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Publié le 01/10/2020 - Par François-Charles Rebeix

Salons Solutions 2020 : les SI Achats présents mais pas (trop) les visiteurs

Reconnaissons aux organisateurs de ce traditionnel évènement une constance certaine. Alors que se multipliaient, Covid oblige, les nouvelles alarmistes et des rumeurs d’annulation, le salon ouvrait bel et bien ses portes le jour dit. La première conférence inaugurale portait même un titre accrocheur : les achats, ces héros… ». Ce volontarisme va-t-il payer ?

Tous les éditeurs du SI Achats sont là ou presque : Axiscope, Determine/Corcentric, Ivalua, Jaegger, Oalia, Oxalys, Proactis. Per Angusta, EasyPics, Orgasoftware, Silex ont reconduit leur bannière commune, Le Village des solutions Achats nouvelle génération, avec deux défections seulement (Market Dijo et Ecdys). Il manque quand même SAP Ariba (qui organise son propre événement en ligne le 13 octobre) et Synertrade s’est décommandé à la dernière minute. Un peu allégé par rapports aux années d’avant, le programme reste copieux.

Levées de fond

Le matin même de cette ouverture, le digital faisait l’actualité avec cette levée de fond record, 300 millions de dollars, pour la nouvelle licorne français, Mirakl, le leader des solutions marketplaces. Autre licorne, Ivalua, faisait, il y a deux ans maintenant, une levée de fonds de 30 millions de dollars. A quelques jours du salon, Per Angusta, annonçait, lui, une levée de 3 millions d’euros. Comparaison n’est pas raison mais mis côtes à côtes, et un peu brutalement, ces chiffres permettent de relativiser la priorité donnée aux achats dans les projets des entreprises. Hors le transactionnel sonnant et trébuchant, et de préférence du côté des ventes, point de salut ? En quoi les Achats seraient-il ces héros tant célébrés, venus à la rescousse des entreprises, des administrations, des hôpitaux au printemps dernier, à l’épicentre de l’épidémie, pour doter les populations de masques, de moyens de protection, de respirateurs et de ces tests qui montent (enfin) en puissance cet automne ?

Avant, après, pendant

Retour au débat inaugural auquel participait Gérard Dahan (Corcentric), Arnaud Malarde (Ivalua), Eric Decarpentries (Oalia), Eric Vial (Proactis) et Pierre Laprée (Per Angusta). A la question (en gros) : « Quelque chose-a-t-il changé dans les achats pendant ces semaines de confinement ? », Gérard Dahan (Corecentric) ne fait pas dans la nuance : « Nos clients avaient trois préoccupations à ce moment-là : faire tourner leurs usines (réduire les tensions sur leur supply chain), payer en temps et heure leurs fournisseurs et enfin, résoudre au mieux leurs difficultés de trésorerie. Et le dirigeant de la zone EMOA de la plate-forme américaine de donner ensuite un avis plus personnel sur la situation : « Les aides qui ont été mises en place sur le moment par nos gouvernants étaient juste des perfusions pour tenir. Le vrai sujet à venir, c’est le plan de relance et les investissements d’avenir. Si nous n’avons pas d’investissements, nous ne pourrons pas faire grand-chose… ». Le message s’adresse à qui ? Aux achats ? Il faudrait qu’ils soient là pour l’entendre. Son voisin, Arnaud Malarde (Ivalua) rechérit : « Avant (le crise), ls organisations Achats avaient des objectifs moyen long-terme. Désormais, elles sont en urgence, avec des problèmes de trésorerie à gérer. Elles doivent se transformer encore plus vite, s’appuyer sur des outils… ». La question de la transformation digitale était lancée… Eric Descarpentries (Oalia), toujours à propos de cette crise Covid : « Il n’y a pas d’avant ou d’après, il y a surtout du pendant. Nous y sommes encore ! Toutes les questions se sont posées en même temps et pour tout le monde : où en sont nos fournisseurs ? Nos collaborateurs ? Comment gérer le cash ? La pression sur les prix ? Sur les marges ? Un point positif malgré tout : le sujet du digital remonte… ». Remonte… à la surface ? S’était-il noyé en chemin depuis le temps que l’on en parle ? Eric Vial (Proactis) débute son intervention par un… grand blanc avant de lâcher le morceau : c’était l’urgence absolue dans les achats aussi. Presque tous secteurs confondus : santé, restauration, services, etc. Nous laisserons les lecteurs remonter seuls la liste des références des uns et des autres. En matière de digital, les outils d’hier (le fax), les bonnes volonté (autrement dit, a la mano) ont été largement mis à contribution, faute de mieux. Dans certains établissements de santé, le sous-équipement ne touchait pas seulement les consommables (masques, blouses, etc.), les respirateurs mais aussi les outils de traitement des demandes, de relations fournisseurs… C’est du moins ce que l’on comprend à cet instant.

Pas d'e-outils, pas d’économies

Pierre Laprée (Per Angusta) termine ce tour de table : sa plateforme ne fait pas dans le transactionnel pour travailler essentiellement sur l’organisation, la performance des équipes, le suivi (opérationnel) des stratégies. Pouvoir se concentrer sur les bons sujets Achats, former des plans d’actions, les déployer, les faire fonctionner, générer des résultats, voilà tout l’intérêt d’une plateforme qui rassemble des collaborateurs où qu’ils se trouvent. L’évocation du télétravail enfin (pour ne pas parler des plans de chômage partiels). Le message doit passer : il faut changer la feuille de route des achats. Donner plus de perspectives à leurs missions : des gains, oui, bien sûr, toujours mais dans des perspectives de développement des produits/services de l’entreprise, d’innovation, de responsabilité environnementale, sociale, etc. De la stratégie, du pilotage, de la traçabilité, du reporting (plus que jamais, auprès des CEO et des DAF). Même si ce reporting (et ses destinataires) exige de démonter des gains rapides… Autant d’actions possibles à condition qu’elles soient conduites très en amont (le temps, voilà l’ennemi…). Et cette formule notée au passage (mais de qui était-elle ?!) : pas de cohésion, pas de partage, pas d’économies possibles. On ne peut pas mieux dire…

Une surprise encore (pour les observateurs) : l’évocation de la signature électronique comme outil émergent. La mise à distance des donneurs d’ordres et de leurs fournisseurs rend d’autant plus nécessaires les outils de validation des décisions. Quoi que l’on dise, le transactionnel revient toujours…

Hauteur de vue

En dépit d’un débat mené un peu à la va-comme-je-te-pousse, foutraque même, disons-le, les intervenants ont affiché une belle hauteur de vue, sans jamais tomber dans le pathos ni l’excès d’autopromotion. Bref, à eux seuls, ils ont montré, tout prestataires qu’ils soient, un très bon niveau de… maturité achats. De quoi inciter, on l’espérait, les (rares) spectateurs à rejoindre les stands pour y glaner quelques annonces : Au Village des solutions Achats, EasyPics et sa nouvelle pépite, B-Réputation, à la poursuite des networks fournisseurs, des tiers de confiances, des fournisseurs de données, Oxalys et sa nouvelle identité de marque (et son clin d’œil appuyé aux DAF, autres décisionnaires en matière d’outils), Jaggaer et une nouvelle organisation marketing annoncée, Axiscope et Oalia et (entre autres) l’intégration de la signature électronique (partenariats) sur leurs plateformes respectives, Corcentric (qui s’apprête à renoncer à son appellation Determine), Ivalua et son réseau de partenaires intégrateurs, Proactis qui a tenu au printemps (en plein confinement) un marathon de webinaires en lieu et place de son événement annuel, Mercateo, la petite place de marché qui monte, qui monte (avec une toute nouvelle plateforme et ses boutiques déployées comme des apps), etc. Allez, les absents ont eu tort de ne pas venir et à l’année prochaine !



Publié le 01/10/2020 - Par François-Charles Rebeix

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