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La Lettre des Achats - Mai 2002 N°95
Mai 2002

Tendances

Actualités

Spécial séduction
Comment draguer les actionnaires en prétendant réduire les coûts

Étude Deloitte Consulting
Les banques françaises, championnes d’Europe de la maîtrise des coûts

Extrait en avant-première
E-sourcing, la révolution dans l’achat stratégique

Achats d’imprimés en ligne
Les acheteurs encore en pointillé

Ludovic Lannoue, Directeur marketing de l’enseigne Géant
“ L’outil nous permettra de tracer les dossiers, avec des informations fiables ”

Stratèg’e Achats
Les prestataires à la rencontre de leurs donneurs d’ordres

Enchères électroniques
PPR passe aux enchères sur GNX

Enchères inversées
Les facteurs-clés de succès

Industrie automobile
PSA Peugeot Citroën ouvre les portes de sa stratégie business to business

Publié le 16/09/2004 - Par la rédaction

Spécial séduction

Comment draguer les actionnaires en prétendant réduire les coûts

Les sociétés britanniques adoptent des mesures d’économies et de maîtrise des coûts dans une logique de court terme pour impressionner les analystes plus que pour réaliser des économies de manière pérenne. Telle est la conclusion d’une étude menée par la branche britannique de PricewaterhouseCoopers et publiée en avril dernier. En conséquence, « 66 % des CFO (Chief Financial Officers) concèdent que les coûts qu’ils suppriment actuellement dans leurs activités reviendront d’ici deux à trois ans », souligne l’étude. Autre conclusion : les responsables financiers reconnaissent annoncer des réductions des coûts pour se conformer aux autres entreprises dans le cadre « d’une culture de l’imitation ».
Si les entreprises concèdent pour les deux tiers opérer sous la pression du moment, elles laissent aux achats une place centrale dans les réductions de coûts. 70 % des personnes interrogées pensent que « la stratégie achats est un point central de toutes les stratégies de réductions de coûts ». Ce qui signifie que même dans une logique de court terme, les achats ont un rôle car les réductions de coûts sont confiées à une direction dont c’est la valeur ajoutée principale. De plus, 73 % pensent aussi que faire des achats une priorité est essentiel pour préparer l’avancement d’une entreprise. Une vision à court terme n’empêche pas de concéder une place importante aux achats sur une longue période.
Autre aspect de l’impact du court terme, 70 % des CFO pensent que les sociétés choisissent de manière erronée leurs priorités en matière de réductions de coûts, en réduisant ce qu’il est facile de mesurer au détriment des véritables nécessités de l’entreprise.

Une approche contradictoire

L’étude menée par la branche britannique du cabinet d’audit met en lumière le décalage entre la volonté de réduire les coûts à long terme et les mesures prises pour gérer le court terme. Les directions financières admettent les aspects négatifs de leurs mesures tout en les appliquant. L’étude pointe quelques contradictions intéressantes. Alors que 90 % des personnes interrogées pensent que durant une période de récession, une compagnie devrait continuer d’investir pour créer de la valeur ajoutée à long terme, 46 % ont annulé ou retardé des investissements.
Faut-il partager la conclusion de Jonatan Tate, partner de PwC ? : « Les coûts ne sont pas le commencement de l’enfer. Trop de mesures de réductions de coûts peuvent être fatales en laissant les sociétés sans ressources dans le futur. Alors que les mesures de réductions de coûts dominent l’agenda, les sociétés doivent apprendre à opérer une différence entre les bons et les mauvais coûts et entre l’apaisement des actionnaires et la stratégie à long terme ».
Que faut-il retenir de cette étude ? D’abord, les directeurs financiers font preuves d’honnêteté en reconnaissant travailler sous la pression des actionnaires et des analystes et le caractère psychosomatique de certaines de leurs mesures. En cela, ils demandent qu’un peu plus de respiration et de marge de manœuvre leur soit concédé. Autre conclusion, il appartient à l’entreprise de faire la part entre les bons coûts, qui soutiennent la croissance, et les mauvais coûts, qui ne supportent ni la structure ni le développement de l’entreprise. Cette analyse est centrale à toute démarche de réduction de coûts. Pour PwC, c’est aussi une manière de souligner que le ralentissement des investissements en IT est négatif à long terme pour les entreprises.  

Publié le 16/09/2004 - Par la rédaction

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