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Publié le 01/12/2021 - Par La rédaction

Joseph Ramos (Handeco) : « Nous assistons à l’émergence d’un mode collaboratif dans les entreprises associant les RH, la RSE et les Achats »

Délégué général Handeco, Directeur délégué HandiHA. Délégué général Handeco, Directeur délégué HandiHA.

A la fin de la cette semaine s’ouvre le salon en ligne HandiHA porté par Talents Handicap et par Handeco, l’association qui a pour vocation l’intégration de personnes en situation de handicap dans les entreprises. Ce sera la 3ème édition d’un événement soutenus par les plus grandes associations du handicap comme par les principaux réseaux nationaux d’acheteurs. Message de ses promoteurs : l’intégration du handicap peut être un élément essentiel d’une politique de développement durable, d’économie solidaire et passer par les Achats.

Comment se présente cette 3e édition d’HandiHA ? Quelles sont ses ambitions, ses soutiens ?

Cette 3e édition s’annonce formidablement bien ! Forts d’une édition 2020 très encourageante, où nous avions réunis 60 exposants, nous comptons cette année près de 70 exposants, soit plus de 10% d’augmentation. Ces exposants représentent près de 200 fournisseurs dans des secteurs d’activité très diversifiés et très innovants. Je dirai même de plus en plus diversifiés donc des propositions de services très étendues. C’est aussi ce dynamisme-là que nous voulons faire connaître. En 2020, nous avons aussi enregistré quelques 2 700 visiteurs uniques. Nous espérons bien plus encore cette année. Nous avons cette particularité de proposer un événement 100% en ligne, et par conséquent facile d’accès, 100% qualifié et 100% interactif. A l’origine, nous avions fait ce choix pour lutter contre l’isolement et la distance qui freinent l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap.

HandiHA, c’est le fleuron d’Handeco mais c’est aussi un mariage réussi entre trois acteurs : un pro du salon en ligne, Talents Handicap qui a développé la plateforme hébergeant notre évènement, un pro de l’événementiel, Morais Events, qui nous a poussé dès notre seconde édition, à nous adresser à l’ensemble des directions métiers des entreprises aux côté des directions Achats et des DRH (Ressources Humaines), nos cibles originelles. La troisième expertise, ce sont les réseaux du handicap que nous mobilisons autour de nous.

Pour finir, l’édition 2021 d’HandiHA est aussi placée sous le haut patronage d’Olivia Grégoire, Secrétaire d’État chargée de l’Economie sociale, solidaire et responsable et a pour parrain, Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises.

Vous devenez l’événement incontournable du secteur handicap ? Est-ce qu’il y a un thème particulier cette année ?

Nous confirmons en tout cas l’attractivité d’HandiHa. Cet événement devient un rendez-vous annuel majeur pour promouvoir l’intégration du handicap par l’emploi, emploi direct ou indirect, via les ESAT-EA. Nous offrons également une place particulière aux TIH (Travailleurs Indépendants Handicapés). Nous sommes soutenus par les principales associations et fédérations du secteur du handicap (APAJH, APF, UNAPEI, ANRH, La Fondation ANAIS). Cette année, nous avons aussi réuni un comité d’experts constitué de quatre collèges : Fournisseurs (ESAT/EA/TIH) ; Donneurs d’ordres et parmi eux l’ADRA (Association des Directeurs et Responsables Achats), la DAE (Direction des Achats de l’Etat), la direction des achats Paris 2024, Pas@Pas (Association de grands donneurs d’ordres), l’ObsAR (Observatoire des Achats Responsables), des entreprises comme Enedis et Sodexo ; Institutionnels avec des organismes du secteur comme l’Agefiph, l’UNEA (Union Nationale des Entreprises Adaptées), la CPME ou encore le FIPHFP (Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction publique) ; Personnalités qualifiées (Ndr : La Lettre des Achats en fait partie).

Le salon sera organisé en trois villages sur le même principe : les fournisseurs, les partenaires (donneurs d’ordres) et les prestataires comme Cap Interim France, une entreprise d’insertion dont la mission est de recruter des travailleurs handicapés ou d’accompagner les entreprises qui les embauchent ou encore La plateforme de l’inclusion, une initiative des pouvoirs publics lancée par Thibault Guilluy, Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, pour mettre en relation les employeurs solidaires avec les structures de l’ESS (IAE et handicap). Nous en sommes aussi partenaires, comme le Gesat. Nous signerons prochainement une convention avec le SEPH (Secrétariat d’Etat aux Personnes handicapées). C’est un signe important de reconnaissance.

Je reviens sur le travail réalisé par le comité d’experts. Nous nous sommes appuyés sur une consultation publique nationale en cours d’année, laquelle a permis d’identifier une dizaine d’enjeux. Le comité d’experts a sélectionné trois enjeux majeurs parmi ceux qui étaient proposés. Ces trois thématiques ont servi de fil conducteur à la préparation du programme de conférences d’HandiHA: Comment valoriser l’image du secteur handicap et se capacité à se réinventer ? Comment faire des achats public un levier pour contribuer à l’emploi des travailleurs handicapés ? Comment développer l’inclusion et les achats solidaires pour en faire un levier de compétitivité et une composante de la performance extra-financière des entreprises ?

Quelle place prend la question du handicap dans les entreprises et dans leurs politiques d’achat ?

Ce qu’il est important de dire, c’est que tous les grands acteurs restent mobilisés. La Covid qui fait toujours autant parler d’elle cette année encore, ne remet pas en cause la motivation des entreprises. D’ailleurs nous mesurons chaque année une progression du montant des Achats adressés au secteur du handicap. Nous avons en tête des exemples précis. Handeco bénéficie de l’appui de près de cinquante grands donneurs d’ordres.

Les visiteurs d’HandiHA qui s’inscriront aux conférences, aux ateliers, qui visiteront les stands avec cette possibilité que nous offrons à nouveau cette année de parcours personnalisés le constateront. Ils entendront des témoignages de bonnes pratiques achats. HandiHA est un outil permettant de sensibiliser toutes les fonctions de l’entreprise, les Missions handicap, les Ressources humaines, les Achats mais aussi les directions métiers et tous leurs collaborateurs, chacun selon ses préoccupations.

Tous ces efforts s’inscrivent aussi dans la logique du plan de transformation des ESAT présenté au début de l’année par Sophie Cluzel, Secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées. Sur les 31 dispositifs et les 17 engagements présentés qui doivent être opérationnels au 1er janvier 2022, l’un prévoit – le 11ème – de permettre aux acheteurs d’identifier les établissements sur le territoire. Le lancement de l’annuaire national des ESAT dans la cadre de la Plateforme de l’inclusion – dont nous avons parlé plus haut - fait partie de ces initiatives utiles aux Achats. D’autres devraient suivre. Des annonces interviendront peut-être pendant le salon. Plus le secteur du handicap et de l’insertion sera visible et lisible et plus la part des Achats qui lui sont adressés devrait augmenter.

Au programme des conférences, signalons celle qui portera sur le marché de l’inclusion ou comment l’Etat peut favoriser l’émergence d’outils innovants, nous l’avons vu. Une autre conférence interviendra sur les compétences des acheteurs de demain. Son contenu intéressera les acheteurs mais tout autant des représentants d’autres fonctions. Un atelier plus technique fera lien entre un sourcing efficace de fournisseurs et un achat réussi ! Des entreprises viendront témoigner de leur démarche et surtout de leurs meilleures pratiques Achats. Les intitulés sont explicites.

De nouveaux thèmes ont-ils émergé ces derniers mois ?

J’ai deux coups de cœur en particulier dans notre programme de conférences : Economie circulaire et Achats solidaires, quelles opportunités pour les acteurs du secteur handicap ? Cela concerne tous les dispositifs qui vont imposer aux employeurs publics des parts de produits recyclés. Et qui seront susceptibles d’intéresser les établissements EA/ESAT. Cela permet aussi d’envisager de développer des emplois territoriaux consacrés à la collecte et au recyclage. De vrais métiers aussi. Ce que nous efforçons tous de créer. C’est notre but. Le recyclage promet aussi de limiter le recours à des produits neufs importés. Les perspectives peuvent être vertigineuses…

Mon autre coup de cœur est une conférence sur les ESAT ou comment faire de ces structures les nouveaux acteurs de la relocalisation rurale. Les ESAT dont l’intitulé devrait évoluer pour devenir des Etablissements ou Services d’Accompagnement par le Travail et non pas d’Aide… L’orientation, c’est de privilégier l’emploi et non plus seulement développer un milieu protégé. Marché de l’inclusion et travaux de transformation des ESAT vont de pair. Ce n’est pas qu’une affaire de sémantique. Il s’agit aussi de travailler dans l’intérêt. Dans la conférence en question, nous aurons le témoignage de La Poste qui recoure à des ESAT pour maintenir un service public, des Relais Poste, sur les territoires.

Finalement, HandiHA ne permettrait-il pas de relier secteur du handicap, emploi, Achats et innovation ?

Nous assistons bien à l’émergence d’un mode collaboratif dans les entreprises avec des processus de décision tripartite associant les RH, la RSE et les Achats. La mobilisation des directions métiers est aussi très forte. Ce que nous mettons en avant sur HandiHA, c’est le développement des entreprises quelles qu’elles soient, des ESAT/EA, des TIH, des startups, de grands donneurs d’ordres. A propos d’innovation, nous allons aussi promouvoir les apports croisés du secteur du handicap auprès de startups et vice-versa. Les uns et les autres pouvant s’appuyer à la fois sur des structures solides et expérimentées mais aussi porteuses d’initiatives ou de nouvelles expertises.

Cette idée de transformation, d’utilité sociale et d’intérêt général imaginée pour les travailleurs en situation de handicap doit aussi être explorée. Il faut casser l’idée reçue du travail handicapé sans valeur ajoutée, sans perspective. Autre idée reçue à casser : le prix des prestations. Le secteur du handicap fonctionne sur les mêmes exigences coûts-qualité-délais. Si nous voulons une performance sociale, il faut qu’il y ait une performance économique ! Mais l’objectif reste de développer l’emploi sur tout le territoire. Nous y tenons beaucoup.

Publié le 01/12/2021 - Par La rédaction

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