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Publié le 06/05/2021 - Par Guillaume Trécan

Benchmark Brapi : le marché des prestations intellectuelles repart de plus belle

François Tourrette, fondateur de Brapi François Tourrette, fondateur de Brapi

La neuvième édition du Benchmark Brapi sur les achats de prestations intellectuelles, vient de sortir. Cette édition solde les comptes de la crise qui a temporairement mis un coup à l’envolée des TJM, mais pas pour tous les profils et pas durablement.

Le constat dressé par le fondateur de Brapi (Benchmark des responsables achats de prestations intellectuelles), François Tourrette, en s’appuyant sur les témoignages d’une soixantaine de responsables achats membres de son club est très net : tandis qu’ils étaient, avant le premier confinement de 2020, 77 % à attendre une hausse des TJM informatiques, ils sont cette année 81 % à constater leur baisse. « Des fournisseurs proposaient d’eux-mêmes des remises assez significatives pendant la première partie de la crise sanitaire et, en fin d’année, à l’heure des référencements, les acheteurs ont relancé ces discussions », constate François Tourrette. Ces renégociations de TJM ont concerné 63 % des acheteurs du panel de Brapi, interrogé entre octobre 2020 et février 2021. Ils sont également 57 % à avoir mené des actions de limitation des dépenses.


Évolution des TJM informatiques

Action sur les achats de prestations intellectuelles

Recul du chiffre d’affaires des ESN et des sociétés de portage

Parmi les différents acteurs qui composent le marché des prestations intellectuelles, les grandes entreprises de services du numérique (ESN) ont ainsi encaissé le coup, aussi bien sur leur chiffre d’affaires, avec des reculs allant jusqu’à 6 %, que sur leur marge opérationnelle. « Si l’on observe les résultats publiés par une vingtaine de grandes ESN en 2020, leur marge opérationnelle s’est encore réduite de 2 % en moyenne. Or ces entreprises ont déjà fait depuis plusieurs années des efforts de productivité considérables », constate François Tourrette.


Marge opérationnelle des ESN

Autres perdants de la crise, les sociétés de portage salariale ont vu leur chiffre d’affaires cumulé reculer de 1,16 milliard d’euros en 2019 à 916 millions d’euros en 2020. « Cette chute est due au fait que près de 20 % des experts en portage étaient spécialisés dans la formation. Les sociétés qui portaient des formateurs ont donc perdu entre 20 % et 30 % de leur activité », analyse le fondateur de Brapi.


Chiffre d’affaires estimé des sociétés de portage salarial (en M d’€)

Plus de 20 % de croissance pour les plateformes d’intermédiation

Ces mauvaises fortunes ne changent rien au fait que la crise aura tendance à favoriser le recours à des prestataires externes. « Les donneurs d’ordres ont des projets mais les recrutements sont gelés, elles font donc appel à la sous-traitance », constate François Tourrette. En outre, le marché des prestations intellectuelles reste pénurique et donc haussier pour une proportion d’environ 20 % des profils. « Ces profils d’experts et de sachants restent plutôt à la hausse », confirme François Tourrette, qui cite par exemple les experts cyber-sécurité, cloud et devops. « Face aux grands groupes traditionnels, les pure-players type Doctolib ou Blablacar se décident plus vite à les recruter, quitte à payer plus cher. Ils n’ont pas de référencements comme peuvent en avoir les grands groupes, ils négocient au cas par cas », explique François Tourrette.

Une partie de cet engouement pour les indépendants aux profils pointus rejaillit d’ailleurs sur les plateformes d’intermédiation. « Depuis le premier trimestre 2021, on constate une explosion des demandes. Sur les plateformes d’intermédiation, cela se traduit par une progression du chiffre d’affaires entre +20 % et +30 % par rapport à l’an dernier », affirme le président de Brapi qui table sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 930 millions d’euros en 2021, après 680 millions d’euros en 2020. Un dynamisme qui fait rêver, mais à relativiser tout de même. « Cela ne fait jamais qu’un peu moins d’un milliard d’euros sur un marché des prestations intellectuelles de 30 à 40 milliards d’euros », recadre le fondateur de Brapi.


Chiffre d’affaires estimé des plateformes d’intermédiation

Ces sociétés risquent en tout cas de peiner à suivre le rythme, sur le plan du référencement et de la qualification d’experts. « Elles ont aujourd’hui toutes des difficultés à trouver des profils », reconnaît François Tourrette qui pronostique une forte concurrence entre elles pour faire rentrer des talents… d’autant que Linkedin s’apprêterait à entrer sur le marché dès septembre prochain, selon une information relayée par la chaîne en ligne Canal Xerfi.

Déjà le marché a commencé à se consolider, avec notamment le rachat par Freelance.com (plateforme Talenteed) d’Inop’s et Coworkees et le mariage d’Alliance High Tech et SystemGie, qui forment le groupe Alliance Global Procurement, une entité à 230 millions d’euros de chiffres d’affaires désormais leader du marché.


57 sociétés d’intermédiation passées au crible

Pour la deuxième année consécutive, Brapi propose un référencement de ces sociétés, assorti de fiches détaillées de présentation. Sur 83 sociétés d’intermédiation identifiées, elles sont cette année 57 à avoir répondu aux questions de François Tourrette, contre 47 l’an dernier. Certaines, comme par exemple Malt ou Little Big Connection (LBC), proposent tous types de profils ; d’autres, comme Comète et Le Hibou, seulement des experts informatiques ; voire seulement des profils achats comme Twineed’s. Beaucoup se contentent d’être des plateformes de référencement. D’autres comme LBC proposent en plus un outil de VMS pour gérer les prestations. Les typologies de profils de prestataires diffèrent également. Certaines plateformes n’ont que des indépendants, tandis que d’autres proposent également des TPE, PME et ETI.

« D’une manière générale nous voyons une forte augmentation des structures de support pour les prestataires : plateforme d’intermédiation, sociétés de portage salarial, management de transition, portage commercial… Le monde du travail est en train de changer et les Achats eux aussi doivent s’adapter et s’ouvrir à ces nouveaux modes de fonctionnement », estime François Tourrette, qui salue en particulier l’assouplissement des process de référencement des acheteurs de prestations intellectuelles, de plus en plus dynamiques.

Publié le 06/05/2021 - Par Guillaume Trécan

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