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Publié le 08/06/2021 - Par François-Charles Rebeix

Edito 100% web #12 : Pas de RSE sans inclusion, tout secteur d'activité confondu

Ce mois de juin signe le retour de l’inclusion. A commencer par l'événement le plus emblématique, l’Inclusiv’Day, organisé par le groupe Les Echos-Le Parisien et LVMH. Ajourné en 2020 pour cause de Covid, l’ex-Salon du Handicap et des Achats Responsables est revenu cette année en mode 100% digital. Une nouvelle appellation pour une ambition renouvelée : favoriser l’insertion de tous les publics éloignés de l’emploi en raison d’un handicap ou de toute autre difficulté sociale. Les entreprises peuvent d’autant plus y contribuer en en faisant un axe de leurs engagements RSE.

Exclusions ou restrictions, même combat

Ce mois-ci, c'est aussi la fin des restrictions en raison de la pandémie. Partout, les mesures de retour à la normale s’étendent. Plus de couvre-feu, ouverture de tous les commerces, fin du masque obligatoire même s’il ne faut pas renoncer trop vite aux gestes barrières. Avons-nous tous mesuré ce que ces presque dix-huit mois écoulés ont signifié en termes d’exclusion, de restrictions ? De quoi sans doute comprendre ce que d’autres que nous ressentent en termes de limitation, à commencer par les personnes en situation de handicap. Et de cette compréhension, faire de l’insertion de tous - et notamment par l’emploi - un engagement. Les entreprises l’ont compris. Bien sûr, la loi les y oblige. Les entreprises de plus de 20 personnes sont tenues de consacrer 6% de leur masse salariale à l’emploi direct de personnes en situation de handicap ou sous-traiter à des EA (Entreprises Adaptées) ou ESAT (Etablissement ou Service d’Aide par le Travail). Mais il y a plus que cela : aujourd’hui, ce serait affaire de génération, les plus jeunes, toujours plus en quête des sens, se reconnaissent dans les engagements de la RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale).

Fini le STPA, vive l’inclusion !

La semaine passée, l’excellente chronique “Ne m’appelez plus STPA” signée par Yann Le Coz publiée sur notre site (à lire ici), déchaînait les commentaires sur… Linkedin. Mais que voulait bien dire STPA ? Secteur du Travail Protégé et Adapté ! Un acronyme qui n’est quand même pas ignoré des acheteurs ! Ou alors par ceux qui ne liraient pas suffisamment La Lettre des Achats. Récemment, Joseph Ramos (Handeco), dans un entretien publié en novembre dernier sur notre site à la veille d’HandiHA, un salon digital qui fait le lien entre donneurs d’ordres et le secteur des EA et des ESAT, faisait de l’insertion par l'activité économique une démarche beaucoup plus ouverte que le seul travail protégé (lire l’entretien ici). De son côté, Denis Charrier (Gesat), dans un autre entretien accordé au site de La Lettre des Achats, au début de l'année, confirmait cette volonté d’élargissement des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Avec ce trait commun à tous : permettre aux entreprises de valoriser leurs actions dans une seule et même perspective d’un développement durable. (lire l’entretien ici)

De nouveaux métiers possibles

Lors de cette journée InclusiveDay, nous avons noté l'intervention de Christophe Sherrer, Directeur général délégué de Malakoff Humanis, venu présenter les résultats 2021 de son étude Emploi & Handicap. Quelques chiffres pour situer les enjeux : déjà, 100% des entreprises de plus de 250 salariés déclarent employer des salariés handicapés (contre 72% des entreprises de 10 à 49 salariés). Les entreprises de l’industrie et de la construction sont les plus nombreuses à employer des personnes handicapées : 82%, contre 80% dans les services. Le handicap moteur est nettement plus représenté dans les entreprises que les autres formes de handicap (sensoriel, cognitif, psychique, mental) : 84% des entreprises emploient, ou ont employé, un salarié souffrant d’un handicap moteur, contre 6% pour le handicap mental. Du côté des dirigeants, 46% estiment que toutes les fonctions au sein de leur entreprise pourraient être occupées par une personne handicapées même si celles-ci occupent principalement des postes de production (40%), d’administration (35%) ou de manutention (23%). Enfin, la moitié des entreprises déclare faire appel aujourd’hui au secteur protégé (ESAT ou entreprises adaptées) pour la sous-traitance ou l’achat de prestations.

Le constat maintenant : ce qui freine le recrutement de personnes en situation de handicap, c’est l’inadéquation avec les métiers exercés dans l’entreprise (68%), les investissements nécessaires à l’aménagement des locaux et des postes de travail (35%), et le manque de connaissance et de formation sur le handicap (21%). Il s’agit là d’emploi, mais les EA comme les ESAT doivent ressentir les mêmes déficits vis-à-vis de leurs donneurs d’ordres. Lesquels témoignent eux aussi du potentiel d’élargissement des missions que l’on peut confier en sous-traitance (et en co-traitance dans le cadre de cahier des charges de plus en plus élaborés). L’aménagement des espaces verts ou les travaux d’entretien ne sont plus les seules missions possibles. Enfin, la catégorie des TIH (Travailleurs Indépendants Handicapés) continue de monter en puissance à l’instar du freelancing qui connaît lui aussi un développement très fort.

Montée en puissance des donneurs d’ordres

Parmi les intervenants de cette journée de l’inclusion, les témoignages de Bertrand Pouilloux, Directeur des Achats d’Enedis, et de Françoise Guillaume, Directrice des Achats de la Société Générale, sont venus éclairer l’engagement des Achats. Attention : le mouvement est sincère, la communication appuyée mais les chiffres révélés restent faibles : 4 milliards d'euros d’achats pour Enedis, 5 milliards pour la Société Générale, mais 14 millions d’euros (seulement) auprès des EA/ESAT/TIH pour les deux. Allez, osons un commentaire : ils peuvent sans doute mieux faire !

Prochaines étapes : le 29 juin prochain, le Gesat dévoilera à son tour les résultats de son Observatoire des Achats, sa traditionnelle enquête sur les résultats et les attentes croisées entre les donneurs d’ordres et les EA/ESAT/TIH. Handeco ne sera pas en reste : la troisième édition du salon HandiHA se tiendra en décembre prochain (voir notre agenda). Et pour le préparer au mieux, Handeco et ses partenaires (dont La Lettre des Achats) vous proposent de choisir les thèmes principaux à traiter durant l’événement. Vous pouvez encore participer (jusqu’au 30 juin) : voici le lien vers cette enquête. Nous aurons l'occasion de revenir sur tous ces rendez-vous. A suivre...


Communiqué de presse Malakoff Humanis Emploi & Handicap 2021

Publié le 08/06/2021 - Par François-Charles Rebeix

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