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Publié le 15/03/2021 - Par François-Charles Rebeix

Edito 100% web #2 : Un an déjà

Difficile de ne pas commencer par ce triste anniversaire du moment qui a vu nos existences, nos activités basculer dans une crise sans précédent. Un an déjà qu’entre confinement et couvre-feu, distanciel et télétravail, webinars et autres artefacts de relations (via Zoom, Teams, etc.), l’urgence sanitaire occupe tous nos agendas. Heureusement, l’amorce de cet an II de la pandémie s’accompagne aussi du retour d’événements Achats. Ne ratez pas cette semaine la conférence EIPM et Proactis Rethink !

Les experts attendus

Vous retrouverez sur notre page Agenda le détail de ces événements. Inscrivez-vous ! A quelle question pourraient-ils répondre ? Peut-être celle-ci : et les achats dans cette crise, que sont-ils devenus ? Voilà déjà un avis : ils ont paré au plus pressé ! Sommés d’abord de fournir des moyens de protection à leurs entreprises, de sécuriser leurs approvisionnements, d’évaluer les pertes de productivité éventuelles de leurs fournisseurs, de faire face aussi à des pertes d’activités, ils se sont raccrochés à l’idée qu’ils pouvaient contribuer à la transition sociétale que tout le monde entrevoit à la fin de cette crise. Nouveaux impératifs sanitaires, transition énergétique, développement irréductible du digital, régionalisation plutôt que mondialisation des échanges, il leur faudra toujours plus de créativité pour défendre leur rôle. Dire qu’une crise change le monde ne suffira pas. Les experts de la fonction qui n’en finissent pas de vouloir prendre la parole sont attendus : nous voulons des perspectives plus que des constats ! Des outils plus que des idées. Au « comment faisions-nous hier » doit se substituer un « comment devons-nous faire désormais ».

Signes avant-coureurs

Nul doute que nous allions tous commencer à guetter les premiers bilans at autres rapports d’activité 2020 des grandes entreprises, le Cac 40 et les autres. Nous voulons savoir non seulement quand nous allons nous sortir de cette crise Covid mais surtout dans quel état. D’aucuns pensent – et ils ont sans doute raison – que les conséquences économiques sont encore devant nous. Il reste à évaluer dans quelle proportion.

Premiers éléments de réponse avec une étude PwC sortie il y a quelques jours. Au terme de l’exercice 2020, les chiffres d’affaires du Cac 40 ont baissé de 11,2% (soit – 146 milliards d’euros) mais ce sont surtout les résultats nets qui chutent de 51% soit 39 milliards d’euros, autrement dit une perte de 41,4 milliards. Bien évidemment, le coronavirus reste l’explication majeure à ce recul. Un contexte hautement conjoncturel donc qui cache cependant quelques disparités intéressantes sinon étonnantes pour certaines. Voyons déjà les secteurs en croissance… limitée (dixit PwC) : les services aux consommateurs, les technologies, les télécommunications et la santé. Ils sont encore quatre contre neuf en 2019 et douze entreprises du 37 analysées. Parmi les gagnants (à la fois en chiffre d’affaires et revenus nets), notons Capgemini (respectivement, CA +12,2%, revenus nets +11.8%), Dassault Systèmes (CA +10,1%, revenus nets +3.6%)

Orange (CA +0.1% et revenus nets +60,5%) ou encore STMicroelectronics (CA +6.9%, revenus nets 7,2%). D’autres progressions de chiffres d’affaires cachent aussi des reculs de résultats : Crédit Agricole (CA +1,7%, revenus nets -44,4% ou Alstom (CA+1.6%, revenus nets -31.4%).

Six secteurs d’activités subissent des pertes importantes : les biens de consommation, les industries, le pétrole et gaz, les matériaux de base, les sociétés financières et les services aux collectivités. Nous avons moins consommé (notamment en CHR), nous nous sommes moins déplacés (Air, rail et route), nous avons moins bâti, nous nous sommes moins équipés, nous nous sommes moins fait plaisir (recul du luxe). Elles sont 28 sociétés) à enregistrer, outre des reculs de chiffres d’affaires, des chutes de revenus : Total (-5.9 milliards d’euros), Renault (-8 milliards d’euros), Airbus (-1.1 milliards d’’euros), ou Engie (-1.5 milliards d’euros). Conséquences : des plans d’économies pour 18 d’entre elles (parmi lesquelles Danone, Michelin, Renault, Saint-Gobain, Thales, Air Liquide, etc.).

En vert et contre tout

Un dernier petit détail : elles sont aussi 22 sociétés à avoir dans leurs rapports d’activité largement détaillé et valorisé leurs stratégies RSE (neutralité carbone à horizon 2050, éléments de notation extra-financière ou encore indicateurs clés de leurs plans d’action). De quoi aider sans doute les achats à se recycler dans la future économie verte !

Déjà selon une autre étude présentée à la fois par les Nations Unies et l’Université d’Oxford, seules 18% des dépenses annoncées par les 50 plus grandes économies du monde dans le cadre de leur plan de relance pourraient être considérées comme écologique. Faut-il être optimiste pour les futurs résultats de 2021 ? Dans notre pays, la croissance attendue cette année serait de 5,5% (Insee). Une reprise que certains qualifient de lente. Consommer ou investir ? Tenir ou courir ? That’s the question ! A suivre….

CAC 40 : Quelques exemples de réductions des coûts envisagés :

Danone, Extrait du CP FY 2020 :

"Afin d'atténuer ces effets négatifs [Covid-19], Danone a intensifié ses efforts en matière d'efficacités et de maîtrise de coûts, en particulier au cours du second semestre, ce qui a permis à l’entreprise d’améliorer sa productivité de plus de 280 pb en 2020, et de réaliser près de 850 millions d'euros d'économies. En 2020, le programme Protein a permis de réaliser plus de 300 millions d'euros d'économies supplémentaires, ce qui porte le total des économies du programme à 1,3 milliard d'euros depuis 2017."

Michelin, Extrait du CP FY 2020 :

"des réductions de SG&A [frais généraux et administratifs] de 240 millions € suite aux mesures d’économies prises pour faire face à la crise"

Renault, Extrait CP FY 2020 :

"L’atteinte, dès la première année, de 60% (contre 30% annoncés) des objectifs du plan d’économies de 2 milliards d’euros et la mise en œuvre de la nouvelle politique commerciale du plan stratégique « Renaulution », sont à l’origine de ces résultats." et "Ce résultat est le fruit des efforts de tous, de l’accélération réussie du plan de réduction des coûts fixes et d’une amélioration de notre politique de prix." également "L’amélioration de 172 millions d’euros des frais généraux s’explique pour partie par la chute de l’activité au premier semestre mais aussi par les efforts de l’entreprise pour limiter ses coûts dans le cadre du plan « 2o22 »."

Saint-Gobain, Extrait CP FY 2020 :

"Sur l’ensemble de l’année, nous avons réalisé des économies importantes à hauteur de 690 millions d’euros, avec notamment la contribution de « Transform & Grow » qui a atteint avec un an d’avance l’objectif de 250 millions d’euros de gains structurels sur 2019-2020, des baisses significatives de dépenses discrétionnaires au plus fort de la crise, la bonne mise en œuvre de nos programmes d’excellence opérationnelle, et enfin le lancement de mesures supplémentaires d’adaptation pour baisser le point mort d’activités partout où la reprise est plus incertaine."

Thalès, Extrait CP FY 2020 :

"Dès le début avril 2020, Thales a mis en œuvre un plan global d’adaptation à la crise afin de maintenir ses capacités productives au service de ses clients, de limiter les impacts industriels et financiers de cette crise et de renforcer ses capacités de financement au cas où la crise s’amplifierait ou se prolongerait. Ce plan a généré des économies estimées à environ 850 M€ sur l’année, ainsi qu’une baisse de 25% des investissements d’exploitation à périmètre constant."

Air Liquide, Extrait CP FY 2020 :

"Les efficacités [une réduction pérenne de la base de coûts] s’élèvent à 441 millions d’euros sur l’année, en légère hausse de + 1,8 % par rapport à 2019 malgré la baisse des volumes du fait de la crise sanitaire, et dépassent largement l’objectif annuel désormais fixé à plus de 400 millions d’euros. Elles représentent une économie de 2,8 % de la base des coûts. Les efficacités industrielles contribuent pour près de 50%, soutenues par des investissements dans des projets d’efficacités, notamment d’optimisation de la chaîne d’approvisionnement dans l’Industriel Marchand et d’efficacité énergétique dans la Grande Industrie. La mise en place d’outils digitaux pour la transformation du Groupe continue, avec l’accélération du déploiement des centres d’opération à distance d’unités de production Grande Industrie (Smart Innovative Operations, SIO), de nouveaux outils d’optimisation des tournées de livraison en Industriel Marchand (Integrated Bulk Operations, IBO), et la mise en place d’une plateforme de suivi à distance des patients dans la Santé. Par ailleurs, les réductions de coûts exceptionnelles du plan de réponse à la crise sanitaire sont liées au faible niveau d’activité et ne sont pas, du fait de leur nature, soutenables dans la durée."


Source PwC



Publié le 15/03/2021 - Par François-Charles Rebeix

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