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Publié le 11/12/2018 - Par la rédaction

GT Logistics : une jeune garde de startups pour digitaliser la supply chain

Le marché de l’externalisation des prestations logistiques se porte très bien. GT Logistics peut en témoigner : la filiale du groupe GT annonce pour 2018 une progression de son chiffre d’affaires de 36% (79 millions d’euros). Mais ce développement pousse aussi l’entreprise sur deux fronts très différents : l’un consiste à résoudre les difficultés de recrutement inhérentes au secteur, l’autre à renforcer la digitalisation de son offre de services en investissant dans des startups.

GT Logistics vit une situation paradoxale tout à fait à l’image du monde actuel : d’un côté, l’entreprise peine à recruter un personnel qualifié en déplorant un recours trop important à des intérimaires (300) aux côtés de ses 1 300 salariés, de l’autre, elle sacrifie à la vague des startups pour continuer à diversifier son offre et retenir des talents dans son écosystème. Mais le management participatif figure dans l’ADN du groupe GT (259 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2018) qui fêtera en juin 2019 à Bordeaux ses 70 ans.

Impliqués

Les deux frères, Michel et Eric Sarrat, qui dirigent, le premier la branche location, le second la branche prestations logistique, mettent toujours en avant la politique d’intéressement et de participation mis en œuvre de longue date au sein de cette entreprise familiale : un salarié sur deux épargne dans l’entreprise en actions ou obligations tandis que 9% de son capital est également détenu par ses salariés. Ce sont un peu à leur manière des marqueurs de ce que vivent des dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), à la fois vis à vis de leurs grands donneurs d’ordres et de leurs collaborateurs.

L’externalisation des prestations logistique industrielle a semble-t-il le vent en poupe. La croissance de GT Logistics cette année provient pour moitié de ses clients historiques (parmi lesquels le CEA, Safran, Ratier-Figeac) auquel se rajoute aussi des nouveaux venus comme Prysmian, leader mondial de la production de câble et autre fibre optique (repris à un confrère). Des clients confrontés eux aussi à des difficultés de recrutement et qui voient sans doute dans le recours à l’externalisation l’opportunité de se recentrer sur leur cœur de métier (et les compétences correspondante), de bénéficier d’une expertise extérieure à des conditions optimisées. Un prestataire spécialisé comme GT Logistics dispose d’ailleurs de terrain d’intervention très diversifié. Eric Sarrat a d’ailleurs cette formule : « nous sommes largement sortis, avec certains clients, du monde de la palette… ». Et de citer ce laboratoire où ses intervenants officient aux côtés de chercheurs, jusque dans des univers de salles blanches. Plus qu’une DRH en titre, l’’entreprise a surtout mis en place une équipe Compétences et Talents qui pousse ses meilleurs profils à prendre la parole, à témoigner, à multiplier les contacts avec les écoles, l’armée aussi qui peut offrir ainsi des débouchés attractifs dans le civil à ses engagés arrivés au terme de leurs contrats. En plein conflit des Gilets Jaunes dont l’entreprise peut voir un des barrages quasiment à ses portes, c’est courageux au dirigeant de reconnaître que l’on n’y entre pas pour le salaire (de base). Mais pour faire valoir aussitôt les avantages du parcours (épargne, formation, perspectives d’évolution, etc.) pour peu l’on s’y inscrive dans la durée.

Connectés

L’autre motivation du dirigeant, c’est l’innovation. Et celle-ci passe par la case startups. L’innovation, c’était déjà en son temps ce configurateur pour permettre à un client évaluer une possible externalisation (2016). La fois d’après, c’était l’histoire d’une collaboration avec Human Robotics, jeune entreprise spécialisée, comme son nom l’indique, dans la robotique (2017). En 2018, ce sont deux startups qui sont nées en marge du groupe : en mars, Wiilog (Eric Sarrat s’est associé à Benoit Coste, ingénieur spécialisé SI) destinée à développer des projets autour du web, du mobile et des objets connectés avec comme objectif de rapprocher deux concepts, le digital et la supply chain. En avril, c’était autour de Flexlog pour proposer à ses clients des prestations de pilotage de stock (depuis l’achat jusqu’à la délivrance sur les lignes de production) mais aussi de financement. Une prestation que GT Logistics avait déjà testé avec Ratier-Figeac (et pour lequel à nouveau intervient la nouvelle entité) et qu’elle devrait « industrialiser » auprès d’autres clients. Eric Sarrat est prudent : c’est une prestation pour laquelle de plus en plus de clients se montrent demandeurs, même s’ils sont plus gros, plus riches que leur prestataire. Intérêt pour eux : regrouper sur un seul opérateur la gestion opérationnelle de plusieurs sites, optimiser la gestion physique des pièces (visserie par exemple, dans le cadre de Ratier-Figeac) et de leur financement. Ce supply chain financing suppose aussi l’apprentissage de nouveaux métiers qui s’accompagne aussi « d’un transfert de son potentiel achats » du client à son fournisseur. Même s’il ne s’agit pas encore de véritablement « acheter » au sens substituer éventuellement de nouvelles sources d’approvisionnement à celles existantes. Le prestataire est encore prié d’exécuter une partition imposée par le client. Qui sont les décideurs potentiels pour ces prestations hautement élaborées ? Les directions achats souvent, mais très vite aussi rejointes par… les directions financières.

Flexlog n’est pas adossée (encore ?) à un établissement financier. Mais dans tous les cas, son développement passera par une prochaine levée de fond. Pour le moment, ses « jeunes » créateurs (la famille Sarrat) veulent faire la démonstration de l’existence à la fois d’une vraie demande et d’un réel savoir-faire avant de passer du love money aux fonds des business angels. Audace et prudence pourraient être les deux professions de foi de ces entrepreneurs de la région Grande Aquitaine.




Une solution sur-mesure pour Poult

En 2016, GT Logistics a construit une plateforme logistique de 14 000 pour les besoins du biscuitier Poult, accolée à l’usine de Montauban qui lui permet d’assurer les flux logistiques amont et aval de l’usine, directement reliée aux lignes de fabrication.

Leader historique sur le marché des biscuits sucrés en France, le Groupe Poult est spécialisé dans la fabrication de biscuits commercialisés sous marques de distributeurs. Le site de Montauban est l’entité la plus importante du groupe en France. Initialement le site industriel fonctionnait grâce à un réseau de trois entrepôts distants d’une dizaine de kilomètres qui se répartissaient le stockage des matières premières et de consommables de production, mais aussi de stockage avant l’expédition des produits finis. Avec le projet confié à GT Logistics, il s’agissait de concentrer l’ensemble des flux sur un site unique à proximité immédiate de l’usine et d’en faire aussi un hub de distribution de l’ensemble de ses produits (un investissement total de plus de 7.5 millions d’euros). Par an, c’est plus de 350 000 palettes et 35 millions de paquets fabriqués sur Montauban et les autres usines du groupe qui transitent sur le site pour le marché français et l’international. Aujourd’hui dix-sept salariés GT Logistics travaillent sur la plateforme dont trois ont été repris à Poult).

Les apports de la technologie sont également mis en avant : Ainsi chaque jour, les transferts des palettes de produits finis entre l’usine et l’entrepôt sont effectués par des chariots automatisés qui circulent 7 jours sur 7 et 24h/24 sans interruption. Depuis un mois, GT Logistics expérimente un deuxième outil innovant (Inventory Viewer, Hub One) destiné à automatiser les inventaires tournants. Cet équipement permet de réaliser un inventaire complet de l’entrepôt en seulement quinze heures avec un seul opérateur, soit une économie de plus de 90 % des ressources à consacrer à cet inventaire. L’automatisation des tâches de transfert et plus récemment d’inventaire épargne désormais aux salariés le travail de nuit ou durant le week-end. Enfin, la suppression de 150 000 km de navette en poids-lourds (entre l’usine et ses sites de stockage) a réduit d’autant l’empreinte écologique de Poult.

Publié le 11/12/2018 - Par la rédaction

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