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Publié le 26/11/2015 - Par la rédaction

Conférence ACA 2015 : un nouveau partenariat avec les entreprises chinoises

Pour sa 14e conférence annuelle, l’ACA a choisi de porter son regard vers la Chine, avec comme thème « Europe-Asie, vers de nouveaux modèles de coopération économique pour les achats ».

L’Extrême-Orient ne cesse de se rapprocher des entreprises françaises et il était représenté à cet événement par une délégation d’une dizaine de Chinois, composée notamment de Yuanyuan Gao, conseillère économique de l’ambassade de Chine en France et de Sheng Zhou, PDG de la filiale algérienne du groupe chinois de BTP CSCEC.

Huitième groupe public chinois, CSCEC (China State Construction Engineering Corporation) a réalisé 129,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2014 et est très actif sur le marché algérien, avec des marchés comme la grande mosquée d’Alger, un chantier d’1,5 milliard de dollars. S’il a désormais les yeux rivés sur le continent africain, le directeur général de la filiale algérienne ne tourne pas pour autant le dos à l’Europe, bien au contraire. Il est d’ailleurs régulièrement à Paris, où il a créé en 2009 une équipe de trois acheteurs. Ces derniers travaillent sur le marché fournisseur européen en complément des achats locaux réalisés par les acheteurs chinois présents en Algérie et des achats globaux traités par le siège. CSCEC Algérie a ainsi un panel européen d’une vingtaine de sous-traitants et d’une centaine de fournisseurs.

 

Alliances Chine Europe sur les marchés africain

Pour s’attaquer au marché africain, CSCEC est bien conscient de l’intérêt de nouer des partenariats avec des entreprises francophones, mais aussi de recruter des acheteurs français. Il compte ainsi plus que doubler son bureau d’achats parisien en 2016. Face à la chute des prix du pétrole qui affecte la croissance algérienne, la conquête des marchés d’Afrique noire est un axe vital pour le groupe, plus que jamais soutenu par l’Etat chinois dans le développement international. « Notre atout en tant que société chinoise est d'avoir une forte capacité d'investissement », souligne Sheng Zhou.

Ses richesses, la Chine entend bien s’en servir comme moteur d’un virage imposé par le ralentissement de sa croissance. Pour Jacques Gravereau, fondateur et directeur de l’institut HEC Eurasia, qui a introduit les débats, « la Chine est condamnée à un changement brutal de paradigme ». Jean-Jacques Gravereau en explique la nature : « la Chine a passé le seuil fatidique des 6 000 dollars de PIB par habitant, un seuil au delà duquel les demandes des habitants deviennent différentes, un seuil au delà duquel produire de la quantité devient moins important que produire de la qualité. C’est une énorme machine qui a été réglée sur 10 % de croissance et qui doit désormais s'adapter à trois points de moins. Elle est condamnée à monter en puissance sur le plan de la productivité, de l'innovation, etc. » Une analyse totalement raccord avec le message délivrée par la représentante consulaire chinoise qui a déclaré : « la Chine entre dans une nouvelle étape de normalisation marquée par la qualité plutôt que la vitesse la quantité. »

 

L’Asie, une école de vitesse

A en croire René Orlandi, tout jeune retraité de la direction des achats de Schneider Electric, qui a quitté son bureau de CPO groupe basé à Hong Kong en septembre dernier, ce changement de cap ne devrait pas poser de problème, tant l’agilité semble être le propre des entreprises chinoises. « Travailler en Asie nous à aider à prendre un rythme. C’est une chose de parler de la rapidité du business en Asie, c’en est une autre que de le vivre sur place », témoigne-t-il. Venu chercher de la croissance et de la performance économique en Asie, Schneider Electric y a aussi trouvé un puissant stimulant. « Cela a obligé le groupe à sortir de sa zone de confort », martèle René Orlandi qui a participé à déplacer le centre de gravité du groupe en redéfinissant toute sa supply chain.

« En Chine, aujourd'hui, 90 % des achats sont locaux, c'est le résultat de 20 ans de travail pour reconstruire une supply chain. Transférer des savoir-faire consolidés depuis des années n'a pas été facile », confie René Orlandi. « Aujourd'hui c'est "China for China". L'export depuis la Chine n'est plus vraiment une solution attractive », poursuit l’ex-directeur achats témoin de l’inflation des prix chinois. Pour lui, la forte capacité des entreprises chinoises à rehausser leur productivité les maintient tout de même largement dans la course, mais dans une logique de « supply chains au pluriel ». « Schneider Electric a six supply chains dans le monde, avec à chaque fois une organisation et des indicateurs de performance adaptés. Les achats doivent coller à l’organisation commerciale », défend-il.


La suite dans le numéro de janvier de La Lettre des Achats

Publié le 26/11/2015 - Par la rédaction

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