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Publié le 21/06/2021 - Par François-Charles Rebeix

Axys Consultants : une solution « maison » pour les achats inclusifs chez Transdev

Axys Consultants se lancerait-il dans l’édition logicielle ? En développant une solution destinée à identifier les achats inclusifs et en l’installant chez Transdev, le cabinet de conseil va se mesurer aux outils des éditeurs qu’il recommande d’autre part. Mais la cause des achats inclusifs mérite une approche innovante. Et sans doute n’y a-t-il pas beaucoup d’alternative dans un domaine encore très spécifique. L’histoire le dira. Celle-ci a débuté à la fin de l’année dernière…

A l’origine de ce projet, il y a un consultant, Vincent Martegoutte, directeur au sein de la BU Achats d’Axys, mais sensibilisé de longue date aux achats responsables en général et au handicap en particulier. Il y a aussi des équipes de consultants, des développeurs, des datas scientistes. Ensemble, ils ont réfléchi aux solutions permettant de combiner leur approche achats et un ensemble de données (dont beaucoup en open source) dans un outil puissant, intuitif, visuel, capable de passer « à la moulinette » une base de fournisseurs sur des critères dits Achats inclusifs (insertion/handicap/économie sociale et solidaire). Il fallait aussi un client à accompagner. Il y a donc eu aussi impliquée dans le projet, Florence Baiget, Directrice des Achats du groupe Transdev (mobilité, transports publics). Voici leurs témoignages. Un dialogue à trois mais présenté en deux entretiens pour plus de clarté.

Vincent Martegoutte, Axys Consultants : « Nous donnons des informations à nos clients pour qu’ils les intègrent de façon pérenne dans leurs systèmes. »


En deux mots, quelle est la genèse de ce projet ?

Cela fait dix-sept ans que je suis dans les Achats, d’abord dans des postes opérationnels, puis dans le conseil. Je travaille sur la question des Achats responsables depuis 2008. J’étais à la Société Générale à cette époque, category manager chargé des achats de mobilier. Bois et développement allant de pair dans l’esprit des responsables de l’époque, voilà comment nous avons démarré. J’ai ensuite travaillé sur le handicap.

C’est très récemment, en fin d’année dernière, que nous nous sommes posés la question, chez Axys Consultants, de relancer le sujet sur le volet Achats Inclusifs. De plus en plus d’entreprises déclarent faire en effet des achats responsables. Ce serait bien de pouvoir le mesurer. Mais sur quels critères ? Comment les valoriser ? Il s’agissait donc de pouvoir identifier chez nos clients, dans leur portefeuille de dépenses les prestataires qui revendiquaient une approche Achats responsables, et plus particulièrement dans une dimension sociale.

En quoi consiste votre approche et pourquoi la réserver aux achats inclusifs ?

Notre démarche consiste à identifier, quantifier puis valoriser la part de ces dépenses dans leurs Achats afin que nos clients puissent le faire valoir auprès de leurs parties prenantes, leurs salariés mais aussi, bien sûr, leurs propres clients.

C’est d’ailleurs un critère de plus en plus présent dans les appels d’offres. Et la part de ces dépenses figure aussi de plus en plus dans les DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière). Nous fournissons autant d’éléments qui permettent d’alimenter leurs rapports.

Nous ne cherchons pas à couvrir tout ce que font nos clients en matière d’achats responsables. Nous nous concentrons sur le volet social avec d’une part le handicap et les entreprises de ce secteur, EA et/ou ESAT, et d’autre part, l’insertion avec les divers établissements d’insertion et enfin un volet économie sociale et solidaire avec près de 265 000 entreprises dédiées. Ce dernier secteur a particulièrement le vent en poupe. Ces entreprises mettent en place une gouvernance participative de même qu’elles réinvestissent leurs profits plutôt que de les distribuer. Elles disposent d’un label pour les distinguer.

Comment avez-vous développé votre outil ?

Nous avons conçu cette application pour Transdev, un groupe de mobilité (transports publics) qui travaille avec des mairies, des régions, ces informations démontrant la capacité de maintenir localement une activité sont particulièrement appréciables.

Nous avons constitué une base de près de 300 000 entreprises. Nous avons aussi développé un volet plus géographique qui intègre les quartiers prioritaires dans le cadre de la politique de la ville (QPV), autant de zones franches en matière fiscale fixées par l’Etat avec son pendant rural, les zones de revitalisation (ZRR).

Il existe plus de 17 000 zones de revitalisation sur le territoire. Elles sont définies pour six ans. La liste devant être mise à jour fin 2022, nous devrons alors actualiser nos données. Notre mission consiste à identifier dans le portefeuille de fournisseurs de nos clients ceux qui sont installés dans ces territoires spécifiques. Ce qui est valorisé auprès de nos clients sur ces deux critères, c’est leur capacité à participer au maintien du tissu économique local, que ce soit dans les quartiers prioritaires ou dans les zones rurales.

Quelles sont les donnés que vous avez collectées ? Comment sont-elles mises à jour ?

Nous avons constitué notre base à partir de plusieurs données disponibles. Nous avons croisé des annuaires généralistes, spécialisés ainsi que des données open source. L’Etat met beaucoup de données à disposition. Les DIRRECTE devenues les DREETS (Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) depuis le 1er avril de cette année mettent par exemple à disposition la liste des entreprises adaptées dans leurs régions. Le challenge n’était pas tant de récupérer ces données mais de croiser plusieurs sources pour constituer une base unique et « propre ». En 2022, avec la mise à jour que va faire l’Etat, nous allons historiser les anciennes données et intégrer les nouvelles et nous ferons à nouveau tourner notre « moulinette ».

Notre utilisation est simple : nous identifions les fournisseurs à partir de leur SIRET et de leur adresse, leur domaine d’intervention (handicap, insertion, ESS), leur localisation en fonction des zones dont nous avons parlé. Un même tiers peut combiner plusieurs critères. Nous restituons ces informations en intégrant les données d’organisation et de segmentation Achats de nos clients. Ce qui permet aux équipes de bien visualiser les périmètres d’intervention de leurs fournisseurs, région par région.

Transdev nous a fourni une liste de 15 000 fournisseurs. Et nous en avons ressorti près de 13% - soit près de 2 000 d’entre eux - répondants à nos critères. Et qui a priori n’étaient pas tous identifiés comme appartenant aux domaines ciblés (handicap, insertion, économie sociale et solidaire). Ce n’est pas anormal en soi : Transdev est un groupe qui s’est constitué au fil du temps. Qui recense près de 250 entreprises, ne serait-ce qu’en France. L’information peut se perdre, déjà au niveau opérationnel. Ensuite, ces données sont souvent gérées par les RH, pas forcément par les Achats avant que ces derniers ne s’y intéressent. La maturité du système d’information en place peut aussi parfois être un frein

Il y a beaucoup de raisons qui font que les groupes ne disposent pas de l’information la plus complète. Beaucoup d’entre eux suivent bien désormais le handicap. Mais c’est le seul critère. Les volets insertion et ESS sont encore largement ignorés. Or ils peuvent être également valorisés.

Comment vos clients exploitent-t-ils les données que vous mettez à sa disposition ?

C’est que nous avons choisi de faire, c’est un référentiel vivant. Que ce soit du côté des tiers ou des clients. Et de leurs relations entre eux qui sont elles aussi susceptibles d’évoluer. C’est aussi un critère de choix possible pour nos clients que de transposer une partie de leur dépense depuis des fournisseurs dits classiques ou ordinaires vers des fournisseurs qui revendiquent telle ou telle caractéristique pour améliorer leur empreinte sociale. Nous donnons ces informations à nos clients pour qu’ils les intègrent de façon pérenne dans leurs systèmes. Le but ensuite, c’est de travailler à partir des données fournies pour bâtir un plan d’action. Si une région peut faire, par exemple, 22% d’achats inclusifs, et une autre, 3% seulement, il va falloir travailler sur les différentes catégories d’achat, transposer ce qui a été constaté sur d’autres territoires. Promouvoir de cette façon, les mêmes principes, les mêmes pratiques.

Lorsque j’ai commencé à travailler sur le sujet de l’insertion du handicap, les données notamment financières, récupération des équivalences pour réduire la taxe Agefiph, étaient prépondérantes, notamment en interne chez la plupart des donneurs d’ordres. Aujourd’hui, il y a un peu plus de conscience qu’il n’y a pas que les aspects financiers même s’il y a quand même à la clé des possibilités de rationalisation et donc d’optimisation.

Une cartographie permet d’établir un constat. Tout ce qui se mesure s’améliore ! C’est le parti que nous avons pris. Dans notre domaine, nous connaissons bien les achats, les achats responsables et nous avons aussi des spécialistes de la data. Voilà ce qui nous a permis de monter ce tableau de bord. Nous avons croisé nos compétences.

L’exercice n’est pas facile mais décrivez-nous l’écran d’accueil de votre application…

Nous présentons, en haut de l’écran, les différents filtres Handicap, Insertion, ESS, QPV et ZRR. A gauche, nous proposons des filtres « client » : leurs familles d’achats, leur organisation. Tous sont activables. La ventilation entre famille s’affiche de même que la liste des entreprises qui relèvent de la sélection faîte. Nous remettons en perspective la dépense globale, le nombre total de fournisseurs, ceux qui relèvent des achats inclusifs. Le premier écran propose des informations synthétiques. Nous avons également développé plusieurs onglets pour pouvoir zoomer sur différentes dimensions (classement des fournisseurs par montants d’achats, localisation, etc.). Cette approche géographique permet aussi aux acheteurs d’aller chercher des fournisseurs potentiels en fonction de leurs implantations). Pour les donneurs d’ordres avec plusieurs implantations sur le territoire – comme Transdev – c’est aussi un outil de benchmark qui permet de comparer les résultats obtenus d’un site à l’autre, d’une région à l’autre.

Quel avenir pour cet outil qui a sans doute représenté un certain investissement ?

Cet outil a été développé en interne, et mis en œuvre pour Transdev. Il a été bien « industrialisé » depuis. C’est une combinaison de solutions en mode SaaS mais les clients n’y accèdent pas. Nous leur donnons un résultat d’analyse via un tableau de bord dynamique

Nous avons maintenant l’intention de le commercialiser auprès d’autres clients potentiels, notamment dans le secteur de la bancassurance, particulièrement sensibles à ces sujets, inclusion et territoires. Nous avons déjà commencé à le présenter. Nous utilisons plusieurs technologies que nous avons associées pour fournir un résultat à nos clients. Power BI a été retenu pour le volet data visualisation et rendre dynamique l’analyse. Les clients récupèrent donc la liste de leurs fournisseurs identifiés comme « inclusifs » et les critères associés, ainsi qu’un tableau de bord prêt à être intégrés dans leur environnement SI. Son coût sera fonction du nombre de fournisseurs à qualifier, adossé à un forfait de base. Il pourrait se situer entre 10 000 et 15 000 euros.

Nous avons constitué une base de près de 300 000 tiers. Nous construisons une segmentation homogène compatible avec celle de nos divers clients. Déjà, il n’existe pas de référentiels harmonisés du côté des différents tiers dans leur catégorie respective. Pour résumer, ils décrivent plutôt souvent eux-mêmes ce qu’ils font. Nous avons collecté tous ces champs d’activité. Nous allons les structurer pour que cela soit encore plus simple d’y travailler.

A propos des QPV et des ZZR, nos datas scientistes nous ont aussi beaucoup apporté dans la modélisation de ces données sur une carte pour pouvoir, en fonction des coordonnées adresses des fournisseurs, déterminer à une rue près s’ils figurent ou pas dans ces zones.

Nous développons également des fonctionnalités de sourcing pour faciliter la mise en œuvre des plans d’actions et permettre de faire le lien entre fournisseurs et donneurs d’ordres. Notre application va grandir. Certains prospects nous disent utiliser plus de 100 critères dans le cadre de leurs politiques d’achats RSE. Nous verrons ce que l’on pourra intégrer à l’avenir dans nos outils de calcul.

Vous ne redoutez pas d’entrer en concurrence avec des outils existants que vous pourriez proposer à vos clients ?

Nous nous voyons comme une alternative à des bases de données qui peuvent exister d’autre part, Altares, BVD ou Ecovadis, pour ne pas les citer. Déjà, ce sont des critères qu’ils ne suivent pas. D’autre part, ces prestataires ne permettent pas forcément de croiser les données comme nous le faisons en intégrant également celles des clients. Nous comblons un manque. Nous sommes en fait plus complémentaires que concurrents.


Florence Baiget, Directrice des achats du groupe Transdev : « Disposer de ces données nous permet de participer davantage encore à la stratégie de l’entreprise. »


Qu’est-ce qui vous a intéressé dans la solution proposée par les équipes d’Axys Consultants ?

Ce partenariat avec Axys s’est inscrit dans le cadre du renforcement de notre politique Achats Responsables structurée en 3 axes : environnemental, éthique et sociétal. La dimension sociétale se traduit par un objectif de développement des achats inclusifs. Il importait d’abord de s’accorder sur ce que nous mettons derrière « Achats inclusifs » en calant précisément le périmètre embarqué dans cette définition : Handicap / Insertion /ESS / Quartiers Prioritaires de la ville / Zones rurales à revitaliser. Ensuite, il nous est apparu fondamental d’établir notre « point 0 » en disposant d’une mesure de nos pratiques actuelles. Dans un environnement particulièrement décentralisé comme Transdev, cette mesure devait être faite au plus près du terrain afin de pouvoir livrer à chaque manager son indicateur sur son périmètre de responsabilité.

Axys Consultants, qui a excellente connaissance des fonctionnements de Transdev, a été en mesure de comprendre ce besoin en mettant à disposition des opérationnels, des managers, cette vision. Il est en effet fondamental pour nous que cette ambition « Achats inclusifs » soit un sujet porté par les managers opérationnels et par la Direction des Achats. La possibilité d’analyser les données selon des axes catégories d’achats et organisation répondait parfaitement à cette nécessité.

Quelles sont les qualités de ce projet ?

La vitesse d’exécution dans cette collaboration avec Axys Consultants a été particulièrement appréciable. Nous nous sommes compris très vite sur le besoin et la solution proposée était capable de couvrir l'ensemble de nos attentes dans des délais records. La qualification Handicap / Insertion / ESS est relativement simple d’accès là où la qualification QPV et ZRR est beaucoup plus complexe.

L’aspect BI (Business Intelligence) de la solution Axys était lui aussi très important. Qualifier un panel et donner un résultat, c’est bien mais pas suffisant. Là, ce qui intéressant, c’est l’autonomie qui nous est fournie. Nous pouvons construire nos plans d’action. La solution est dynamique, intégrée dans notre tableau de bord Achats. Elle est très agile et s’inclue très aisément dans notre mode de fonctionnement. Nous pouvons manager ce sujet achats avec nos opérations. Nous sommes capables de qualifier en permanence nos fournisseurs, ceux qui entrent, ceux qui restent ou pas. L’ensemble est à la fois exhaustif, efficace et visuel !

A quel périmètre Achat correspond-il ? Quels sont ses objectifs ?

Aujourd’hui, sur un montant total d’achats d’un milliard d’euros pour la France, les achats inclusifs représentent 6,3%. C’est le reflet des initiatives existantes : Transdev est une entreprise dont l’ancrage territorial est un atout majeur. C’est une base sur laquelle nous allons pouvoir construire pour progresser dans notre politique en particulier sur l’Insertion et le Handicap. L’intérêt de la mise à disposition de la BI est également la transparence de la donnée qui permet un partage des initiatives existantes d’une région à l’autre. C’est la puissance de la donnée qui peut pousser aussi à une mise en réseau des initiatives.

En quoi cet outil vous aide-t-il à vous inscrire dans la stratégie de l’entreprise ?

Avec cet outil et les indicateurs disponibles, nous pouvons aussi répondre de manière plus précise à nos clients. En effet, les collectivités sont sensibles à cette dimension de l’emploi, de l’insertion, de l’inclusion sur leur territoire. Elles se montrent de plus en plus exigeantes sur tous ces sujets de type RSE dans leurs appels d’offre. Nous ne disposions pas jusqu’alors de toutes ces données à la maille du territoire. Nous pouvons maintenant valoriser nos externalités positives sur un territoire donné et e faire une source de différenciation. Disposer de ces données nous permet de participer davantage encore à la stratégie RSE de l’entreprise.

Quelle autre solution utilisez-vous dans votre SI Achats ?

Nous avons opté pour Per Angusta pour la gestion du plan d’action Achats, la collecte des économies, la base contractuelle digitalisée. Nous sommes ravis de cette solution. Notre solution P2P est CODA. Nous investissons par ailleurs beaucoup dans la BI et la robotisation.

Transdev en résumé

Transdev opère 17 modes de transports au service des collectivités, des entreprises et du grand public. Le groupe est implanté dans 17 pays sur 5 continents. Il emploie 83 00 personnes.

Chiffres d’affaires (2020) : 6,8 milliards d’euros

Montant des Achats : 2,5 milliards d’euros (Monde) dont un milliard d’euros pour la France.

Effectifs Achats : 45 ETP dont 25 en France.

Portrait

Florence Baiget

46 ans

Centrale Marseille & IAE Aix en Provence & Executive Master HEC

22 ans d’expérience dont 16 ans dans la fonction Achats

Parcours professionnel : SHELL / PSA Peugeot Citroën / SUEZ / Transdev


Axys Catégorisation Spend Achats Inclusifs 20210604

Publié le 21/06/2021 - Par François-Charles Rebeix

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