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Publié le 10/10/2019 - Par la rédaction

Salon Solutions 2019 : un P2P ne ressemble pas toujours à un autre P2P

Toutes les solutions Procure-to-Pay se valent-elles ? Comment les différencier ? C’est à cette question qui taraude nombre de responsables achats au moment de s’outiller pour la première fois ou de renouveler leur SI achats qu’un plateau d’éditeurs composé d’Esker, Jaggaer, Determine, Basware et Proactis, a tenté de répondre lors du Salon Solutions 2019 qui s’est tenu à la Porte de Versailles du 1er au 3 octobre.


Seul directeur achats présent lors de la conférence, Laurent Jeanmaire de l’agence SQLI, spécialisée dans les services digitaux, a expliqué que son choix en faveur de Determine avait été dicté en premier lieu par la parfaite adéquation de la solution à ses besoins métiers. « Avant de choisir une solution, la première démarche est de s’interroger sur la finalité de son projet : est-ce que l’on veut faire plus de procure, plus de paie ou les deux. Sachant que dans leur spécialité toutes les solutions sont techniquement très bonnes ». La qualité du conseil avant-vente a également été cruciale pour Laurent Jeanmaire, soulignant que tous les éditeurs sont loin de mettre la même application sur cette phase : « au-delà du discours, nous avons fait des POC très précis sur ce que nous serions capables de faire avec la solution Determine » qui est en production depuis un an.

 

Des couvertures fonctionnelles inégales

Concernant la valeur intrinsèque des solutions, des différences au niveau de la couverture fonctionnelle des plateformes P2P sont toutefois rapidement apparues dans les échanges entre éditeurs. Patrick Chabannes, Business Development Director de Jaggaer, a notamment pointé du doigt le fait que les systèmes d’e-procurement se concentrent souvent sur les achats indirects, qui, dans l’industrie ne pèsent guère plus de 20 % des achats en moyenne. « Jaggaer dispose d’une plateforme EDI intégrée capable de gérer les messages de la supply chain comme les ASN (avis préalable d’expédition) ou de traiter les messages de type VMI (Vendor Managed Inventor) pour optimiser la gestion des stocks fournisseurs » a-t-il précisé.

La capacité des solutions à répondre aux exigences grandissantes en matière de conformité a également rapidement émergé comme un critère de choix de premier plan. « Les P2P doivent pouvoir être calibrés aux standards de chaque pays pour permettre à leurs clients de mettre leurs processus en conformité avec les réglementations nationales, comme en Italie, où la facture papier est interdite depuis le 1er janvier 2019 » indique Xavier Pierre-Bez, Director Value Engineering EMEA de Determine.

Patrick Chabannes va plus loin en expliquant que la différence entre les solutions en matière de conformité commence en réalité dès la commande : « Les champs obligatoires varient en fonction des législations de chaque pays. Il faut par conséquent des systèmes qui intrinsèquement sont validés par des sociétés comme KMPG ou PWC… sur le plan de la conformité fiscale dès l’émission de la commande ». Par ailleurs, tous les éditeurs ne proposent pas la signature électronique. Détail qui a son importance car « par rapport à la piste d’audit fiable, la signature électronique permet de renverser le droit de la preuve. Dès lors ce n’est plus à l’entreprise mais à Bercy par exemple de prouver un éventuel défaut de conformité » avertit Patrick Chabannes.

 

La gestion de trésorerie s’outille

Sur le volet e-procurement du P2P, l’agilité et la capacité des solutions à apporter de bonnes pratiques figurent également parmi les détails à surveiller pour structurer ses processus. « En offrant à tous nos clients, une solution standardisée, bien que facilement paramétrable et simple à mettre en œuvre, nous leur apportons de la valeur ajoutée dans la gestion de leurs achats indirects » indique Virgile Vanoosten, Consultant avant-vente chez Basware France. Pour juguler les achats sauvages, une plateforme doit par ailleurs permettre à chaque utilisateur d’accéder à une information centralisée. « Un employé doit pouvoir trouver à partir d’un seul endroit tout le contenu dont il a besoin pour effectuer sa demande d’achat. Ce qui englobe les contrats, les catalogues, les places de marchés intégrées ou encore les formulaires dédiés par famille et les formulaires génériques… » insiste Patrick Chabannes.

À l’autre bout de la chaîne P2P, les solutions doivent par ailleurs permettre d’optimiser les délais de paiement et la gestion de trésorerie des entreprises. Thomas Decamp, Strategic business development manager chez Proactis, met ainsi en avant la solution BePaid de paiement anticipé qui a pour vocation d’apporter des solutions de financement aux petites entreprises n’ayant pas accès aux services des grands établissements financiers ou des spécialistes de l’affacturage. Pour sa part Jaggaer se singularise d’après Patrick Chabannes en proposant à ses clients une solution d’autofacturation, mise en œuvre notamment par le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly en Allemagne ou encore Alstom aux États-Unis dans le cadre de ses achats MRO de maintenance et pièces détachées.

 

Un elargissement du marché à pas comptés

Sur le plan technologique, l’interopérabilité des solutions et leur capacité à s’intégrer avec tous les ERP et plateformes tiers du marché sont aussi devenus des attributs essentiels pour gagner en efficacité et visibilité sur ses achats. « Il faut veiller à ce que votre solution puisse s’interfacer sans douleur, en émission comme en réception, avec tous les acteurs qui coexistent dans l’écosystème P2P et cela pour tous les types de flux, qu’une entreprise reçoive une facture papier, un format électronique ou de l’EDI… » souligne Guillaume Renard, ingénieur d’affaires chez Esker France.

La démocratisation des offres P2P reste également un point de différenciation entre les éditeurs. Sont-elles accessibles aux PME et petites ETI ? Cette question soulevée par le public en toute fin de conférence n’a en l’occurrence pas reçu de réponse nette des éditeurs, seul Thomas Decamp, invitant les intéressés à le rejoindre sur le stand Proactis pour détailler les contours de la suite complète Source to pay Proactis, lancée cette année et destinée aux ETI. Face aux spécificités de chaque solution, les directeurs achats en quête de solutions P2P n’ont visiblement pas fini de consommer du temps à démarcher les éditeurs pour trouver une solution conforme à leurs besoins !

 

 

 

ENCADRE

Les solutions spécialisées font salon commun

Après le lancement en juillet du « Village des solutions achats de nouvelle génération », les six éditeurs à l’origine de cette communauté – Easypics, Ecdys, Market Dojo, Orgasoftware, Per Angusta et Silex – ont fait pour la première fois stand commun lors du Salon solutions 2019. Loin de proposer une offre frontalement opposée aux suites complètes, leur démarche privilégie la complémentarité, chacun apportant un savoir-faire spécifique pour coller aux besoins des directions achats.

« Le débat suite complète contre solutions spécialisées est un faux débat ; nous ne sommes pas dans une confrontation » assure Pierre Laprée, fondateur de Per Angusta, qui estime que l’enjeu des directions achats consiste à « optimiser les synergies entre les suites complètes et les suites spécialisées ou entre suites spécialisées ». « Toutes nos plateformes sont totalement ouvertes, assure Quentin Fournela, directeur vente & marketing de Silex. Le tout est d’avoir des API et connecteurs pour permettre l’interopérabilité des outils sans aucune difficulté. »

Tous les membres du Village sont d’ailleurs interfacés. « Avec Market Dojo, nous disposons d’un client commun du secteur de la construction au Royaume-Uni pour qui l’intégration a été réalisée jusque dans le visuel, afin d’offrir une expérience utilisateur sans couture avec la solution Per Angusta » explique Pierre Laprée, tout en citant également l’exemple de Monoprix où l’intégration avec Silex a cette fois été totale au niveau des données. Le village des solutions achats de nouvelle génération n’est d’ailleurs pas un club fermé pour André Brabant, CEO d’Orgasoftware, soulignant uniquement la nécessité pour tout nouvel entrant d’afficher « la même culture d’ouverture, d’agilité et d’expérience utilisateur…, tout en adressant un nouveau besoin par rapport à l’offre existante du Village ».

Publié le 10/10/2019 - Par la rédaction

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