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Publié le 16/09/2021 - Par La rédaction

Youness Taghrichte (Groupe Attijariwafa bank) : “ Notre fonction Achats est en première ligne pour apporter de la valeur dans les processus d’innovation. “.

Youness Taghrichte, Directeur des Achats du groupe Attijariwafa bank Youness Taghrichte, Directeur des Achats du groupe Attijariwafa bank

La rencontre avec Attijariwafa bank, premier groupe bancaire et financier du Maroc, s’est faite en deux temps : par le biais d’abord d’un webinar organisé par Jaggaer, l’éditeur de son tout nouveau SI Achats et ensuite d’un entretien avec le directeur des Achats. La démarche du groupe pourrait se résumer en quelques points clés : volonté de la direction du groupe, cohésion de l’équipe Achats, déploiement d’un système d’information, approche finance « verte » et innovation.

Quel est le périmètre de responsabilité de la direction achats groupe ?

La fonction des Achats a toujours eu une importance cruciale au sein du groupe Attijariwafa bank. Tout récemment, et dans le cadre de la nouvelle organisation de la banque, la direction d’Attijariwafa bank a souhaité positionner les Achats comme une entité à part entière au cœur de sa stratégie.

Rattachée au pôle Transformation, Innovation Technologie et Opérations, la direction des achats œuvre pour fournir le meilleur service et assurer une bonne relation avec les prestataires et fournisseurs. Elle gère une enveloppe de plusieurs milliards de dirhams d’achats par an à l’échelle du Groupe. Cette entité couvre tous les achats du Groupe, aussi bien au Maroc que dans nos filiales à l’international, la banque bénéficiant d’une forte présence en Afrique francophone. L’effectif achats Groupe comprend une trentaine de personnes au Maroc et à l’international.

Dans ses grandes lignes, la direction des Achats a pour missions stratégiques de contribuer à augmenter les résultats financiers de la banque, piloter l’amélioration continue au travers des relations fournisseurs, protéger la banque (gestion des ruptures d’approvisionnement, etc.).

Le cœur du métier consiste en premier lieu à satisfaire les besoins de nos clients internes, en obtenant la meilleure performance des fournisseurs à savoir la Qualité, le Coût, les Délais ainsi que les meilleurs services.

Par ailleurs, nous avons également la responsabilité d’asseoir des processus achats bien verrouillés, mettre en place des outils et indicateurs de pilotage avec nos fournisseurs, maîtriser et optimiser les coûts ainsi que les délais de paiement, développer les achats responsables, inclure dans le panel de nos prestataires les TPE, privilégier l’achat local tant pour réduire les coûts d’achats que pour dynamiser l’économie régionale

Quel a été l’impact de la crise Covid sur cette réorganisation ?

La crise du Covid-19 a représenté pour nous une rude épreuve et un test grandeur nature. Nous étions au cœur du dispositif de PCA (Plan de continuité d’activité) de la banque, aux côtés d’autres fonctions sensibles. Il faut dire que la crise a mis en relief l’importance de notre métier. En effet, au sein de la direction Achats, nous avons géré toute la supply chain des produits nécessaires pour que nos agences, à travers tout le royaume, restent ouvertes même pendant le confinement : provision en masques de protection, gels hydroalcooliques, dispositifs sanitaires, appareils de prise de température.

Dans un contexte de crise exceptionnelle, le groupe Attijariwafa bank a témoigné de grande capacité de mobilisation et d’agilité pour continuer à servir efficacement ses clients. Nos agences servaient en effet de relais pour distribuer les aides de l’Etat aux personnes dont les emplois ont été impactés par le confinement. Avec Systèmes d’Information Groupe, nous avons également veillé à ce que les plus de 8 000 collaborateurs de l’entreprise qui sont passés en télétravail soient équipés. Enfin, avec l’accord de nos instances de gouvernance, nous avons mis en place une procédure achats d’urgence, qui permet acheteurs, en lien avec les clients internes, de déclencher des commandes pour des sujets d’achats de fonctionnement sans avoir à recourir aux processus formels et aux comités qui se tenaient en présentiel.

Est-ce que certaines simplifications introduites par le comité d’achats d’urgence vont perdurer après la crise ?

La procédure d’urgence était une occasion pour nous de mettre en application les principes de l’achat agile : test & learn. En ce qui concerne le processus de facturation, nous avons digitalisé le workflow dans notre outil d’e-sourcing Jaggaer. Nous avons pu mettre en place des outils électroniques nous permettant de maîtriser tout le process d’achat avec les fournisseurs jusqu’à la livraison. C’est une bonne pratique sur laquelle nous avons capitalisé et que nous avons pérennisée.

Grâce à ces nouveaux outils, nous nous inscrivons parfaitement dans une démarche d’amélioration continue afin de maîtriser et optimiser davantage les délais de paiement de nos fournisseurs et inscrire une relation durable et responsable avec eux.

Dans quelle mesure vos outils SI achat vous ont-ils aidé à traverser ce moment délicat ?

Nous avons la chance de disposer, avec Jaggaer, d’un outil d’achats full cloud. Il s’agit d’ailleurs du premier outil cloud de la banque. Cela nous a permis de lancer des appels d’offres, de faire des adjudications, de consulter des fournisseurs en distanciel, sans attendre d’autorisation des équipes de l’informatique. Ce qui ne nous a pas empêchés de payer nos fournisseurs dans un délai de neuf à dix jours. Le respect des délais de paiement est un de nos objectifs stratégiques inscrits dans notre Charte Achats Responsables. Nous sommes aussi signataires de la charte du bon payeur créée par la confédération générale des entreprises du Maroc. Nous devons donner l’exemple car nos fournisseurs sont avant tout nos clients.

Sur quels autres axes de travail la direction générale attend-elle des résultats de la part des Achats ?

Notre responsabilité consiste à réaliser les achats du Groupe de la manière la plus efficiente possible, en termes de coûts et de risque, mais aussi de la manière la plus responsable possible.

Le premier axe sur lequel nous travaillons est celui des synergies entre les filiales, afin de mutualiser et standardiser nos pratiques dans la gestion de nos processus des achats. Nous devons exploiter le maximum de potentiel d’économies sur les achats mutualisables, notamment sur les systèmes d’information (SI), un achat cœur de métier et un segment auquel nous consacrons une grande part d’investissement.

Afin d’optimiser les coûts, nous agissons à la fois sur les volumes d’achats et sur les compétences. Nous formons des relais achats dans chacune de nos filiales, qui maîtrisent les processus d’achat, notamment les achats des SI du Groupe. Réaliser des achats professionnels et structurés dans chacun de nos pays de présence fait partie des objectifs que le Groupe m’a fixés.

Un autre axe de travail important est celui de la charte des Achats Responsables. Cette charte comporte l’ensemble des engagements du Groupe à l’égard des fournisseurs et ceux attendus des fournisseurs sur le plan réglementaire, éthique, social et environnemental. Les fournisseurs sont tenus de respecter ces principes dès leur référencement.

Les achats responsables et l’éthique font partie des principes d’Achats Responsables et représentent objectif stratégique majeur, ce qui me confère un droit de regard sur tous l’ensemble de nos fournisseurs, notamment les plus stratégiques.

Dans notre charte Achats Responsables, nous nous engageons à mettre en œuvre la politique du Small Business Act. De la même manière que la banque cherche à soutenir et à financer les initiatives de ses clients TPE et auto-entrepreneurs, nous essayons de leur dédier une partie non négligeable de nos achats. La Direction Générale suit de près cet objectif à travers différents indicateurs : nombre de TPE et d’auto-entrepreneurs que nous avons dans notre panel, le nombre de BDC établis au profit des TPE etc… Enfin, j’ai aussi pour objectif d’encourager le recours aux startups dans nos achats pour favoriser la transformation et attirer les talents de demain.

Comment fonctionne le Small Business Act ?

Le groupe Attijariwafa bank a récemment été accrédité par le Fonds vert pour le climat des Nations-Unies, (Green Climate Fund), en tant qu’intermédiaire financier pour la mise en œuvre des financements verts et de l’économie social.

Une partie de cet agrément concerne le processus Achats qui assume une approche de discrimination positive. Quand une prestation peut être réalisée par une petite structure, nos critères de choix doivent le permettre. Si Nous devons accepter la part de risques que sous-entend le fait de travailler avec une petite entreprise plutôt qu’une grande entreprise, parce que nous voulons encourager l’entrepreneuriat. Dans le cadre de ce Small Business Act, nous allons aussi chercher parmi les clients de notre réseau « Dar Al Moukawil » qui veut dire Maison de l’Entrepreneur, des petites structures qui sont susceptibles de répondre à des besoins locaux et d’intégrer notre panel de fournisseurs.

Comment suivez-vous vos progrès en matière de synergies ?

Nous suivons notre taux de couverture que nous pilotons de manière assez directive. Nous avons fixé un seuil à partir duquel les filiales doivent nécessairement passer par les Achats pour réaliser les appels d’offres et les consultations. Nous invitons alors l’acheteur de la filiale à venir participer, avec le category manager groupe qui traite le dossier au comité de décision, aux rencontres avec les prestataires et aux négociations, de sorte qu’il y ait un transfert de compétences dans les deux sens. Pour les sujets en deçà de ce seuil, nous avons un reporting a posteriori via notre outil Jaggaer. Au fur et à mesure que les équipes montent en compétences, nous nous efforçons d’utiliser l’outil de manière proactive, en organisant un calendrier des appels d’offres prévus sur l’année pour l’ensemble des filiales. Nous le faisons déjà sur certains sujets métier comme les SI ou encore les Guichets Automatiques Bancaires.

Votre environnement fournisseur est-il à même de vous suivre sur ces objectifs de synergies ?

Notre approche consiste à favoriser d’abord l’écosystème local et quand cela n’est pas possible, nous privilégions la coopération Sud-Sud, en incitant certains de nos fournisseurs à aller dans d’autres pays en Afrique.

La banque favorise ce type de rencontres en organisant tous les deux ans, le Forum International Afrique Développement qui réunit les décideurs et opérateurs économiques africains. Nous y retrouvons régulièrement certains de nos fournisseurs qui nouent des partenariats avec des investisseurs locaux d’autres pays africains pour devenir fournisseurs de grands groupes internationaux qui s’implantent dans ces pays.

Les choses évoluent dans le bon sens, comme vient de nous le montrer un appel d’offres que nous venons de conclure en Côte d’Ivoire pour des prestations de Facility Management. Il y a cinq ans, nous n’avions trouvé aucun prestataire à même de couvrir l’ensemble des prestations multi-techniques nécessaires à nos agences. Entre-temps, beaucoup d’entreprises internationales se sont développées dans le pays (des opérateurs télécoms et des hôtels notamment), ce qui a fait évoluer le marché fournisseurs. Dès l’an dernier nous avons vu des prestataires en Facility Management de grands groupes s’implanter dans le pays.

Comment abordez-vous la question de l’innovation dans votre sourcing ?

La fonction Achats d’Attijariwafa bank est en première ligne pour apporter de la valeur dans les processus d’innovation. Cette fonction se transforme, veille et participe à l’émergence de nouveaux usages, au lancement de nouveaux produits et à la promesse d’une nouvelle expérience client. En agissant de manière transversale avec l’ensemble des métiers de la banque, cela lui offre la possibilité d’intégrer tous les projets d’innovation tout en étant en veille permanente et en restant connectée sur l’évolution des usages et des marchés.

Le rattachement de la fonction des Achats au pôle Transformation, Innovation, Technologies et Opérations me donne une visibilité sur l’ensemble des projets de la banque. Nous avons mis en place une procédure accélérée dédiée aux startups. Nous sommes investis dans une démarche qui permet l’allégement notre approche administrative et nos exigences en termes de fondamentaux financiers. Depuis deux ans, nous faisons également des roadshow avec des incubateurs et des pépinières, pour identifier les sujets sur lesquels les startups sont susceptibles de nous apporter de la valeur. A chaque fois nous retenons des startups qui deviennent fournisseurs d’Attijariwafa bank, à qui nous offrons une première référence qui leur permet de trouver d’autres clients.

Quand tout le projet est fondé sur l’idée et la valeur que pourraient rapporter la startup, nous ne la mettons pas en compétition avec un autre fournisseur, ce qui minimiserait ses chances d’intégrer notre panel. Nous entrons en négociation directe avec la startup afin de l’accompagner dans la formalisation de son offre et à monter son dossier administratif et juridique.



PORTRAIT

Youness Taghrichte (41 ans, Mastère spécialisé en Achats et Logistique Globale à L’ISCAE de Casablanca, MBA de l’American Unveristy of Ledership (AUL) spécialité Finance) est directeur des Achats du groupe Attijariwafa bank depuis 2015. Il était précédemment acheteur confirmé au sein du groupe Procter and Gamble. Profil : https://www.linkedin.com/in/ytaghrichte/


Pour en savoir plus sur le groupe Attijariwafabank

https://www.attijariwafabank.com/fr

Attijariwafa bank en quelques lignes

Publié le 16/09/2021 - Par La rédaction

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