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Publié le 09/04/2013 - Par la rédaction

AFNOR : une norme pour valoriser les relations entre donneurs d’ordres et secteur adapté

Validée il y a tout juste quelques semaines, la nouvelle norme NF X 50-842 destinée à guider les relations entre le secteur du travail protégé et adapté et leurs donneurs d’ordres a fait l’objet d’une présentation au siège de l’Afnor, le 29 mars dernier. Un débat, animé par le réseau Gesat, a réuni notamment Pôle Emploi, la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et de l’aide à la personne), Thales (mission handicap), Orange (direction des achats), etc.

A l’origine de la norme NF X 50-842, comme devait le rappeler Emmanuel Chansou, directeur général du Gesat mais aussi président de la commission de normalisation, il y avait une double volonté : d’une part celle du réseau Gesat et d’autre part celle des acheteurs du secteur privé comme du secteur public de mieux appréhender les relations entre toutes les parties prenantes. De bâtir un mode d’échange plus structuré basé sur un document de référence, élaboré lui-même de façon consensuelle et destiné à être utilisé dans le cadre d’échanges commerciaux.

Il y a aussi un contexte à tout cela : soutenir l’emploi de personnes handicapées par le bais d’ESAT (Établissement et service d'aide par le travail) ou d’EA (Entreprises adaptées). La crise ne doit pas être le prétexte ni d’une stagnation ni d’un recul pour cette catégorie de travailleurs. A ce titre, une norme peut favoriser une approche rationnelle des besoins et contribuer à créer une culture commune. Déjà, parmi les adhérents du Gesat, une cinquantaine de grandes entreprises se sont engagées à poursuivre leurs sous-traitances auprès d’entreprises du secteur adapté.

Pour cette nouvelle norme, 58 entreprises et organismes se sont réunis (donneurs d’ordres et ESAT/EA, à 50-50, consultants spécialisés, pouvoirs publics). Les travaux, démarrés en 2011, se sont déroulés en quatre phases : lancement, élaboration de documents, enquête publique, homologation. La méthode dite PCDA (Plan Do Check Act) a été choisie pour cette norme qui a pour vocation de susciter des « relations économiques durables ».

Lors de cet échange, François-Noël Tissot (Pôle Emploi) devait souligner que « l’association entre norme et handicap représente déjà un véritable changement culturel ». En insistant sur cette nécessaire « acculturation réciproque» des parties prenantes afin de développer leurs relations économiques et de participer plus encore à la compétitivité des entreprises. Car le recours aux travailleurs handicapés ne doit pas se faire en dehors de toute préoccupation de performance. Il convient à la fois de rapprocher et de monter en compétences, soit sur des segments d’activités déjà connus soit sur de nouveaux. Il s’agit aussi de veiIler au développement des aptitudes, tant du côté des donneurs d’ordres que des prestataires. Il n’y avait pas d’associations achats dans la salle ce jour-là, mais c’est à signaler, les travaux des normalisateurs se sont appuyés sur différents engagements connus (Charte des meilleures pratiques, pacte PME, etc.).

Le témoignage d’Anne-Marie Dunet de France Télécom Orange (direction des achats) devait montre le profit que devrait tirer le groupe de cette norme. « Le fournisseur du secteur adapté est un fournisseur comme les autres », devait-elle rappeler. Qui dit achats, dit outils, procédures. Il faut pourvoir s’y référer. Orange a une organisation achats très centralisée, dépense un minimum de 15 millions d’euros auprès du secteur adapté (17 millions  en 2012, dont près de la moitié pour l’entretien d’espaces verts) et investit peu à peu des domaines très techniques (installation et maintenance de câbles en fibre optique par exemple). Le secteur de la communication devrait lui aussi faire une plus grande place à ce type de fournisseurs. Les acheteurs sont également jugés sur des critères RSE. Ce qui favorise le recours au secteur adapté. Orange ne lésine pas sur les moyens : guides, événements, etc. Il s’agit de mieux communiquer, bien comprendre les marchés, développer la notion de filières, s’inscrire dans le long terme, favoriser aussi le volontariat des donneurs d'ordres.

Dans la salle, quelques remarques viennent bousculer la tranquille assurance des donneurs d’ordres sur une « étanchéité » supposée entre les achats et les ressources humaines ou encore les conséquences de la massification des volumes (appels d’offres trop importants pour de petits prestataires ?). La réponse est immédiate : il faut anticiper sur les évolutions ! Etre à l’écoute de ses marchés. Envisager des regroupements alors ? Dans tous les domaines, la compétition s’exerce.

A la tribune encore : Daniel Hauger, dirigeant d’établissements à triple vocation (ESAT/EA/EI  pour Etablissement d’Insertion) et représentant de l’Association des directeurs d’ESAT et d’EA de Franche-Comté. Ses activités regroupent près de 400 personnes, il est fournisseur de rang 1 (co-conception) pour PSA, il a également parmi ses clients le Crédit agricole. Ce responsable d’entreprise évoque son challenge de création d’emploi, la mise en place de véritables filières locales. Le massage passait : même sur des secteurs en crise (automobile, banque), il n’y avait pas de fatalité. Un optimisme raisonné venait conclure la matinée.

Publié le 09/04/2013 - Par la rédaction

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