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Etude RSE

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Publié le 29/03/2017 - Par la rédaction

Etude Ecovadis-Le Médiateur : les fournisseurs français, champions du RSE

EcoVadis et Le Médiateur des entreprises ont présenté, mercredi 29 mars, la 2e mouture d’un baromètre sur la performance RSE comparée des entreprises françaises, de leurs homologues de l’OCDE et des BRICS. Cette année, plus de 20 000 entreprises ont été analysées contre 12 000 pour la précédente édition en 2015. Pour la 1ère fois également, l’industrie automobile a fait l’objet un décrochage sectoriel.

 Avec un portefeuille de près de 150 donneurs d’ordres clients et une base fournisseur de près de 25 000 entreprises, la plateforme EcoVadis spécialisée dans l’évaluation RSE, brasse un certain nombre de données. Outre le baromètre qu’elle réalise avec HEC Paris et dont la dernière mouture est également disponible depuis peu, le comparatif mené cette fois avec Le Médiateur des entreprises met plutôt l’accent sur les fournisseurs. Pour l'édition 2017, plus de 20 000 entreprises ont été évaluées, toutes d’origines bien distinctes : France (3 470 entreprises), pays de l’OCDE (12 000) et BRICS (Brésil, Russie, Chine et Afrique du Sud, 4 500). La comparaison a porté simultanément sur les enjeux (environnement, social, éthique) et la taille des entreprises (les grandes comparées aux ETI/PE). La méthode d’EcoVadis repose, en gros, sur l’analyse de trois piliers : les politiques RSE telles qu’elles sont définies (25% de l’appréciation finale), les résultats obtenus (reporting, indicateurs de performances exigés, vérifications auprès d’organismes tiers, 35% de la note) et enfin les actions (mesures, certifications, déploiement,  pour 40%). Enfin, quatre niveaux de maturité ont définis à propos de la qualité du management RSE : intangible (inexistant ou défaillant), Incomplet (partiel ou non structuré), Adapté (plus ou moins élaboré mais avec un reporting sommaire), Exemplaire (structuré, qualifié, reporting détaillé).

La France joue placée

Le score global (les trois critères réunis) montre l’avance des entreprises de l’OCDE sur celles des BRICS : 45,4 contre 36,8%. Les premières ayant progressé plus vite : 7% contre 4%. La France seule affiche un score de 48,3% et une progression de… 10%. Aucune entreprise ne figure dans la catégorie intangible. Elles sont encore 1% pour toute la zone OCDE et 18% côté BRICS qui voit cette proportion passer de 8% (2015) à 17% (2017). Le paradoxe voulant que l’accroissement du panel soit davantage dû à cette catégorie. Moins performantes mais de plus en plus nombreuses. Voilà qui ne va pas rassurer les compétiteurs côté OCDE… Les scores environnementaux et sociaux affichent plus ou moins les mêmes proportions : autour de 50% pour la France, 47% pour le reste de l’OCDE et 38% pour les BRICS. La progression de chacune de ces trois catégories est plus forte sur le social (respectivement 10, 7 et 6%) que pour l’environnement (respectivement, 8, 6 et 2%). Les considérations sociales prennent le relais. La dimension travail et éthique est sans doute la plus visible. EcoVadis l’a déjà constaté. En phase avec d’autres types d’études (ObsAR pour la France). Et c’est le volet éthique des affaires qui présente un bilan plus… contrasté : la France affiche 54% dans le carré Incomplet contre 52% dans l’OCDE. Les BRICS se situe là à 47% mais 30% dans l’Intangible (pratiques inexistantes ou presque). La France, également en retard dans le carré Adapté (40% contre 43% dans l’OCDE) progresse cependant le plus fortement en deux ans : 11% contre 8% et 1%, l’OCDE loin devant les BRICS). L’impact des affaires se fait sans doute de plus en  plus sentir…

Le syndrome du double standard

Si la comparaison se fait maintenant sur la taille des entreprises, en particulier les ETI & PME, les françaises pèsent 53% dans le carré Exemplaire contre 52% à l’OCDE et… 29% pour les BRICS lesquels déclarent une proportion de 15% dans le secteur Intangible. Les grandes entreprises obtiennent 57% du carré Adapté contre 40% dans l’OCDE et seulement… 18% dans les BRICS. La catégorie Intangible… surperforme à 24% chez les BRICS et encore 6% dans l’OCDE et 5% en France ! Les grands moins bien que les petits ? Oui ! Cela se confirmerait presque : il y aurait sans doute des politiques RSE à deux vitesses (dit aussi le syndrome du double standard) du côté des multinationales. Dans les établissements des pays d’origine, elles ont des pratiques plus conformes et soutenues et sans doute moins regardantes ou plus retardées ailleurs, dans les zones développement pour ne pas dire low cost. A vérifier d’une étude à l’autre ! A noter encore, pays par pays, ce sont encore les entreprises du Royaume-Uni (50,4%), de France (48,3%) et de Finlande (48,1%) qui présentent les meilleurs scores (RSE totale) devant… l’Allemagne (44,1%) et les BRICS (38,6%). Sue le plan social comme sur celui de l’éthique des affaires, le Royaume Uni ressort en tête. A méditer à l’heure du Brexit… Commentaire des auteurs de l’étude : certains pays affichent peut-être moins de normes mais ont de vraies pratiques responsables… Côté environnemental, la France ne poussera pas un nouveau cocorico. Elle est battue par la Suède : 42,4 contre 50. L’avance écologique des pays de l’Europe du Nord ne serait pas un vain mot.

La France est un pays automobile. Le décrochage sectoriel proposé par EcoVadis en est le signe. L’analyse de 2 000 entreprises de ce secteur montre tout de même des scores moins bons dans le segment Adapté : 45 à comparer aux 54% obtenues par l’ensemble des entreprises hexagonales. Et le décalage est le même sur les plans environnementaux (41%) et éthiques (36%). Seul le social relève la tête -45%) mais loin derrière la moyenne nationale du même critère : 53%. EcoVadis et le Médiateur promettent d’autres indicateurs par secteur d’activité. Nul doute qu’il y aura d’autres écarts. Attention enfin à ne pas enfermer les entreprises dans un affichage forcené d’indicateurs de performances plus ou moins subjectifs. Les grandes entreprises avec des moyens plus importants et certes des rayons d’actions plus vastes affichent encore trop de méfiance et de préjugés vis à vis d’entités plus petites pourtant sur le papier plus performantes, toutes proportions gardées. Les efforts que font les uns et les autres pour s’adapter doivent servir à démontrer, rassurer et développer l’activité. A suivre…

Publié le 29/03/2017 - Par la rédaction

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