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Publié le 18/03/2021 - Par François-Charles Rebeix

Trois questions à Geoffroy Naegelen, GEP France, Benelux, Suisse : « Pour apporter de la valeur ajoutée aux directions achats, il faut être capable de délivrer de la stratégie, du service et un soft »

Geoffroy Naegelen, Directeur business développement pour les services de GEP France, Benelux, Suisse Geoffroy Naegelen, Directeur business développement pour les services de GEP France, Benelux, Suisse

GEP est une société dédiée aux Achats et à la Supply Chain, créée en 1999, qui propose une offre combinant le conseil, l’externalisation et la technologie. Fort de 5 000 employés dans le monde et 450 clients, GEP est reconnue par les analystes comme leader sur ses trois métiers. GEP renforce aujourd’hui sa présence en France. Rencontre à cette occasion avec son nouveau directeur du développement en provenance d’un autre éditeur du secteur, Jaggaer, qui, lui, renonce à son offre de conseils.

Nous avons déjà évoqué GEP dans nos colonnes mais cet éditeur reste peu connu. Pourriez-vous à nouveau nous dire ce qui le distingue de ses challengers ?

C’est vrai, GEP est une société américaine encore peu présente en France alors que ces dernières années elle s’est développée en Europe, principalement aux UK, aux Pays Bas, dans les pays Nordiques et plus récemment en Allemagne. La volonté affichée maintenant, c’est de bien s’implanter en France et dans les pays francophones, la Belgique et la Suisse dans un premier temps, et sans doute le Maghreb ensuite. D’où mon arrivée dans cette organisation et à terme l’ouverture d’un bureau.

Il faut le rappeler, GEP a un positionnement assez unique sur le marché. C’est une société américaine née en 1999. Ses quatre fondateurs, tous anciens du conseil, ont toujours souhaité combiner une offre de services et de technologie. Quand bien même les investisseurs du secteur vous diront que ces métiers n’offrent pas la même rentabilité, notre vision, c’est que pour apporter une vraie valeur ajoutée aux directions achats et supply chain, il faut être à la fois capable de délivrer une feuille de route, autrement dit du conseil stratégique, d’aider à l’exécuter, c’est la partie management services, et enfin de disposer d’un software pour sécuriser et pérenniser ces différentes actions.

GEP aujourd’hui, dont le siège est situé près de New-York, ce sont 5 000 collaborateurs dont 800 ici en Europe en Angleterre, aux Pays-Bas, en Allemagne avec des centres de services partagés en République Tchèque et en Roumanie. Son chiffre d’affaires, en croissance de plus de 30% par an depuis plusieurs années, se répartit à peu près en trois tiers. Dernière précision : le capital appartient toujours aux fondateurs. Il n’y pas d’autres investisseurs.

Comment vous situez-vous sur le marché des SI Achats par rapport à vos concurrents ? Avec là encore une particularité ?

Aujourd’hui, GEP gagne des parts de marché avec de nouveaux clients en France et ailleurs en Europe dans des industries aussi différentes que le secteur Industriel, Pharmaceutique, Service financier, Telecom ou la grande distribution. En Europe, nos clients se situent dans une fourchette entre 600 millions et plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires, entre ETI et grands groupes. Ces derniers sont de toute façon cœur de cible pour l’ensemble du marché. Nous remportons des projets régulièrement face à des acteurs comme Ariba, Ivalua ou Jaggaer pour ne citer qu’eux.

Sur la partie software, nous avons aussi une approche unique : fort de nos 20 années d’expertise dans les Achats et la Supply Chain, la plateforme GEP été développée en interne pour atteindre un périmètre fonctionnel couvrant l’entièreté des besoins des équipes achats et Supply Chain, du « Spend to Pay » a la gestion de la Supply Chain.

Contrairement à la majorité de nos concurrents, nous n’avons jamais fait d’acquisitions et la solution proposée par GEP est basée sur un seul et même code, ce qui en fait une vraie plate-forme unifiée. Ceci permet d’exploiter les données en créant de la valeur pour les départements achats et Supply Chain grâce au technologies embarquées innovantes telles que l’Intelligence Artificielle ou le Machine Learning. Le fait d’ailleurs d’être toujours détenue à 100% par ses fondateurs donne à la société une agilité certaine avec des investissements potentiels plus à long terme. C’est Bernard Remacle, Directeur Régional, qui est en charge du développement commercial de la partie Software chez GEP en Europe.

Comment s’est développée cette partie externalisation ? Beaucoup d’acteurs en partent mais les clients, notamment en Europe, paraissent plus réservés…

Les fondateurs de GEP ont d’abord commencé par les services, l’externalisation, puis ont très vite développé l’activité conseil tout en investissant dans la technologie. Ils ont prospéré d’abord aux US, puis en Asie avant l’Europe, le Nord d’abord et maintenant l’Ouest et le Sud. Parmi nos clients, nous accompagnons Kellog’s depuis plusieurs années pour lequel nous gérons l’ensemble de leurs achats, directs et indirects, et nous intervenons auprès de nombreux grands comptes comme Dupont, Bristol Myers Squibb, Bayer, Asahi etc. En proposant, soit sur l’une de nos offres, soit une combinaison services/software. Historiquement très présent dans le secteur pharmaceutique et pétrolier, GEP s’est développé dans le secteur manufacturier, des services ou encore banque-finance, un des points forts d’ailleurs de GEP. L’ambition de GEP, c’est de poursuivre sa croissance à deux chiffres pour doubler son chiffre d’affaires d’ici à cinq ans[i].

Aujourd’hui et dans le contexte de pandémie que nous subissons, les problématiques auxquelles sont confrontées les directions achat et supply chain, sont connues. Elles ont besoin de mener des programmes de réduction, maitriser leur supply chain et les risques associes et enfin accélérer leur digitalisation. Evidemment, les directions achats doivent également intégrer les critères RSE tout en devenant plus agile et flexible.

Ce besoin de flexibilité renforce l’idée de l’externalisation d’une partie des achats. Si elle s’est beaucoup développée dans les pays anglo-saxons, nous constatons que nos entreprises françaises l’intègrent de plus en plus dans leur stratégie d’évolution. Chez GEP nous disposons d’experts catégoriels et sectoriels, de benchmarks, de ressources et d’une suite PtoP que nous mettons à disposition de nos clients pour les accompagner dans leur projet de transformation.

Dans toutes les demandes que l’on voit émerger, le besoin de flexibilité s’exprime de plus en plus. Le phénomène du télétravail généralisé favorise ce type d’organisation. Repenser les modèles existants est dans toute les têtes des dirigeants. L’idée aussi c’est de repositionner les organisations sur les tâches à valeur ajoutée. Ou comment aider les directions achats à actionner des leviers plus complexes. C’est de l’accompagnement.


PORTRAIT

Geoffroy Naegelen (46 ans, Kedge, Nottingham University) a rejoint en janvier 2021 GEP pour ouvrir le bureau français. Dans le cadre de la stratégie de croissance de GEP, il a en charge le développement de l’offre Services pour l’ensemble des pays francophones.

Geoffroy Naegelen a commencé sa carrière en tant qu’officier de Marine avant de rejoindre Central Cost, cabinet de conseil en achat et supply Chain. A partir de 2005, il a contribué à l’expansion du pole conseil de BravoSolution (devenu Jaggaer depuis 2018) où il est intervenu sur de nombreux programmes de transformation et réduction des couts tant dans le secteur public que privé. En 2012, il a lancé l’activité outsourcing pour répondre au besoin croissant des Directions Achats.

A la direction des pôles conseil et outsourcing de Jaggaer, Geoffroy Naegelen a développé une offre couvrant des sujets aussi stratégiques que le digital change, le développement durable, la supply Chain, l’innovation et l’organisation. Il apporte sa triple expertise conseil, externalisation et technologique au développement de GEP.




[i] GEP ne communique pas son chiffre d’affaires. Certaines sources estiment cependant qu’il se situerait au-delà des 300 millions de dollars. Et que l’ambition de la société au-delà des cinq prochaines années serait d’atteindre le milliard de dollars de revenus.

Publié le 18/03/2021 - Par François-Charles Rebeix

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