce processus et neuf segments de production ont déjà été identifiés, comme les cartes électroniques, ou bien les emballages alimentaires. Cette mobilisation est indispensable pour reconquérir notre souveraineté industrielle et transformer le potentiel en réalité ! ».
Portrait


Vincent Moulin Wright
Directeur général
France Industrie


" Nos objectifs? Inscrire des projets de relocalisation dans les politiques achats-responsables de grands donneurs d'ordres français "


Publié le 19/01/2021 - Par François Le Roux

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