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Publié le 18/06/2021 - Par la rédaction

Un livre : vraiment propre et responsable, la voiture électrique ?

Avec son titre sans ambiguïté, « L’arnaque de la voiture propre », l’ouvrage est à mettre dans toutes les mains des acheteurs de flottes auto. Ecrit par un journaliste automobile spécialisé, ce livre bouscule quelques idées reçues et aide à circuler entre données techniques, réglementaires et fiscales à l’heure où tous les constructeurs multiplient leurs offres de modèles électriques. A lire cet été sur les autoroutes pendant les heures d’attentes aux bornes de recharge…

Déjà, il faut profiter de l’occasion que nous donne la sortie de ce livre, pour contrarier l’idée selon laquelle, cette année, les ventes de voitures électriques ou hybrides dépasseraient celles des voitures traditionnelles. Ce tour de passe-passe n’est possible que dans la mesure où, précisément, aux voitures électriques « pures » (batteries), il a été joint les véhicules hybrides dotés certes de batteries (plus petites) mais en complément d’une motorisation … thermique. Sans parler pour d’autres de la présence d’un fil électrique qui en fait donc des hybrides « rechargeables ». Comment embrouiller le commun des mortels dans un vaste tout qui ne veut rien dire. Depuis le début de l’année 2021, la part de l’électrique représenterait 6,88 % (40 050 immatriculations) tandis que les segments des hybrides et des hybrides rechargeables seraient respectivement à 13,85 % (80 667 immatriculations) et 6,92 % (40 265 immatriculations). Au-delà, l’essentiel des ventes se fait encore dans le thermique (65%).

Séduction électrique

Séduisantes sur le papier, adaptées à des centres villes qui devraient bannir de plus en plus d’ici 2030 les véhicules thermiques directement polluant avec leurs émissions de Co2, les voitures électriques ont désormais le vent en poupe. Tesla n’est plus seulement un phénomène de mode, il entraîne toute une nouvelle industrie de l’automobile sur tous les continents (Asie, Etats-Unis, Europe). Relire ici un ouvrage que nous avions recommandé en son temps : La révolution Tesla (comment Elon Musk nous fait basculer dans le monde de l’après-pétrole) par Hamish McKenzie, Editions Eyrolles (voir les Livres Achats Off 2019).

Mais quand aux normes qui poussent les constructeurs à proposer une alternative électrique à leurs motorisations traditionnelles s’ajoutent des incitations fiscales quand ce ne sont pas des voix qui s’élèvent pour dénoncer pêle-mêle l’industrie de la batterie et ses multiples risques (extractions de matériaux rares, non recyclabilité, restructuration douloureuse à prévoir des industries liées au thermique, réseaux de recharge quasi-inexistant, etc.), forcément, un esprit de contradiction s’anime.

Dans L’arnaque de la voiture propre, l’auteur le dit : « la voiture propre n'existe pas, même électrique. Son bilan écologique, en prenant en compte sa production, batterie comprise, provoque une énorme pollution minière. Grosse émettrice de gaz à effet de serre, la construction des voitures électriques consomme aussi une très grande quantité de métaux : lithium, aluminium, cuivre, cobalt... le boom annoncé de la production de "véhicules propres" réjouit le secteur minier, l'un des plus pollueurs au monde, et promet un enfer aux populations des régions riches de ces matières premières. Acheter une voiture électrique aujourd'hui, c'est comme acheter un magnétoscope juste avant l'arrivée des DVD car entre obsolescence programmée et évolution extrêmement rapide de la technologie, les modèles électriques sont quasiment dépassés d'une année sur l'autre. De quoi faire chuter leur valeur résiduelle, et donc orienter les clients vers des leasing. Ceux-ci invitent à changer de voiture tous les trois ans, ce qui ternit encore le bilan écologique : plus de voitures fabriquées égalent plus de pollution… »

Faux-amis

Avant d’être polémique, l’ouvrage est avant tout très didactique. Il montre bien dans le détail, toute l’évolution des normes en faveur des véhicule propres, cette évolution réglementaire précipitée par le « dieselgate » et que la nécessité d’une transition énergétique et climatique rend encore plus prégnante. Beaucoup de chiffes, beaucoup de tableaux révèle les contraintes qui pèsent sur l’industrie automobile.

Mais quand en en arrive très vite au chapitre des incitations fiscales, l’alerte atteint son maximum chez le lecteur. Extrait : « A disposer d’une fiscalité outrageusement avantageuse [TVS et bonus/malus], les modèles hybrides rechargeables sont vites devenus les favoris des entreprises. […] Cette fiscalité fait passer à l’hybride rechargeable des automobilistes qui n’ont à disposition aucune infrastructure de charge, domicile ou lieu de travail. Alléchés par le rabais, ils optent pour des véhicules qui ne correspondent pas à leurs besoins. Nombreux sont ceux qui […] roulent sans jamais recharger la batterie. Chez certains constructeurs, les préparateurs, en fin de leasing, constatent que les câbles de recharge n’ont jamais été sortis de leur emballage. » De quoi réfléchir en effet en termes d’évaluation du besoin, de coût complet, d’impact RSE (véhicules plus chers, plus lourds, consommant plus sur routes/autoroutes). En dépit de son titre provocateur, le livre ne condamne pas le véhicule électrique. Il pousse l’utilisateur à en maîtriser tous les enjeux en parfaite connaissance de cause.

L’arnaque de la voiture propre par Nicolas Meunier, Hugo – Doc, collection Alerte

Publié le 18/06/2021 - Par la rédaction

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